Procréation médicalement assistée (PMA): définition et techniques

La procréation médicalement assistée (PMA), aussi appelée Assistance médicale à la procréation (AMP) est l’ensemble des techniques et traitements médicaux qui aident à obtenir une grossesse lorsqu’elle est impossible naturellement en raison de problèmes d’infertilité.

Actuellement, entre 12 et 18 % des couples qui souhaitent devenir parents découvrent qu’ils souffrent d’infertilité, avec un taux de 50 % de causes masculines et 50 % de causes de féminines. Il est également possible que les deux membres du couple présentent une infertilité.

Il existe un autre groupe de personnes qui ont besoin d’avoir recours aux techniques de PMA pour obtenir une grossesse: les pères et mères célibataires et les couples homosexuels.

Les principaux traitements de fertilité sont l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, qui peuvent être combinés à des techniques comme le don de gamètes ou le diagnostic préimplantatoire (DPI).

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Qu’est-ce que la procréation médicalement assistée?

Le concept de PMA peut être défini comme l’ensemble de techniques et procédés qui remplacent le processus naturel de la reproduction.

Les techniques qui sont appliquées dépendent de l’origine et du type d’infertilité. En général, elles peuvent intervenir lors de toutes les étapes du processus reproductif, mais voici les plus utilisées:

  • Le développement folliculaire dans l’ovaire
  • L’ovulation
  • Le transport de gamètes: ovocytes et spermatozoïdes
  • La fécondation: union d’un ovocyte et d’un spermatozoïde
  • La sélection d’embryons de qualité

Afin de pouvoir sauvegarder toutes les barrières qui existent naturellement lors de ces processus, on utilise un traitement et des techniques comme l’IA ou la FIV. Il existe une méthode de plus qui offre une plus grande possibilité de succès: l’injection intracytoplasmatique de spermatozoïdes (ICSI).

De plus, le procréation assistée a réalisé de grands progrès et, au jour d’aujourd’hui, il est possible d’avoir à disposition des gamètes de donneurs dans le cas de ne pas pouvoir avoir d’enfants biologiques en raison d’une maladie génétique ou de l’absence de gamètes à soi.

Histoire de la PMA

Jusqu’au final du XXème siècle, les personnes souffrant d’infertilité devaient se résigner ou recourir à l’adoption si elles voulaient fonder une famille.

À partir de 1978, tout change avec la naissance de Louise Brown, premier bébé éprouvette, et les personnes stériles trouvent une solution à leurs problèmes de fertilité.

La technique qui a permis cette première naissance a été la FIV. Un ovocyte de la patiente fut extrait et l’union avec le spermatozoïde fut réalisée sur une plaque de laboratoire. L’embryon fécondé a été divisé en quatre cellules et implanté dans l’utérus de la mère.

Le succès de cette première FIV a ouvert les portes à l’ensemble des techniques que nous connaissons aujourd’hui comme la procréation assistée.

À l’origine, les traitements de fertilité n’offraient pas de grands pourcentages de succès. Cependant, elles se sont perfectionnées au cours des années, possèdent des professionnels spécialisés dans le secteur et de plus en plus d’enfants naissent dans le monde grâce à la médecine reproductive.

Récemment, Louise Brown est devenue mère naturellement, ce qui démontre que l’usage de ces techniques de PMA n’implique en aucun cas que l’enfant soit infertile.

Quand avoir recours à la PMA?

Pour considérer qu’un couple a des problèmes de fertilité, il doit avoir des rapports sexuels non protégés pendant au moins un an, sans résultat. Ce délai est seulement de 6 mois si la femme a plus de 36 ans. S’il existe des problèmes évidents d’infertilité, comme des malformations utérines, il n’est pas nécessaire d’attendre.

Dans ces cas-là, le couple devra se rendre dans une clinique de PMA afin de réaliser un bilan de fertilité et d’identifier les raisons qui l’empêchent d’avoir un enfant.

Les troubles de fertilité qui empêchent ou mettent en difficulté la reproduction classique sont les suivants:

Infertilité chez les hommes
mauvaise qualité séminale ou absence de spermatozoïdes.
Infertilité chez les femmes
troubles du cycle ovarien, quantité et/ou qualité des ovocytes réduite ou problèmes qui affectent l’implantation ou le développement normal de l’embryon.

S’il existe una maladie qui peut entraîner la naissance d’un enfant malade, il est recommandé de ne pas passer par une grossesse naturelle mais bien de recourir à une clinique pour réaliser un bilan génétique.

Dans le cas des femmes et hommes célibataires, couples lesbiens ou gays, il est important de bien s’informer sur les options disponibles selon la loi française avant d’avoir recours à la PMA.

Techniques de procréation humaine assistée

Les techniques de procréation médicalement assistée sur les humains ont pour but d’obtenir une grossesse qui donne lieu à un nouveau-né sain.

L’avancée de la science et des nouvelles technologies permet de continuer à augmenter le nombre de techniques de PMA et en même temps, d’améliorer les protocoles et les méthodes déjà existants.

L’insémination artificielle et la fécondation in vitro sont des techniques de PMA fréquemment employées, chacune avec ses avantages et inconvénients.

Le choix d’une technique ou de l’autre dépend du type d’infertilité existante et des recommandations médicales. La méthode la plus simple et la moins invasive sera la plus utilisée.

Dans le cas où le taux de grossesse est plus bas que la normale ou que la grossesse n’est pas obtenue après plusieurs tentatives, il est recommandé de changer de méthode reproductive.

Insémination artificielle (IA)

Il s’agit du traitement de fertilité le plus naturel et simple. Il consiste à introduire les spermatozoïdes dans le conduit génital féminin, généralement dans l’utérus, pour que la fécondation puisse avoir lieu dans les trompes de Fallope, comme lors d’une grossesse naturelle.

L’insémination peut aussi bien se faire grâce au sperme du conjoint (IAC) ou au sperme de donneur (IAD), ce qui rend possible cette technique pour les couples hétérosexuels ainsi que pour les femmes célibataires ou lesbiennes.

C’est une technique de PMA peu complexe, qui se décompose en trois étapes:

  • Stimulation de l’ovaire pour le développement folliculaire et induction à l’ovulation
  • Préparation du sperme en laboratoire
  • Introduction du sperme à l’aide d’une cannule pour l’insémination

Vous trouverez plus d’informations sur cet article: L’insémination artificielle.

Fécondation in vitro (FIV)

Il s’agit d’une méthode de reproduction assistée qui consiste à unir un ovocyte et un spermatozoïde en laboratoire pour créer un embryon, qui sera transféré dans l’utérus de la femme à postériori. Contrairement à l’IA, la FIV est une technique de haute complexité.

Il existe deux types de FIV selon la manière de la réaliser en laboratoire.

FIV conventionnelle
l’ovocyte et le spermatozoïdes sont mis en contact sur une plaque de culture afin que la fécondation se produise seule.
ICSI
un spermatozoïde est sélectionné et est introduit dans l’ovocyte par une aiguille d’injection.

Dans les deux cas, le procédé de FIV est le même:

Le sperme utilisé lors de la FIV peut être celui du conjoint ou d’un donneur. C’est la même chose pour les ovocytes: en cas de ne pas pouvoir utiliser ses propres ovocytes, la femme peut recourir à une donneuse.

Vous trouverez plus d’informations ici: Qu’est-ce que la FIV?

Dans le cas des couples lesbiens, il existe un autre type de FIV: la méthode ROPA. Elle consiste à utiliser les ovocytes d’une des femmes, tandis que le transfert des embryons aura lieu dans l’utérus de la seconde. Ainsi, les deux femmes peuvent participer dans le processus, en apportant le matériel génétique (ovocytes) ou en portant l’enfant.

Le diagnostic préimplantatoire (DPI)

Actuellement, les techniques de PMA permettent également de réaliser un DPI pendant un traitement de FIV. Il consiste à extraire des cellules de l’embryon afin de vérifier s’il présente un trouble chromosomique ou de savoir s’il possède une maladie génétique.

Ainsi, seuls les embryons les plus sains sont sélectionnés pour l’implantation.

Voici plus d’informations sur: Le diagnostic préimplantatoire.

Gestation pour autrui

La gestation pour autrui (GPA), appelée maternité de substitution ou ventre à louer est la technique de PMA par laquelle une femme accepte de porter l’enfant d’une autre personne.

Cette méthode peut être choisie par:

  • Couples hétérosexuels qui ne peuvent pas obtenir de grossesse en raison de problèmes d’utérus ou d’échecs répétés de FIV.
  • Couples homosexuels masculins et hommes célibataires qui désirent avoir un enfant biologique.

Dans le cas des couples lesbiens ou femmes célibataires, en France, il est impossible de transcrire la filiation de l’enfant né par mère porteuse, étant donné que c’est la femme qui accouche qui est considérée comme la mère.

Cette technique de PMA suscite de nombreux débats danas le secteur de la bioéthique, et est interdite par la loi française.

Les personnes qui souhaitent recourir à cette méthode pour avoir une descendence devront se rendre à l’étranger, où la loi l’autorise.

Vous êtes intéressé par la gestation pour autrui? Nous vous invitons à connaître notre magazine spécialisé Babygest.

Si vous pensez à recourir à la GPA, Surrofair dispose de toute l’information indispensable pour que tout soit plus accessible et facile: classification des cliniques par pays, législation, et conseils. Vous y trouverez également une conseillère personnalisée qui répondra à toutes vos questions: Lucy.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur notre article: Le tourisme reproductif.

Remboursement des techniques de PMA en France

Les tentatives de PMA (IA ou FIV) sont prises en charge à 100 % par la sécurité sociale dans les limites suivantes :

  • La femme doit être âgée de moins de 43 ans.
  • Le nombre maximum d’inséminations remboursées est de 6.
  • Les tentatives de FIV sont remboursées au maximum de 4 (tout transfert d’embryons congelés n’est pas considéré comme une nouvelle tentative).
    • Le compteur étant remis à zéro en cas d’accouchement.

      Avant d’engager la première tentative, votre médecin (à l’hôpital, ou mieux votre médecin traitant) doit remplir un protocole de soins. Le médecin doit mentionner les différents spécialistes que vous pouvez être amenés à consulter dans le cadre de la prise en charge de votre infertilité.

      Ce document est à remettre à votre CPAM.

      En retour, celle-ci vous envoie une attestation de prise en charge à 100%, valable en général 2 ans, pour le traitement de l’infertilité du couple. Ce document est à garder précieusement car la sécurité sociale ne délivrera pas de duplicata.

      Les centres et parfois les pharmacies ont besoin d’une copie afin d’appliquer le tiers-payant (vous n’aurez aucune somme à avancer).

      Par ailleurs, les ordonnances doivent porter la mention “prescription relative avec l’affection exonérante”.

      Toute tentative doit faire l’objet d’une demande préalable à déposer auprès de sa caisse primaire d’assurance maladie.

      Le centre de PMA (ou le gynécologue) remet au couple un formulaire indiquant la technique utilisée et le rang de la tentative. Ce formulaire est à envoyer à sa CPAM. Vous n’aurez pas de réponse si la tentative est acceptée.

      Attention aux dépassements d’honoraires pratiqués par certaines cliniques privées qui ne sont pas remboursés.

      Si vous ne remplissez pas ces conditions et vous cherchez une clinique à l’étranger qui puisse s’adapter à vos besoins, nous vous conseillons de remplir notre formulaire : Devis personnalisé de don d’ovocytes et traitements.

      C’est gratuit et sans engagement et vous pourrez être mis directement en contact avec des cliniques qui pourront vous prendre en charge et vous expliqueront tout le protocole de façon personnalisée.

      Aspects légaux et sociaux

      L’augmentation des problèmes reproductifs dans la société d’aujourd’hui suppose le recours à une solution de la part de la médecine et de la PMA. Il a été nécessaire de réglementer ces techniques pour garantir la moralité et l’éthique.

      Les nouvelles méthodes disponibles et l’appartition de modèles de famille alternatifs font que la société se questionne sur le concept de famille. Elle n’est désormais pas composée par un père, une mère et un ou plusieurs enfants. De même qu’il n’est pas indispensable d’avoir une relation de parenté, dans un cas d’adoption par exemple, ou d’un don d’ovocytes et de sperme.

      C’est surtout avec les techniques de FIV et de DPI qu’a commencé le débat sur la vie humaine et les implications morales et éthiques de la manipulation d’embryons. Cela met en jeu des facteurs religieux, culturels et sociaux.

      En France, le diagnostic préimplantatoire est uniquement autorisé à des fins médicales: pour éviter la transmission de maladies génétiques dues au sexe.

      Vos questions fréquentes (FAQ)

      Qu’est-ce que la procréation médicalement asisstée ou artificielle?

      Les termes procréation artificielle ou fécondation artificielle dont aussi référence à la PMA, ce sont des techniques qui servent à obtenir une grossesse à l’aide de la médecine lorsque la grossesse naturelle n’est pas possible.

      Combien de types de fertilisation assistée existent-ils?

      La fertilisation assistée fait référence à la PMA, et on distingue deux types différents: l’insémination artificielle et la fécondation in vitro. On peut distinguer des sous-types, comme nous l’avons expliqué au préalable.

      Qu’est-ce qu’une grossesse in vitro ou méthode in vitro?

      Ces deux termes font référence à la fécondation in vitro, qui est un procédé où la fécondation, l’union d’un ovocyte et d’un spermatozoïde se fait en laboratoire au lieu de se faire dans l’appareil reproducteur féminin.

      Quelles sont les méthodes ou traitements de fertilisation pour obtenir la maternité par procréation assistée?

      Il existe deux traitements principaux: l’insémination artificielle et la fécondation in vitro. Le choix d’une méthode ou d’une autre va dépendre des examens de fertilité et des recommandations du médecin. Ainsi, on obtiendra une bonne probabilité de grossesse en utilisant la technique la plus simple et la moins invasive possible.

      Y a-t-il des risques en ayant recours à la PMA?

      Le risque de grossesse multiple est plus important, particulièrement si après une fécondation in vitro, on transfère deux embryons ou plus. Il peut aussi arriver que lors d’une insémination artificielle, plus de deux ovocytes arrivent à maturité.

      Il n’existe aucune étude qui démontre que l’usage des techniques de procréation assistée augmente les probabilités de malformation foetale, naissance d’enfant présentant des maladies comme l’autisme ou autres. Il n’existe apparemment aucune différence avec une grossesse naturelle.

      Y a-t-il un traitement de fertilité plus naturel qu’une insémination artificielle?

      Oui, le coït dirigé ou coït programmé, qui consiste à faire un suivi du cycle ovulatoire de la femme pour maintenir des rapports sexuels lorsque le médecin le recommande, durant les jours de l’ovulation, pour augmenter la probabilité de grossesse.

      Cela peut avoir lieu lors d’un cycle naturel, c’est-à-dire un cycle normal, sans appliquer d’hormones. Dans le cas où la grossesse ne serait toujours pas obtenue, il est possible de tenter un cycle avec traitement hormonal, avec stimulation ovarienne.

      Pour plus d’informations, vous pouvez suivre ce lien: Le coït programmé.

      La rédaction vous recommande

      Savez-vous que lors des traitements de PMA, on utilise des gamètes frais ou congelés? La congélation et la vitrification sont deux techniques différentes employées en procréation assistée pour la cryopréservation d’ovocytes, spermatozoïdes et embryons. Voici les différences: Congélation et vitrification.

      Un don d’ovocytes est un traitement de fertilité auquel les femmes peuvent avoir recours pour tomber enceintes quand elles se voient dans l’impossibilité d’utiliser leurs propres ovules. Savez-vous comment fonctionne le don d’ovocytes? Nous vous l’expliquons ici: Recourir à un don d’ovocytes.

3 commentaires

  1. usuario
    CLEMENT

    Bonjour j’aimerais savoir si vous acceptez les femmes en surpoids pour une fiche avec don d’embryon
    Merci

  2. usuario
    Sophie T

    Je voudrais savoir si je peux réaliser une insémination après une ligature de trompes. j’ai 45 ans, j’ai commis l’erreur de me ligaturer il y a 13 ans et maintenant je veux avoir un bébé pour mon nouveau copain. Est-ce que c’est possible?

    • avatar
      Jessica EscuderoConseillère en fertilité

      Bonjour Sophie,

      L’insémination artificielle n’est pas efficace avec une ligature de trompes car vous ne pouvez pas ovulé naturellement, même avec une stimulation ovarienne. Pour obtenir une nouvelle grossesse, vous devez avoir recours à une technique de fécondation in vitro où l’embryon est formé en laboratoire et vous est ensuite implanté.

      Bon courage,

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