Par Rebeca Reus (embryologiste), Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue) et Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue).
Dernière actualisation: 02/10/2018

À l’origine, on obtenait de meilleurs résultats avec un transfert d’embryons frais que congelés. Cependant, au jour d’aujourd’hui, les progrès en matière de procréation médicalement assistée (PMA) permettent d’obtenir de meilleurs taux de réussite avec le transfert de blastocystes vitrifiés. Nous allons vous expliquer les raisons de ce changement.

Transfert d’embryons congelés

Lors d’un cycle menstruel naturel, un seul ovule arrive à maturité et est généralement libéré lors de l’ovulation. c’est pourquoi lors d’un cycle de fécondation in vitro (FIV), on pratique à la patiente une stimulation hormonale pour pouvoir obtenir un plus grand nombre d’ovules.

Bien que cette stimulation permette de multiplier les probabilités de succès, la stimulation a aussi des effets néfastes sur l’endomètre (la couche qui recouvre la surface de la cavité utérine), ce qui affecte négativement l’implantation embryonnaire, aussi appelée nidation lors de cycles réalisés avec des embryons frais.

L’endomètre est donc plus réceptif lors de transferts d’embryons congelés que lors de cycles réalisés avec des embryons frais, car il a bénéficié de tout un cycle menstruel pour se récupérer des effets de la stimulation hormonale.

La congélation lente était jusqu’alors la méthode qui était utilisée pour cryoconserver les embryons surnuméraires lors des traitements de procréation médicalement assistée (PMA) et les résultats obtenus étaient limités.

Au cours des dernières années, la technique de vitrification est apparue. Elle consiste à congeler les embryons de manière ultra-rapide. Grâce à ce processus, les taux de survie des embryons sont plus élevés (90-95 %) car les dommages qu’ils subissent sont réduits lors de la congélation.

Par conséquent, ces avancées en cryoconservation des embryons permettent de les vitrifier sans compromettre le taux de réussite du transfert. Elles permettent même de les augmenter.

Nous vous recommandons la lecture de cet article: Vitrifier ses embryons.

Cycle artificiel ou cycle naturel?

Il existe plusieurs stratégies pour optimiser l’endomètre. On peut les classer en deux groupes ou cycles:

Cycle naturel
on profite du cycle endométrial normal dû à l’effet des oestrogènes endogènes et de la progestérone sécrétés par le follicule, qui sont synthétisés par le cycle ovarien spontané dans les cas où celui-ci est préservé.
Cycle artificiel ou substitué
on prépare l’endomètre au moyen de l’administration exogène d’oestrogènes pour mieux contrôler la croissance et optimiser ses conditions pour le transfert.

Certains chercheurs préfèrent avoir recours aux cycles naturels pour obtenir un endomètre adéquat et réceptif.

En effet, on obtient a priori un taux plus élevé de grossesses qu’avec les cycles substitués, même avec un niveau d’oestradiol bas (estrogène prédominant pendant la période fertile de la femme) et avec la même voire une plus grosse épaisseur endométriale.

Malgré cela, il y a des controverses quant à la meilleure procédure pour préparer l’endomètre une fois l’embryon d’origine cryoconservée transféré.

Vous trouverez plus d’informations sur ce lien: Le transfert d’embryons en cycle naturel.

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Pourquoi réaliser un transfert de blastocyste?

Les progrès des techniques de PMA ont également permis d’améliorer considérablement les conditions de culture embryonnaire, à savoir les conditions dans lesquelles se trouvent les embryons en laboratoire jusqu’à leur transfert ou leur vitrification. Cela permet d’obtenir des embryons de meilleure qualité qui évoluent au stade de blastocyste.

Le transfert à ce stade du développement présente une série d’avantages:

  • Il permet de réaliser une meilleure sélection embryonnaire, car l’information sur le développement est plus complète et seuls les embryons de meilleure qualité évoluent au stade de blastocyste.
  • La synchronisation avec l’endomètre est meilleure, ce qui augmente les probabilités de nidation.
  • Il est possible de réaliser plusieurs transferts d’un seul embryon afin d’éviter des grossesses multiples sans compromettre les probabilités de succès.

Un embryon évolue au stade de blastocyste au bout de 5-6 jours de développement (J5 ou J6).

Les risques

Le transfert de blastocystes vitrifiés offre des taux élevés de nidation, mais il n’est pas toujours la meilleure solution.

D’une part, il est important que le protocole de vitrification soit optimisé pour obtenir de meilleurs résultats. Les blastocystes contiennent une grande quantité d’eau et cela rend difficile la congélation. Par conséquent, si le protocole de cryoconservation n’est pas d’une qualité suffisante, les résultats sont moins bons que sur les embryons frais.

Par ailleurs, il est important de savoir que tous les embryons n’arrivent pas à ce stade: seuls les embryons de bonne qualité arrivent au stade de blastocyste. Il faut donc prendre en compte le risque qu’aucun embryon n’arrive à ce stade.

Dès lors, le transfert de blastocystes vitrifiés ne doit pas être réalisé sur toutes les patientes, mais bien uniquement sur celles qui peuvent bénéficier de cette option thérapeutique.

Symptômes de grossesse après un transfert d’embryons congelés

Dans le cadre d’une FIV, les symptômes qui se manifestent après un transfert d’embryons (TE) ou après un transfert d’embryons congelés (TEC) sont susceptibles de varier d’une femme à l’autre. Si la grossesse se produit, la patiente peut commencer à sentir les symptômes de la nidation à partir du 8e jour après le transfert positif.

Après une FIV, avec ou sans ICSI, les patientes doivent prendre des suppléments de progestérone pour aider leur endomètre à se montrer réceptif à la nidation. Parfois, la progestérone provoque des symptômes semblables à ceux de la grossesse, sans que cela signifie le succès ou l’échec de l’implantation de l’embryon.

Les symptômes les plus courants sont des nausées et/ou de la fatigue, une envie fréquente d’utiner, des changements au niveau des seins, des sécrétions vaginales anormales.

Pour en savoir plus, vous pouvez suivre le lien: Quels sont les symptômes après un transfert embryonnaire?

Vos questions fréquentes

Comment connaître les probabilités d’arriver à blastocyste de mes embryons ?

Par Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).

Du point de vue clinique, les jeunes femmes sans pathologie sont plus susceptibles d’avoir des embryons atteignant le stade de blastocyste et, du point de vue du laboratoire, les embryons de bonne qualité qui répondent correctement aux délais de division cellulaire et conservent une morphologie parfaite au début de leur développement, et sont également plus susceptibles d’arriver au stade de blastocyste.

Le transfert de blastocystes avec un DPI peut-il éviter les échecs d’implantation ?

Par Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue).

On parle d’échec d’implantation lorsqu’une patiente n’a pas obtenu la grossesse après 3 cycles de FIV/ICSI avec ses propres ovocytes, ou après 2 cycles de don d’ovocytes, à condition que des embryons de bonne qualité aient été transférés et qu’il n’y ait eu aucun problème technique pendant le transfert embryonnaire, sans aucun problème évident dans l’utérus.

L’un des traitements pour les couples présentant des échecs d’implantation est le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) ou le preimplantation genetic screening (PGS), afin d’éliminer les anomalies chromosomiques. Dans ces cas-là, les embryons transférés dans l’utérus ne présentent aucune anomalie chromosomique pouvant être à l’origine des échecs d’implantation, c’est-à-dire que ce diagnostic permet de réduire les transferts d’embryons présentant des altérations et le nombre de transferts, rendant ainsi le traitement plus supportable sans autant de résultats négatifs, en plus de réduire les taux d’avortement.

À quel moment du cycle est réalisé le transfert d’embryons congelé ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Les embryons décongelés sont transférés au cours d’un cycle menstruel spontané ou artificiel par substitution hormonale. Le choix est fait en consultation avec le médecin du centre de PMA. Le moment propice au transfert est déterminé au moyen de prises de sang et d’échographies. Tous les embryons ne survivent pas à la congélation, cela peut entrainer l’annulation d’un transfert.

Comment se passe un transfert d’embryons congelés ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

La décongélation d’un embryon congelé ou vitrifié correspond à un protocole spécifique et délicat.

Tout d’abord, les paillettes contenant les embryons congelés sont extraites de l’azote liquide où elles étaient conservées à -196 °C. En général, deux ou trois embryons sont décongelés à la fois.

Les embryons sont ensuite réhydratés grâce à plusieurs bains successifs, jusqu’à atteindre une température de +37 °C. Seulement les deux tiers d’entre eux survivent à cette opération de décongélation.

Le transfert se déroule le jour même de la congélation. Généralement, il est réalisé chez la femme à un moment précis de son cycle naturel, soit deux ou trois jours après ovulation (qu’elle ait été déclenchée ou non).

Dans certains cas, la patiente doit prendre un traitement pour préparer son endomètre à recevoir les embryons (oestrogènes et progestérone). En pratique, le transfert embryonnaire se réalise de la même façon que pour des embryons frais.

Quel est le traitement avant un transfert d’embryons congelés ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

La patiente reçoit le même traitement que pour une fécondation in vitro classique (avec embryons frais) à l’exception de la stimulation ovarienne et de la ponction qui ne sont pas nécessaires puisque les embryons existent déjà et ont été cryosonservés lors d’un cycle précédent.

La femme doit simplement suivre un traitement de préparation endométriale à base de progestérone et oestrogènes pour recevoir l’embryon correctement.

La rédaction vous recommande

Comme nous l’avons dit plus haut, le transfert d’embryons congelés est similaire au transfert d’embryons frais. Vous trouverez plus d’informations ici: Quel est le protocole de transfert d’embryons?

Le choix du jour du transfert embryonnaire dépend de l’évolution de tout le processus de FIV en général. C’est le spécialiste qui évalue les avantages à effectuer le transfert lors du 3e ou du 5e jour de développement embryonnaire.

Nous vous expliquons ici: Le transfert à J3 et le transfert à J5.

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Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
Dr. Carmen Ochoa Marieta
Diplômée en médecine de l'Université du Pays basque, avec un doctorat en médecine et chirurgie de l'Université de Murcie. Il dirige actuellement l'Unité de reproduction assistée du Centre d'études sur la reproduction (CER SANTANDER) à Santander et l'Unité de diagnostic de la médecine de reproduction à Bilbao. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484805626
Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba
Diplômée en médecine de l'Universidad del Valle en Colombie, avec une spécialité en obstétrique et gynécologie, et une maîtrise en reproduction humaine de l'Université de Valence et de l'IVI. Actuellement, elle est directrice médicale de la clinique de fertilité de Tahe. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 303007571