Par Zaira Salvador (embryologiste), Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue) et Dr. Gorka Barrenetxea Ziarrusta (gynécologue).
Dernière actualisation: 27/08/2018

L’Organisation Mondiale de la Santé considère comme une fausse couche l’interruption spontanée ou provoquée d’une gestation avant la vingtième semaine de grossesse, en comptant à partir du premier jour de la dernière menstruation normale, et lorsque le foetus ne peut survivre hors de l’utérus maternel. A ce moment, le foetus pèse 500 grammes et mesure en moyenne 20 centimètres.

Le problème est que le terme « viabilité foetale » a évolué avec le temps et, bien qu’il convienne de considérer qu’il s’applique aux foetus de 500 grammes et plus, des cas exceptionnels de foetus de poids inférieur viables ont déjà été rapportés. On considère tout de même en général comme une fausse couche (ou avortement spontané) les échecs de grossesse survenant avant la semaine 20 ou lorsque le foetus pèse moins de 500 g.

Nomenclature à employer

Il existe une controverse quant à la nomenclature à employer dans les cas de fausses couches qui surviennent entre les semaines 20 et 24 de grossesse; en effet, certains les considèrent comme des accouchements précoces, tandis que d’autres étendent l’usage du terme « avortement » jusqu’à la semaine 24, ce qui est plus adapté à la limite actuelle de viabilité foetale. Les fausses couches qui surviennent à partir de la semaine 25 sont toujours cataloguées comme des accouchements prématurés.

Différents types d'avortement

On estime que 65% des grossesses humaines aboutissent à un avortement subclinique en raison de grossesses mal formées pour cause de défauts initiaux du spermatozoïde ou de l’ovocyte, de divisions cellulaires anormales après la fécondation ou d’anomalies dans l’implantation. Ces avortements subcliniques passent inaperçus puisqu’ils arrivent avant même que la femme se rende compte qu’elle est enceinte.

Environ 15% des grossesses cliniques (après un test de grossesse par analyse de sang) aboutissent à un avortement spontané. La majorité d’entre eux survient durant les 12 premières semaines de la grossesse.

Les avortements peuvent être classés en plusieurs groupes en fonction de différents facteurs: sa fréquence, l’âge gestationnel, l’apparence du sac gestationnel à l’échographie ou la maturité du foetus, entre autres.

Types d’avortement selon la fréquence

  • Avortement sporadique: qui se présente de façon isolée.
  • Avortement habituel (avortements à répétition ou fausses couches récurrentes): lorsqu’une femme présente trois (ou plus) avortements spontanés consécutifs ou itératifs (minimum trois avortements spontanés antérieurs non consécutifs)

Avortement spontané

Types d’avortement en fonction de l’âge gestationnel

  • Avortements subcliniques: surviennent normalement autour du moment de l’implantation et passent donc inaperçus car ils arrivent avant que la femme ne sache qu’elle est enceinte (ils peuvent être interprétés comme de simples retards menstruels).
  • Avortements cliniques: ce sont ceux qui sont reconnaissables, c’est-à-dire qu’ils surviennent après le test de grossesse positif.
  • Les avortements précoces: ils surviennent jusqu’à la semaine 12 de grossesse. Les avortements précoces sont les plus fréquents et ont surtout lieu avant la 10e semaine.
  • Avortements tardifs: ils surviennent après la semaine 12 (entre les semaines 13 et 20 de grossesse).

Types d’avortement en fonction de l’aspect du sac gestationnel à l’échographie

  • Sacs anembryonnaires (oeuf clair): on observe un sac gestationnel vide (sans embryon à l’intérieur), dû à un arrêt très précoce du développement. L’oeuf clair est causé par un facteur génétique dans 80% des cas.
  • Sacs embryonnés (grossesses interrompues): on observe un embryon sans battement cardiaque en raison d’un arrêt plus tardif de son développement. Plusieurs causes peuvent être à l’origine de l’avortement de type embryonné. On observe une forte tendance (70-85%) à présenter le même type d’avortement en cas d’avortements successifs.

Avortement spontané

Types d’avortement en fonction de la variété clinique

  • Avortement complet ou abouti: après la mort foetale, tous les produits de la conception ont été expulsés de l’utérus, la douleur s’est complètement atténuée, le saignement est faible et le col de l’utérus s’est refermé. Aucun traitement n’est requis.
  • Avortement incomplet: l’entièreté du contenu de l’utérus n’as pas été expulsée après la mort foetale. Cela requiert un traitement médical pour éliminer tout ce qui pourrait être resté et ainsi éviter des hémorragies ou des infections qui représenteraient un vrai risque pour la mère. Un avortement incomplet pourrait dériver sur un avortement septique si le tissu foetal ou placentaire resté dans l’utérus s’infecte.
  • Avortement différé manqué: l’embryon meurt mais la femme ne parvient pas à éliminer le sac gestationnel pendant plusieurs semaines, voire des mois. Cela arrive normalement entre les semaines 8 et 12 de grossesse, les symptômes de grossesse disparaissent petit à petit, l’utérus cesse de grandir et les tests de grossesse redeviennent négatifs environ 10 jours après la mort foetale. Un traitement (curetage) est nécessaire pour éliminer le contenu de l’utérus.
  • Avortement pour cause d’ovule interrompu: l’avortement est tellement précoce que l’ovule a été fécondé mais le tissu foetal n’a pas pu se former. Aucun traitement n’est nécessaire et tout sera éliminé lors de la menstruation; il passera inaperçu dans la majorité des cas.

Il est normal de souffrir d’un avortement spontané, si on n’en a pas subi trois consécutivement. L’essentiel est de savoir que faire en cas de fausse couche et, surtout, quels sont les facteurs de risque afin de pouvoir les minimiser au maximum.

Vos questions fréquentes

En quoi consiste un avortement thérapeutique ?

Par Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue).

L’avortement thérapeutique est un avortement pratiqué pour des raisons médicales. Les causes médicales de base sont les suivantes:

  • Si la vie de la mère est menacée.
  • Pour protéger la santé physique ou mentale de la mère.
  • Lorsqu’il existe un risque de maladie congénitale ou génétique.
  • Lors de grossesses multiples, il est parfois recommandé de réduire le nombre d’embryons à un nombre qui rend le risque plus acceptable et la grossesse sans danger.
  • Lorsqu’il existe un risque grave pour la vie future du bébé, soit parce qu’il présente une malformation, soit parce qu’il présente un risque de mort douloureuse au moment ou peu après la naissance.
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Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Dr. Óscar  Oviedo Moreno
Diplômé en Médecine et Chirurgie de l'Universidad de Caldas (Colombia) et spécialiste en Médecine Interne à la Pontificia Universidad Javeriana de Bogotá. Titre homologué en Espagne en 2003. Spécialité en Gynécologie et Obstétrique à l'Universidad Complutense de Madrid, avec formation à l'Hôpital Clínico Universitario San Carlos de Madrid. Expert en Médecine Reproductive et diplôme d'Echographie Obstétrico-Gynécologique (niveaux I, II y III). Plus d'informations
Affiliation à l’Ordre des Médecins: 282858310
Dr. Gorka Barrenetxea Ziarrusta
Diplômé en Médecine et Chirurgie par l'Universidad de Navarra, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par l'Universidad del País Vasco. Il a plus de 30 ans d'expérience et exerce comme professeur titulaire à l'Universidad del País Vasco et dans le Master en PMA de l'Universidad Complutense de Madrid. Viceprésident de la SEF. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484806591
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