Par Rebeca Reus (embryologiste) et Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).
Dernière actualisation: 01/10/2018

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aussi appelé Syndrome de Stein-Leventhal, est un désordre endocrinien très fréquent qui peut avoir des conséquences sur la fertilité des femmes. Ses symptômes sont nombreux et il est probable qu’il ne soit diagnostiqué que lorsque la patiente souhaite tomber enceinte et qu’elle ait recours à un traitement de PMA.

Qu’est-ce que le SOPK?

Le syndrome de l’ovaire polykystique est la pathologie endocrinienne la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer: il concerne environ 4-8 % d’entre elles. Il est souvent associé à:

  • Anovulation (absence d’ovulation) et donc à la stérilité. Elle est d’ailleurs la cause la plus répandue d’infertilité anovulatoire.
  • Obésité.
  • Hyperandrogénisme.
  • Résistance à l’insuline.

Le syndrome de l’ovaire polykystique provoque une production plus importante d’androgènes et le cycle menstruel ne peut pas être correctement régulé. Au niveau de l’ovaire, les follicules ne libèrent pas les ovules car ils n’arrivent pas à maturité et des kystes se produisent. En raison de cette absence de maturation et libération de l’ovule, les femmes atteintes de SOPK voient leur fertilité affectée.

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Il s’agit d’un problème d’origine métabolique qui ne doit pas être confondu avec les ovaires polykystiques, caractéristique échographique qui peut être présente ou non chez les patientes atteinte de SOPK et qui n’est pas nécessairement accompagnée de stérilité.

16-25 % des femmes en âge de procréer présentent des ovaires polykystiques. Cependant, elles ne sont pas toutes atteintes du syndrome d’ovaire polykystique. Par conséquent, avoir des ovaires polykystiques n’implique pas nécessairement de souffrir du syndrome.

Les causes qui provoquent le syndrome ne sont pas encore tout à fait déterminées bien que la plus vraisemblable soit une prédisposition génétique ou une hérédité et que plusieurs gènes soient affectés. Il s’agit d’une maladie multifactorielle qui renvoie à divers facteurs génétiques et environnementaux.

Diagnostic

Depuis que le SOPK a été observé pour la première fois, les critères pour le diagnostiquer ont évolué.

Actuellement, les critères de diagnostic les plus utilisés sont les critères de Rotterdam. Ils déterminent que la patiente doit au moins présenter deux des symptômes suivants pour être diagnostiquée de SOPK:

  • Oligo/anovulation (ovulation moins fréquente voire absente).
  • Signes cliniques ou biochimiques d’hyperandrogénisme.
  • Ovaires polykystiques à l’échographie: présence de 12 follicules ou plus de 2 à 9 mm sur la couronne radiée (en forme de collier de perles) sur chaque ovaire ou d’une augmentation du volume des ovaires (plus de 10 ml). Ces caractéristiques suffisent sur un seul ovaire.

Symptômes

Les manifestations cliniques les plus fréquentes dont les femmes sont atteintes sont le syndrome d’ovaire polykystique:

  • Règles irrégulières : oligoménorrhée (moins de 9 règles annuelles) ou aménorrhée (absence de menstruation).
  • Stérilité anovulatoire.
  • Hirsutisme: excés de pilosité.
  • Alopécie: chute de cheveux.
  • Acné.
  • Altérations hormonales : testostérone élevée, hormone LH élevée, relation LH/FSH élevée, androstènedione (androgènes) élevée, etc.
  • Hormone antmüllérienne (AMH) élevée.
  • Résistance à l’insuline.
  • Ovaires polykystiques.
  • Hypoplasie mammaire et utérine.
  • Obésité.
  • Acanthosis nigricans: plaques de peau foncée et épaisse dans le cou ou sur les aisselles.

Traitement

Lorsque la patiente présente une prédisposition au syndrome des ovaires polykystiques, il est recommandé qu’elle change son hygiène de vie, qu’elle suive une alimentation équilibrée, qu’elle ne dépasse pas un indice de masse corporelle (IMC) de 25 et qu’elle suive un traitement de contraception et d’antidiabétiques. Elle devrait également éviter la sédentarité, et pas seulement l’obésité.

La metformine, un antidiabétique oral, est largement utilisé pour désensibiliser les ovaires à l’excès d’insuline et ainsi pouvoir faciliter la maturation folliculaire.

Si la patiente souhaite devenir mère, la première recommandation pour les obèses sera de changer d’hygiène de vie. Si ce changement n’est pas suffisant, ou s’il n’est pas nécessaire de perdre de poids, les spécialistes tenteront d’induire l’ovulation avec des traitements à base de clomiphène comme Clomid ou Omifin.

En revanche, les patientes pour qui ce traitement ne fonctionne pas devront se tourner vers les techniques de PMA. Il peut parfois être suffisant de pratiquer une insémination artificielle et non pas nécessairement à une fécondation in vitro (FIV) pour tomber enceinte.

Vos questions fréquentes

Quel est le taux de réussite d’une insémination artificielle si j’ai un syndrome des ovaires polykystiques ?

Par Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).

Le taux de réussite dans les inséminations dépend du type d’insémination (conjugale ou avec du sperme de donneur), de l’âge de la femme et de sa pathologie. Les chiffres peuvent varier entre 14% et 20% par cycle.

Comment tomber enceinte avec un syndrome d’ovaires polykystiques ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Les femmes atteintes du SOPK peuvent être mères, mais il est possible qu’elles rencontrent des difficultés à tomber enceintes. Il n’arrive que très rarement qu’une femme ne parvienne pas à tomber enceinte, et en général, cela est dû à une mauvaise prise en charge.

La première chose que doivent faire les femmes atteintes de SOPK lorsqu’elles décident de devenir mères, c’est de se soumettre à une série d’examens:

Examen gynécologique
afin de vérifier l’état des ovaires, des trompes, de l’utérus, etc. et de s’assurer que tout est normal sauf les ovaires polykystiques.
Examen endocrinologique
afin d’examiner les taux d’insuline, de triglycéride, de cholestérol et de déterminer s’il est nécessaire de perdre du poids, ce qui aiderait à réguler les hormones.
Examen psychologique
essayer de tomber enceinte peut s’avérer long et frustrant. Il est essentiel d’être prête psychologiquement et de rester forte et positive.

Comment savoir si l’on a le syndrome des ovaires polykystiques ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Pour détecter cette maladie, il faut effectuer quelques tests et analyser les antécédents cliniques de la patiente. Généralement, ces tests sont un examen physique centré sur la zone pelvienne. Ils visent à détecter l’inflammation des ovaires ou du clitoris.

En plus de cela, on mesure l’indice de masse corporelle (IMC) de la personne, son poids et la taille de son abdomen. Évidemment, les prises de sang sont aussi très importantes pour savoir si la patiente souffre de SOPK et détecter les hormones responsables.

Y a-t-il un remède naturel contre le SOPK ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Pour réguler le syndrome d’ovaires polykystiques, il existe de nombreux traitements naturels.

Pour réguler la fonction intestinale, il faut suivre un régime alimentaire riche en fruits, en légumes, en légumes secs, en céréales complètes et en fruits secs.

Si vous souffrez de constipation, ajoutez à votre diète certains aliments laxatifs comme les graines de lin (ou de linette), l’huile d’onagre ou les pruneaux.

Certains homéopathes recommandent l’arbre au poivre (Vitex Agnus Castus), un remède qui a été utilisé traditionnellement pour réguler les niveaux hormonaux, éviter les règles irrégulières et restaurer l’ovulation chez les femmes qui souffrent d’absence de menstruations.

Leur efficacité n’est pas prouvée et il reste recommandé de suivre un traitement hormonal comme des pilules contraceptives ou des médicaments antidiabète.

La rédaction vous recommande

Le syndrome d’ovaires polykystiques peut causer une stérilité chez la femme. Elle peut également être due à une grande variété de facteurs, en fonction desquels les symptômes seront plus ou moins importants. Nous vous les expliquons ici: En quoi consiste la stérilité féminine?

Il est important de ne pas confondre le syndrome des ovaires polykystiques avec une inflammation des ovaires, ou ovarite. Vous trouverez toutes les informations en suivant ce lien: Qu’est-ce que l’inflammation des ovaires?

Vous trouverez plus d’information sur ce lien: Les ovaires polykystiques.

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Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
Dr. Carmen Ochoa Marieta
Diplômée en médecine de l'Université du Pays basque, avec un doctorat en médecine et chirurgie de l'Université de Murcie. Il dirige actuellement l'Unité de reproduction assistée du Centre d'études sur la reproduction (CER SANTANDER) à Santander et l'Unité de diagnostic de la médecine de reproduction à Bilbao. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484805626
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Un commentaire

    1. Loupiote

      Bonjour,
      Diagnostiquée SOPK il y a 10, j’ai eu ma fille via une IAC en 2017. Actuellement protocole PMA IAC BB 2 – 2 IAC consécutives, hyper stimulation depuis la semaine passée et BHGC négative ce matin, un conseil à me donner svp ?