Transfert d’embryons: traitement et recommandations

Le transfert embryonnaire ou transfert d’embryons (TE) est l’avant-dernière étape des techniques de PMA comme la FIV, l’ICSI ou l’IMSI qui impliquent la fécondation en laboratoire. Dans l’espoir que la nidation se produise correctement, il est possible de transférer des embryons à différents stades de leur développement : zygote, stade à 8 cellules (J3) ou blastocyste (J5).

Il peut s’agir d’embryons frais ou congelés. La réussite du transfert à l’utérus de la patiente va dépendre de plusieurs facteurs.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

En quoi consiste le transfert embryonnaire ?

Une fois la fécondation réalisée, on procède à la culture des embryons. Pendant qu’ils demeurent en culture, on évalue leur qualité pour décider des plus aptes à la nidation.

Ceux qui présentent une bonne qualité seront transférés et s’il y a un excès d’embryons viables, ils peuvent être vitrifiés (congelés) pour une utilisation postérieure.

Le transfert d’embryon est une technique simple qui consiste à déposer les embryons au fond de l’utérus en utilisant un fin cathéter qui s’introduit par le vagin et passe par le col de l’utérus.

Processus

Le transfert se fait généralement sous échoguidage, c’est-à-dire en utilisant un échographe pour placer les embryons à l’endroit approprié. Il y a plusieurs années, les gynécologues n’utilisaient pas l’échographe, qui a permis d’améliorer les taux de réussite.

Après l’introduction du speculum stérile, le vagin de la patiente est lavé au sérum physiologique. Le col de l’utérus (cervix) est nettoyé avec du milieu de culture et on aspire la glaire cervicale.

On introduit alors le cathéter avec les embryons par le vagin pour arriver à l’utérus à travers le col. Les embryons y sont déposés doucement et le cathéter est retiré lentement pour éviter de provoquer des contractions utérines.

Le processus ne dure que quelques minutes et ne requiert aucune sédation. La patiente peut ressentir une certaine gêne mais pas de douleur.

C’est seulement si le transfert est difficile que le processus peut être douloureux, c’est-à dire si le gynécologue a du mal à introduire le cathéter.

Cela peut arriver, par exemple, si la femme a un utérus rétroversé et que le gynécologue n’est pas suffisamment conscient de cette particularité. Le type de cathéter employé peut aussi être le responsable. Dans ce cas, on en change. C’est seulement dans les cas extrêmes que l’on a recours à la sédation.

Il existe un autre type de transfert embryonnaire, le transfert intratubaire de zygotes ou ZIFT. Avec cette techniques, les ovules fécondés ou zygotes sont introduits dans une des trompes de Fallope. Il s’agit d’une technique invasive qui est pratiquée avec une sédation et généralement par cœlioscopie ou laparoscopie, raisons pour lesquelles elle n’est pas utilisée de façon habituelle.

Pour en savoir plus à propos de la technique de ZIFT, cliquez sur le lien suivant : Transfert intratubaire de zygotes.

Qualité et provenance des embryons

Après la fécondation en laboratoire, les embryons créés peuvent être de bonne ou mauvaise qualité. On considère comme des embryons de bonne qualité ceux qui ont le plus grand potentiel pour réussir la nidation et augmentent ainsi les chances de grossesse.

On distingue 4 degrés pour la classification de la qualité embryonnaire :

Embryons de type A ou grade 1
embryons de qualité optimale
Embryons de type B ou grade 2
embryons de bonne qualité
Embryons de type C ou grade 3
embryons de qualité moyenne
Embryons de type D ou grade 4
ce sont des embryons de mauvaise qualité

Si les embryons proviennent d’un don ou des ovocytes d’une donneuse, leur qualité est généralement bonne. Ils présentent donc plus de probabilités d’implantation.

Traitement hormonal pour un transfert

Pour réaliser un transfert embryonnaire, deux options sont possibles :

Transfert en cycle naturel
on profite du cycle naturel de la femme. On n’utilise donc pas de traitement hormonal ou on se limite à des suppléments de progestérone. Il n’est pas habituel de réaliser un traitement de FIV ICSI sans progestérone.
Transfert en cycle artificiel
on a recours à un traitement hormonal. On utilise des œstrogènes et de la progestérone pour préparer l’endomètre.

Le traitement hormonal doit être administré avant et après le transfert, en se conformant à tout moment aux prescriptions du médecin.

Combien d’embryons faut-il transférer ?

En France, de même que dans différents autres pays comme l’Espagne, la législation limite à 3 le nombre maximal d’embryons à transférer à chaque intervention.

Cependant, la plupart des centres de fertilité recommandent de ne pas dépasser le nombre de 1 ou 2 embryons pour diminuer les risques de grossesse multiple.

Le choix du nombre d’embryons à transférer se décide en fonction des facteurs suivants :

  • Âge de la patiente
  • Qualité des gamètes (ovules et spermatozoïdes)
  • Qualité des embryons
  • Causes de la stérilité
  • Résultats de précédents transferts
  • Réceptivité de l’endomètre
  • Préférences de la patiente

De plus en plus de spécialistes recommandent le transfert d’un embryon unique, car les grossesses de jumeaux ou de triplés présentent plus de risques, tant pour la mère que pour les bébés.

Quand se fait le transfert ?

Le transfert peut être fait 2-3 jours voire 5-6 jours après la ponction. Le choix d’un jour ou l’autre ne dépend pas seulement des préférences de la patiente ou des protocoles suivis par chaque clinique.

Ce sont les spécialistes qui décident du jour du transfert selon les caractéristiques de l’embryons et le besoin de réaliser des techniques alternatives comme le diagnostic préimplantatoire (DPI).

L’aspect le plus important est la préparation de l’endomètre. Afin d’augmenter les chances d’implantation des embryons, il est essentiel que l’endomètre ait un état adéquat, c’est-à-dire :

  • Grosseur de 7 à 10 mm environ
  • Aspect trilaminaire

Pour améliorer la réceptivité endométriale, la femme reçoit normalement un traitement hormonal par voie orale, vaginale ou en patchs. Le protocole médical suivi dépendra de chaque situation. Généralement lors d’un traitement don d’ovocytes, la femme reçoit des œstrogènes et de la progestérone.

Transfert d’embryons à J3 ou J5 ?

Un embryon peut être transféré à différents moments de son développement entre le jour 1 (à partir du moment où la fécondation est confirmée) et les jours 6 ou 7.

Certaines cliniques les transfèrent à l’état de zygote. Cependant, d’habitude, le transfert est réalisé à J3, au stade de 8 cellules, ou à J5, au stade de blastocyste.

Les transferts sont souvent effectués à J3 ou J5 car ce sont les moments où la qualité embryonnaire peut être le plus facilement et le plus sûrement évaluée. Chacune des options offrent leurs avantages et leurs inconvénients.

Le moment où l’embryon passe du stade de cellule au stade de blastocyste est un moment critique pendant lequel sa viabilité peut être mise en danger, ce qui conduirait à l’annulation du transfert. C’est pour cela que certains embryologues préfèrent réaliser le transfert plus tôt.

D’autre part, au bout de 5 jours, la qualité de l’embryons est plus facile à évaluer, ce qui permet de choisir le ou les meilleurs embryons et d’augmenter le taux de réussite en cas de transfert d’un embryon unique.

Le transfert à J5 se rapproche de la nidation lors d’une grossesse naturelle en améliorant la synchronisation entre l’état physiologique de la femme et la réceptivité de l’endomètre.

Transfert d’embryons frais ou congelés ?

Selon que les embryons sont congelés ou non, on distingue deux types de transferts :

Transfert d’embryons frais
les embryons sont créés et transférés pendant le même cycle, sans passer par la phase de vitrification.
Transfert embryons congelés (TEC)
les embryons créés sont congelés afin d’être transférés lors d’un autre cycle. On parle aussi de cryotransfert.

Le TEC s’utilise lorsqu’il est impossible de réaliser le transfert pendant le même cycle où s’est réalisée la ponction ovarienne. C’est le cas, par exemple, en cas d’hyperstimulation ovarienne ou de don d’embryons.

Recommandations pour un transfert

Le centre de fertilité donnera à la patiente une série de recommandations pour que le transfert se réalise dans des conditions optimales.

Avant le transfert

Avant de se présenter à l’intervention, il est conseillé de :

Se présenter avec la vessie pleine
cela facilite le transfert, car la vessie vide modifie l’angle d’introduction du cathéter et peut compliquer l’opération.
Se détendre
si la musculature est contractée, il peut y avoir plus de difficultés pour introduire le cathéter. Si la patiente ne parvient pas à se détendre, on peut lui administrer un relaxant musculaire avant de commencer.
Ne pas utiliser de parfums, crèmes ni vernis à ongle
au bloc opératoire, dans la salle de transfert et au laboratoire, ces produits chimiques doivent être évités car ils sont toxiques pour les ovules et les embryons.

Contrairement à ce que pensent beaucoup de femmes, il n’est pas nécessaire de se présenter à jeun car il ne s’agit pas d’une intervention chirurgicale et il n’y a pas d’anesthésie.

Que faire après le transfert ?

Après le transfert, la patiente gardera le repos 20 à 30 minutes avant de pourvoir s’en aller. Elle reprend sa vie normale à condition de ne pas faire d’efforts excessifs. Les recommandations à suivre sont les suivantes :

  • Repos à la clinique pendant 20-30 minutes
  • Éviter de prendre des bains pour éviter de possibles infections
  • Reprendre une vie normale sans faire d’efforts excessifs
  • Boire beaucoup d’eau
  • Ne pas avoir de rapports sexuels jusqu’au test de grossesse

En présence d’un doute, il faut toujours demander conseil à son médecin.

Que deviennent les embryons non transférés ?

Les embryons transférés sont ceux que l’embryologue considère les plus aptes à s’implanter. Il arrive pourtant qu’il reste des embryons de bonne qualité qui ne vont pas être transférés pendant ce cycle.

Ils seront vitrifiés (congelés) pour les conserver. Ils pourront donc être utilisés pour un transfert postérieur.

Si la grossesse s’est produite et a donné lieu à une naissance, les embryons cryoconservés pourront être utilisés plus tard si la famille désire s’agrandir et avoir d’autres enfants.

Ainsi, il ne sera pas nécessaire de recommencer tout le traitement de FIV. Il suffira de suivre le traitement hormonal pour préparer l’endomètre et de réaliser le transfert.

Si la famille ne souhaite pas d’autres enfants ou qu’il y a trop d’embryons surnuméraires, elle peut en faire don à d’autre couples ou à un projet de recherche. Pour cela, elle doit signer un consentement exprès.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Quels sont les symptômes dans les jours qui suivent un transfert d’embryons ?

Un transfert embryonnaire pour une procédure de FIV est une procédure simple qui ne provoque aucun symptôme important ou effet secondaire. Une fois que les embryons ont été déposés dans l’utérus et que la patiente s’est reposée quelques minutes, elle peut reprendre ses activités habituelles en évitant les efforts excessifs.

Les fortes douleurs ou les réactions graves restent exceptionnelles. Par ailleurs, dans certains cas, la femme ressent un inconfort modéré ou un saignement léger qui est conséquence de la manipulation du col de l’utérus au moment du transfert embryonnaire.

D’un autre côté, il n’y a pas de symptômes indicatifs d’un échec de transfert. Alors que certaines femmes présentent des nausées, des ballonnements ou même des tâches de sang à cause du traitement hormonal ou de la nidation, ces effets secondaires peuvent apparaître sans que cela indique le succès ou l’échec du transfert.

Vous pouvez en savoir plus en vous référant à notre article : Symptômes les plus communs après un transfert embryonnaire.

Combien de temps faut-il attendre après un transfert d’embryons raté ?

Il n’est pas nécessaire de laisser des cycles de repos entre transfert et transfert. On peut refaire une tentative dès le cycle suivant, à condition que le médecin y soit favorable. Après un transfert d’embryons négatif, on recommence le traitement hormonal pour préparer l’endomètre.

Les chances de grossesse sont-elles meilleures quand le transfert d’embryons se réalise avec un « hatching » ?

La technique de l’assisted hatching ou éclosion assistée consiste à ouvrir un petit orifice sur la zone pellucide qui entoure l’embryon pour l’aider à s’implanter dans l’utérus.

On a observé que le hatching améliore les taux de nidation dans les cas où la patiente a eu plusieurs échecs de FIV ou quand le transfert se fait avec des embryons congelés. L’éclosion assistée ne se pratique pas de manière systématique, seulement dans les cas où l’on juge qu’elle pourrait être bénéfique.

Quand se produit la nidation de l’ovule fécondé ?

Les embryons s’implantent au bout de 6 ou 7 jours, c’est-à-dire 6 ou 7 jours après la fécondation.

Par conséquent, si les embryons sont transférés à J3 ils auront besoin de continuer à se développer quelques jours de plus dans l’utérus avant de pouvoir s’implanter.

En revanche, s’ils sont transférés à J5, ils auront déjà atteint le stade de blastocyste nécessaire pour se produise la nidation. Les échanges avec l’endomètre pourront alors commencer.

La rédaction vous recommande

Pour plus de détails sur les précautions à prendre après un transfert, vous pouvez consulter l’article Après le transfert embryonnaire.

Pour en savoir plus sur les résultats du transfert en fonction des différents moments du développement des embryons, vous pouvez vous référer à l’étude américaine : Transfert d’embryons en jour 3 ou en jour 5 ?

Il est possible d’utiliser des embryons congelés pour réaliser le transfert. Si vous désirez plus d’informations au sujet de la congélation des embryons, suivez le lien : Vitrification des embryons.

Vous trouverez une information détaillée sur la classification des embryons selon leur qualité en vous référant à l’article Qualité embryonnaire.

3 comments

  1. usuario
    Juliana

    Combien d’embryons sont transférés en France ? Je veux dire, est-ce qu’il existe une loi limitant le nombre d’embryons ? J’ai lu à différents endroits qu’en général on transfert 1 ou 2 embryons… Et est-ce que nous, futurs parents, pouvons choisir combien nous en voulons ou c’est notre médecin qui choisira pour nous ?

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour Juliana,

      En France, la loi limite à 3 le nombre maximal d’embryons à transférer. Cependant, cela reste réservé aux cas les plus difficiles afin d’augmenter les chances de grossesse. En général, on conseille de ne pas transférer plus de 2 embryons à la fois.

      Les préférences des parents sont bien sûr prises en considération et le médecin donne son point de vue professionnel. Le choix final se fait en tenant compte de tous les facteurs qui pourraient avoir un impact sur la réussite du transfert.

  2. usuario
    Gwendoline

    Bonjour !!! J’espère que quelqu’un va me lire… 5 jours ont déjà passé depuis le transfert, j’en ai du mal à dormir !!! J’essaie de positiver, ça fait des années que j’essaye, des années que je veux être maman. J’ai eu plus d’expériences négatives que positives pour l’instant et j’espère que cette fois-ci ce sera l’exception. Je parle à l’embryon pour qu’il reste à l’intérieur. C’est difficile mais je garde espoir, en attendant les résultats. Si vous me lisez, touchez du bois pour moi !!!