Par Zaira Salvador (embryologiste).
Dernière actualisation: 07/09/2017

La stérilité féminine est l’incapacité à concevoir en raison de problèmes en rapport avec les ovocytes qui empêchent la fécondation et par conséquent, la grossesse.

Elle peut être due à une grande variété de facteurs, en fonction desquels les symptômes seront plus ou moins importants. Il peut donc exister des situations où la femme n’est pas consciente de sa stérilité jusqu’à ce qu’elle passe des examens médicaux.

Voici les deux causes de stérilité principales:

Stérilité primaire
elle apparaît chez les patientes qui n’ont jamais été enceintes.
Stérilité secondaire
elle apparaît chez les couples qui ont déjà eu un ou plusieurs enfants et n’obtiennent pas de seconde grossesse. La stérilité survient après une étape de fertilité.

Stérilité et infertilité chez la femme

Souvent considérées comme des synonymes par la société en général et par certains professionnels, la stérilité et l’infertilité sont habituellement confondues. Il est important de souligner qu’elles n’ont pas exactement la même signification:

Stérilité féminine
union d’un ovocyte et d’un spermatozoïde, appelée fécondation, ne peut pas se produire en raison des problèmes des ovocytes. Lorsque la fécondation a bien lieu mais l’embryon n’arrive pas à s’implanter, il s’agit également de stérilité. Pour résumer, elle englobe toutes les situations où la grossesse n’est pas produite.
Infertilité féminine
bien que la fécondation se produise et que l’embryon soit obtenu par fusion, ce dernier ne se développe pas complètement et la grossesse est interrompue: c’est une fausse couche.

Dans les deux cas, la femme ne peut pas avoir d’enfant et ils sont traités de la même manière au niveau des causes, des symptômes et des traitements.

Causes de stérilité chez la femme

La stérilité est souvent provoquée par plusieurs facteurs. Les problèmes de fertilité chez la femme peuvent survenir en raison des troubles suivants:

Problèmes de production d’ovocytes

L’un des problèmes qui empêche la grossesse peut provenir de troubles du cycle ovulatoire. Ce facteur est connu comme facteur endocrinien car le cycle menstruel est régulé par différentes hormones comme la GnRH (homone libératrice de gonadotrophine), la FSH (hormone folliculo-stimulante), la LH (hormone lutéinisante), la progestérone ou l’oestradiol.

Des altérations des niveaux hormonaux peuvent provoquer:

  • Anovulation ou absence d’ovulation (libératon de l’ovocyte).
  • Ovulation à un moment inattendu.
  • Problème de production ovarienne.

Lors d’un cycle régulier, sans problèmes endocriniens, l’ovulation a lieu environ à la moitié du cycle (jour 14), sachant que le premier jour du cycle correspond au premier jour des règles. Par conséquent, les jours les plus fertiles correspondent aux jours les plus proches de l’ovulation, lorsque l’ovocyte est expulsé de l’ovaire et attend l’arrivée du spermatozoïde dans les trompes de Fallope.

Si la femme présente l’un des problèmes d’ovulation mentionnés antérieurement, elle ne tombera pas enceinte, même en ayant des rapports sexuels durant les jours les plus fertiles.

Il est important de souligner qu’un trouble ponctuel dans le cycle menstruel n’est pas un signe de stérilité. La femme est considérée comme stérile lorsque le problème persiste dans le temps.

L’absence ou trouble de l’ovulation conduit en général à des problèmes de menstruation et parfois à une aménorrhée (absence de règles). Cependant, il existe des cas où les règles continuent d’être régulières malgré l’apparition de problèmes hormonaux qui empêchent la grossesse:

Déficit ovarien dissimulé
il s’agit d’une insuffisance ovarienne qui empêche l’ovulation.
Phase lutéale insuffisante
après l’ovulation, lors de la phase lutéale du cycle menstruel, la progestérone est libérée, et sa fonction est de favoriser le développement embryonnaire pour permettre l’implantation de l’embryon et donc la grossesse. Il y a des situations où l’endomètre ne se développe pas correctement en raison de la faible production de progestérone et cela empêche la grossesse.
Syndrome du follicule lutéinisé non-rompu (LUF)
le follicule, où se trouve l’ovule avant l’ovulation, continue de se développer jusqu’à la phase lutéale malgré le fait que l’ovule n’ait pas été libéré. La fécondation ne peut pas avoir lieu car l’ovule n’est pas encore sorti de l’ovaire.

Le stress, l’obésité, l’anorexie, les problèmes de thyroïde, un traitement en particulier, la chimiothérapie, la radiothérapie, les facteurs environnementaux sont autant de causes qui affectent le système endocrino de régulation ovarienne.

Les gynécologues évaluent le développement du cycle ovarien à l’aide d’échographies et de prises de sang. Ainsi, les concentrations hormonales sont contrôlées et le spécialiste peut déterminer s’il existe une pathologie qui empêche la grossesse au niveau endocrinien.

Anomalies des trompes de Fallope

On parle de facteur tubaire de stérilité lorsqu’on fait référence aux troubles des trompes de Fallope, zone de l’appareil reproducteur féminin où a lieu la fécondation.

Lors de l’ovulation, l’ovule est expulsé de l’ovaire et attend d’être fécondé par le spermatozoïde dans les trompes de Fallope. Après la fécondation, l’embryon se déplace à l’intérieur des trompes jusqu’à arriver dans l’utérus, où il sera implanté et commencera le début de la grossesse.

Afin que cela soit possible, au moins l’une des trompes, et si possible les deux, doivent être perméables et fonctionnelles. Si les deux trompes sont obstruées, survient alors l’infertilité féminine par facteur tubaire.

Les troubles de la perméabilité tubaire peuvent être dus à des infections, à une endométriose, à une salpingite, à une malformation tubaire, à un hydrosalpinx, à des opérations chirurgicales, à une maladie inflammatoire pelvienne, etc.

L’hystérosalpingographie est l’examen clinique qui permet de vérifier la fonctionnalité des trompes de Fallope.

La procréation médicalement assistée, comme tout traitement médical, exige que vous fassiez confiance au professionnalisme des médecins et de la clinique que vous avez choisis. Évidemment, tous ne sont pas identiques. Le Rapport sur la fertilité va sélectionner pour vous les cliniques les plus proches de vous et répondant à nos critères de qualité rigoureux. De plus, le système effectuera une comparaison des prix et des conditions proposées par les différentes cliniques afin de faciliter votre prise de décision.

Facteur cervical

Le col de l’utérus ou cervix est la première barrière que doivent franchir les spermatozoïdes lors de leur chemin vers l’ovule. Ils peuvent rencontrer des obstructions sous formes de polypes ou myomes qui mettent en difficulté la fécondation. D’autre part, la muqueuse cervicale aide les spermatozoïdes à bouger à l’intérieur de l’utérus, et facilite leur déplacement.

Des inflammations, infections ou changements de pH peuvent provoquer la stérilité féminine car ils empêchent l’arrivée des spermatozoïdes aux trompes de Fallope.

Troubles utérins

Il existe deux raisons principales qui peuvent provoquer la stérilité dans l’utérus: des malformations utérines et des problèmes d’endomètre.

L’endomètre est la couche utérine ou se produit l’implantation et la nidation de l’embryon.

Vous trouverez plus d’informations sur notre article: L’endomètre.

Les troubles utérins peuvent être congénitaux, à savoir, présents dès la naissance, ou peuvent apparaître ultérieurement avec la formation de polypes, myomes ou kystes.

Par ailleurs, l’endométriose est également une cause utérine d’infertilité. Il s’agit d’une maladie causée par l’inflammation du tissu de l’endomètre et de sa croissance hors de la cavité utérine. C’est l’un des principaux motifs de consultation gynécologique en France et selon le degré, elle peut être plus ou moins grave pour la fertilité de la femme.

Pour plus d’informations, cliquez ici: L’endométriose.

Autres causes d’infertilité

Il existe d’autres facteurs qui affectent la stérilité, mais qui peuvent se produire chez les deux sexes, comme:

La stérilité inexpliquée
malgré de nombreux examens chez d’homme ou chez la femme, aucune anomalie spécifique n’est détectée pour expliquer l’infertilité.
La stérilité immunologique
les causes les plus communes de stérilité immunologique sont la présence d’anticorps antispermatozoïdes de la part de la femme ou de l’homme, et le syndrome Antiphospholipide, par lequel la femme crée un stade d’hypercoagulation qui empêche le bon fonctionnement du placenta et donc une fausse couche.
Le facteur psychologique
les émotions, sensations et sentiments jouent un rôle très important dans la capacité de reproduction. Il n’est pas rare de voir des cas de couples qui ont fait appel à la PMA pour avoir leur premier enfant et deviennent parents naturellement lors du deuxième. De nombreux spécialistes expliquent cette situation en se basant sur la relaxation et l’élimination du stress qui cause la stérilité.
Des problèmes au niveau vaginal
le vaginisme empêche la pénétration et l’éjaculation en raison de la contraction des muscles périvaginaux.
Le facteur génétique
des troubles génétiques et chromosomiques qui peuvent metrte en difficulté ou empêcher la conception et ainsi affecter l’évolution normale de la grossesse, provoquant des fausses couches.

Symptômes d’une femme stérile

Les symptômes de l’infertilité féminine peuvent être nuls, ou au contraire, se manifester dès la puberté.

Par exemple, dans les cas de stérilité par facteur endocrinien, les troubles hormonaux causent en général une aménorrhée ou des irrégularités menstruelles, ce qui fera suspecter un problème et poussera la femme à consulter un spécialiste.

D’autre part, l’obstruction des trompes ou la présence de myomes dans la cavité utérine peuvent causer des douleurs ou un mal-être, bien que souvent la femme ne ressent rien de particulier et est donc totalement inconsciente de son problème jusqu’à sa prochaine révision gynécologique.

En raison de cette variété de symptômes, il est fondamental que la femme réalise des révisions gynécologiques régulières et ne consulte pas seulement le spécialiste en cas de douleurs, gêne ou trouble menstruel.

Fertilité de la femme selon l’âge

À l’inverse de l’homme, la femme ne produit pas d’ovules au cours de sa vie, mais elle naît déjà avec une quantité d’ovules définie. Depuis la puberté et jusqu’à la ménopause, une grande partie d’entre eux sera expulsée par ovulation et l’autre va dégénérer sur le chemin de la maturation.

La période fertile de la femme va environ de 16 à 30-35 ans. À partir de cet âge-là, et particulièrement à partir de 40 ans, la fertilité de la femme baisse progressivement jusqu’à épuisement de la réserve ovarienne à la ménopause.

Le style de vie actuel retarde la maternité jusqu’à un âge de plus en plus avancé. L’une des principales raisons de la stérilité actuelle est l’âge de la femme.

Nous vous conseillons la lecture de notre article: La réserve ovarienne.

Vos questions fréquentes

Mon âge influence-t-il ma fertilité ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Oui, malheureusement le cours du temps influe négativement sur la fertilité. L’âge fertile se situe entre la puberté et la ménopause. Dans cette période, les meilleurs conditions sont réunies jusqu’à 35 ans. À mesure que l’âge de la femme augmente, la réserve ovarienne diminue ainsi que la qualité des ovules.

En résumé, plus on est matures, moins il y a des chances de grossesse, mais également un taux plus important de fausses couches en raison des anomalies chromosomiques et de complications pendant la grossesse.

Comment savoir si je suis stérile ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Une femme est dite stérile lorsqu’elle ne tombe pas enceinte après un an de rapports sexuels réguliers non protégés, après exlusion du facteur masculin.

Il existe une grande variété de causes plus ou moins graves. La femme ne sait pas nécessairement qu’elle a un problème jusqu’à ce qu’elle ne réalise pas les examens de fertilité, car elle ne présente aucun symptôme.

Il existe deux types de stérilité:

Primaire
lorsque la femme n’a jamais eu de grossesse.
Secondaire
quand la femme ne tombe pas enceinte malgré un ou plusieurs enfants par le passé avec le même conjoint.

Pour connaître l’état de notre réserve ovarienne, le meilleur moyen est de réaliser une échographie pour évaluer le recomptage de follicules antraux, et une analyse hormonale où seront déterminés les niveaux de FSH et d’hormone antimüllérienne.

Enfin, il est nécessaire de savoir que la période fertile de la femme va de 16 à 30-35 ans environ, et baisse de façon conséquente à partir de 40 ans.

Jusqu’à quel âge peut-on être mère ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Tout dépend de la femme et de l’état de sa réserve ovarienne. Une femme peut devenir mère naturellement jusqu’à ce qu’elle atteigne l’étape de la ménopause. Cependant, plus cette étape s’approche, plus la capacité reproductive est réduite.

Dans tous les cas, nous pouvons affirmer qu’à partir de 35 ans, la fertilité féminine décroît considérablement et à partir de 40 ans, elle est quasiment nulle.

Comment tomber enceinte avec une stérilité/infertilité ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

En fonction de la cause de l’infertilité, on procède à donner une solution ou une autre pour obtenir une grossesse. La procréation médicalement assistée (PMA) propose un large éventail de techniques et traitements pour que les femmes stériles puissent tomber enceintes et réaliser leur rêve de devenir mères.

Les techniques les plus courantes sont l’insémination artificielle, la fécondation in vitro (conventionelle ou ICSI), le DPI ( diagnostic préimplantatoire), le don d’ovocytes et de spermatozoïdes, etc.

La rédaction vous recommande

Nous avons commenté que les gens confondent en général stérilité et infertilité. Mais connaissez-vous les différences? Nous vous l’expliquons ici: Infertilité et stérilité.

Pour déterminer si elle est stérile ou non, une femme peut passer une série d’examens afin d’évaluer sa fertilité. Parmi les examens féminins habituels, on retrouve les analyses hormonales, l’hystérosalpingographie et les examens gynécologiques. Vous trouverez plus de détails par ici: Le bilan de fertilité féminin.

Nous avons parlé du vaginisme antérieurement, mais savez-vous en quoi il consiste? Le vaginisme est une contraction involontaire des muscles péri-vaginaux, du tiers inférieur du vagin, empêchant la pénétration ou la rendant très difficile. Plus d’informations ici: Le vaginisme.

En partageant cet article, vous nous aidez

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.

2 commentaires

    1. Jacinte

      Bonjour, Je cherche à tomber enceinte, Pendant des mois, j’ai eu la prolactine élevée, je suis sous traitement depuis 6 mois. C’est le deuxième mois où j’ai la prolactine faible. Je voulais savoir sir mes résultats étaient corrects et si je peux tomber enceinte.
      PROLACTINE 12.7
      HORM. LUTÉINISANTE 17.9
      FSH 25.3
      OSTRADIOL 32.6

      Je l’ai fait le troisième jour du cycle.

      merci,

      • Jessica Escudero

        Bonjour Jacinte,

        Effectivement la prolactine entre dans les valeurs normales. Cependant, vos taux de FSH et de LH sont très élevés pour être du troisième jour. Cela pourrait indiquer une faible réserve ovarienne. Il serait intéressant de réaliser également un examen complémentaire pour évaluer le taux d’hormone antimüllérienne (AMH) et ainsi vérifier l’état de la réserve ovarienne et vos possibilités de tomber enceinte.

        J’espère vous avoir aidée,

        bon courage