Par Rebeca Reus (embryologiste).
Dernière actualisation: 09/08/2017

Le syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO ou HSO) est une réponse anormalement élevée de l’ovaire déclenchée suite à l’administration de la hCG (gonadotrophine chorionique humaine) au point culminant d’un cycle de stimulation ovarienne contrôlée, surtout lors d’une fécondation in vitro (FIV). Ce syndrome s’aggrave si une grossesse survient lors de ce même cycle.

Quelles sont les causes du HSO?

Cette pathologie se développe lors de la phase lutéale des cycles de stimulation ovarienne contrôlée, après l’administration de l’hormone hCG.

C’est uniquement la présence de cette hormone qui provoque une réponse excessive, cause de ce symptôme.

Ce syndrome apparaît plus fréquemment lors de traitements de fécondation in vitro (FIV), par rapport à ceux d’insémination artificielle (IA), en raison de dosages hormonaux supérieurs au cours d’une FIV.

Lors d’un traitement de FIV, la patiente devra s’injecter un traitement hormonal (gonadotropines) pour stimuler le développement de plus de follicules. De cette manière, le nombre d’ovocytes qui arrive à maturité est supérieur à celui d’un cycle naturel.

Lorsque le traitement stimule l’ovaire de manière plus exagérée que nécessaire, il peut arriver que la taille des ovaires augmente à l’excès et produise , après ovulation (libération des ovules), l’extravasation aiguë de fluides en dehors de l’ovaire, et donc dans la zone abdominale et poitrine.

La fonctionnalité des systèmes hépatique, hématologique, rénal et respiratoire en est compromise, ce qui implique que ce syndrome est potentiellement mortel dans les cas de HSO sévère.

Il s’agit d’un syndrome à durée limitée dans le temps, car il disparaît lors de la menstruation. Mais il doit cependant être contrôlé par échographie intra-vaginale, pour éviter de possibles complications.

Actuellement, il existe peu de cas HSO considérés comme graves, car le type de protocole de stimulation ovarienne qui est utilisé et le suivi analytique et échographique permettent de contrôler l’état et la réponse de l’ovaire au traitement, et ainsi d’éviter le syndrome HSO.

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Facteurs de risque

Le risque dépend de chaque cas, naturellement, les facteurs qui interviennent sont divers. En voici quelques-uns:

  • Âge: les femmes de moins de 35 ans ont plus de possibilités de développer le syndrome.
  • Avoir un syndrome d’ovaires polykystiques (SOP).
  • Indice de masse musculaire, plus il est bas, plus il existe de risques de HSO.
  • Une grosse antérieure.
  • Une grossesse multiple.

Lors de traitements de fertilité, le fait de présenter un niveau d’oestrogènes très élevé pendant la stimulation ou plusieurs follicules en développement sont un indice d’un risque élevé de HSO.

Dans le cas d’une grossesse, les niveaux de hCG augmentent. Le HSO s’aggrave, et peut mettre en danger l’évolution de la grossesse ainsi que la vie de la femme enceinte. C’est pour cette raison que face à un doute, les médecins éviteront de réaliser l’implantation lors du même cycle de stimulation ovarienne.

Comment éviter le syndrome HSO?

Comme nous l’avons commenté auparavant, le HSO survient en présence de l’hormone hCG. Afin d’éviter son apparition, il faut donc contrôler le taux de cette hormone.

Une des mesures employées des plus courantes est d’éviter de déclencher l’ovulation avec l’hCG et d’employer un autre type de traitement, comme la GnRH.

Des dosages moindres de gonadotropines

Les patientes qui s’administrent de hauts dosages de gonadotropines présentent plus de probabilités de développer le HSO, car la réponse ovarienne est supérieure.

C’est pour cette raison que si certaines femmes présentent un risque élevé de part leurs caractéristiques, être jeunes, avoir un syndrome d’ovaires polykystiques, ou un indice de masse corporelle très bas, il est préférable de commencer une stimulation avec de faibles doses de gonadotropines et évaluer comment elle reágissent.

Protocole avec antagonistes de la GnRH

L’une des manières les plus efficaces d’éviter que le HSO apparaisse est d’utiliser les antagonistes de la GnRH.

L’avantage principal qu’offre ce type de traitement est qu’il permet d’induire l’ovulation. De cette façon, il n’est pas nécessaire d’administrer d’hCG et le HSO n’apparaît pas.

Annulation du cycle

Dans les cas où l’on observe un développement folliculaire trop rapide ou que les niveaux de oestradiol dans le sang sont excessivement élevés, il est envisageable d’annuler le cycle.

Dans le cas où le protocole d’antagonistes de la GnRH n’ait pas été utilisé, et qu’il existe un risque élevé de développer le HSO, c’est la seule manière de l’éviter.

Réduire la dose de hCG

L’effet de la hCG ne dépend pas de la quantité des doses.

Étant donné que les niveaux de hCG et la gravité du syndrome sont étroitement liés, une autre solution est de réduire la dose pour induire l’ovulation.

Cependant, cette mesure n’élimine pas totalement l’apparition du HSO.

Cryopréservation embryonnaire

Afin d’éviter le HSO, les médecins peuvent éventuellement considérer de vitrifier (congeler) tous les embryons pour réaliser le transfert lors du prochain cycle.

De cette manière, même si le syndrome HSO se produit, on s’assure qu’il n’y ait pas de grossesse pour l’aggraver.

Vous trouverez plus d’informations dans cet article: Congélation et vitrification.

Classification et degrés de HSO

Le HSO apparait chez environ 0,6-10% des femmes qui se soumettent à des cycles de stimulation ovarienne. Selon la gravité, nous pouvons classifier le syndrome d’hyperstimulation ovarienne selon trois degrés:

  • Léger
  • Modéré
  • Grave

Heureusement, les cas les plus graves n’arrivent que dans 0,5-2% des cas.

Nous pouvons également classifier le HSO selon le temps qu’il met à se manifester:

Précoce
il apparaît entre 2 et 7 jours après l’administration de hCG, après la ponction ovarienne.
Tardif
il se manifeste 12-17 jours après l’injection de la hCG. Il se produit lors d’une grossesse.

Symptômes

Les symptômes du HSO varient en fonction de la graveté de ce dernier. La majorité des femmes présentent de légers symptômes comme:

  • Gonflement et légère douleur abdominale
  • Augmentation de poids
  • Nausées ou vomissements
  • Diarrhée

Dans les cas les plus graves, on peut également observer:

  • Augmentation de poids très rapide: plus de 4.5 kg en 3-5 jours.
  • Ascite: acumulation de liquide dans l’abdomen.
  • Hypotension et tachycardie: augmentation de la fréquence cardiaque.
  • Difficulté à respirer.
  • Difficulté à uriner normalement.

Lors de ces cas les plus graves, on observe un trouble des valeurs des analyses, comme les valeurs rénales et hépatiques.

Le diagnostic précoce du HSO est très important afin d’éviter les possibles complications qui pourraient survenir, et mettre en danger la vie des patientes.

Traitement du HSO

Le traitement indiqué pour chaque patiente dépend de la gravité de chaque cas. Dans les cas les pus légers, l’hospitalisation n’est pas nécessaire, même s’il est recommandé de suivre ces étapes:

  • Boire beaucoup de liquide, surtout des boissons riches en électrolites (minéraux), comme l’Aquarius.
  • Rester au repos avec les jambes en l’air et un peu d’activité physique légère.
  • Éviter l’ingestion d’alcool et de caféine.
  • Éviter l’exercice physique intense pour éviter la torsion ovarienne.
  • Ne pas maintenir de rapports sexuels.
  • Analgésiques.

Il est également nécessaire d’évaluer l’évolution du HSO pour éviter les complications. Par exemple, le poids doit être contrôlé ainsi que la fréquence et volume de la miction.

Dans les cas les plus graves, l’hospitalisation est nécessaire pour contrôler l’évolution. De plus, il sera administré à la patiente des liquides en intravéneuse. Parfois, il est nécessaire de réaliser une ponction chirurgicale pour extraire le liquide accumulé (paracentèse).

Vos questions fréquentes (FAQ)

Combien de temps durent les symptômes du syndrome d’hyperstimulation ovarienne (HSO)?

La durée du HSO est courte, il disparaît habituellement lors des premières règles après un traitement de stimulation ovarienne.

En cas de grossesse, les symptômes se prolongent jusqu’à 70 jours et peuvent s’aggraver, il est donc nécessaire de réaliser un contrôle exhaustif de l’évolution de la patiente.

Combien de temps dois-je attendre pour faire un transfert embryonnaire après une hyperstimulation ovarienne?

Il est nécessaire d’attendre, au moins, les premières règles après le HSO, c’est-à-dire le prochain cycle.

Ce sera aux spécialistes de déterminer la situation, et en fonction du protocole de préparation de l’endomètre choisi et de l’état de la patiente, de décider quand il est recommandé de réaliser la décongélation et transfert des embryons vitrifiés.

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Il existe une controverse en ce qui concerne les médicaments qui provoquent le HSO. Il semblerait que l’administration de FSH diminue le risque de HSO, tandis que l’administration d’analogues de GnRh (aGnRh) l’augmente. Mais quels sont les risques réels d’un syndrome HSO? Pour en savoir plus, cliquez ici: Facteurs de risque du HSO.

La patiente soumise à un traitement de fertilité est surveillée régulièrement et exhaustivement par son médecin, grâce aux analyses de sang et échographies pelviennes.

En général, à partir du deuxième ou troisième jour d’administration d’hormones, on effectue des visites chez le gynécologue presque quotidiennement, et en fonction de la réponse des ovaires, on ajuste la dose pour ne pas produire une hyperstimulation ovarienne incontrôlée. Voici plus d’informations: Prévention du HSO.

Que savez-vous du transfert d’embryons? Le transfert d’embryons est une technique simple qui consiste à déposer les embryons au fond de l’utérus en utilisant un fin cathéter qui s’introduit par le vagin et passe par le col de l’utérus. Pour en savoir plus, cliquez ici: Le transfert embryonnaire.

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Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
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