Procréation assistée et tourisme reproductif en Europe

Depuis la constitution de l’Union Européenne en 1993, voyager vers ce continent est progressivement devenu de plus en plus aisé, ce qui a eu des conséquences notables sur le tourisme médical et reproductif.

Pour illustrer ceci, il faut savoir que l’ASRM (American Society for Reproductive Medicine) a calculé que plus de 30 000 patients internationaux ont choisi en 2010 un pays européen pour y réaliser un traitement de procréation assistée, ce qui représente 5% du total à l’échelle internationale.

Que ce soit en raison des commodités pour voyager ou des prix compétitifs, après de nombreuses recherches, plusieurs experts ont conclu que les pays les plus populaires parmi les touristes qui choisissent le tourisme reproductif sont les suivants :

  • Belgique
  • République tchèque
  • Danemark
  • Slovénie
  • Espagne
  • Suisse

Ces six pays ont pour points communs, d’un côté, la présence de centres de procréation équipés avec des technologies de pointe, et de l’autre, une législation plus ou moins flexible. Toutefois, il faut prendre en compte que les différents contextes aussi bien historiques que religieux de chaque pays ont une importante influence sur l’angle sous lequel on aborde la procréation assistée et ses traitements.

Quel est le profil le plus habituel chez les patients ?

Une recherche réalisée dans différents centres de fertilité en Europe a mis en évidence l’existence de plusieurs facteurs communs à la majorité des patients qui recherchent un traitement de procréation dans ces pays.

La plupart des patients, c’est-à-dire plus de 55% de ceux-ci, recourent au tourisme reproductif pour des raisons en lien avec l’application de lois plus ou moins permissives dans leurs pays d’origine. 43% des patients déclarent que leur désir de se rendre dans un autre pays est motivé par l’existence d’un système de santé peu efficace dans leur lieu de résidence.

Trouver un équilibre entre leurs revenus et le coût dérivé du traitement de fertilité est une autre des motivations principales de ces patients. De la même manière, le fait de rester dans l’anonymat, mais aussi le nombre de restrictions tout au long du processus, sont d’autres aspects d’une importance centrale.

Une autre information significative est celle de l’âge moyen des patients : 37 ans. On a également pu déceler un pourcentage important de patients dont la situation présente des difficultés spéciales pour diverses raisons et qui ont décidé de recourir à un autre pays comme dernière option.

Par ailleurs, les pays avec les restrictions le plus importantes par rapport à la procréation assistée sont l’Italie, l’Allemagne, la France, la Suède et la Norvège. Le stricte réglementation de la médecine de la procréation peut être due dans ces cas-ci à des motifs religieux, dans le cas de l’Italie, au contexte historique, comme c’est le cas en Allemagne, ou à des considérations éthiques, comme dans les pays nordiques.

Pays d’origine les plus communs

L’Italie est probablement le pays européen avec le plus de restrictions légales dans le domaine de la procréation médicalement assistée. La loi 40/2004 est celle qui régit les différentes techniques, qui ne peuvent s’appliquer qu’aux couples hétérosexuels mariés, comme le dispose cette même loi.

Il n’est pas non plus possible de donner les embryons restants après un cycle de FIV à un autre couple ni de les congeler. Le don d’ovocytes et de sperme, la gestation pour autrui et le diagnostic préimplantatoire (DPI) sont des techniques interdites en Italie.

Deuxièmement, le nombre de patients qui viennent du Royaume-Uni s’est accru pendant ces dernières années en raison de l’existence de systèmes de santé de meilleure qualité dans d’autres pays européens comme l’Espagne par exemple. Le facteur économique et le désir d’obtenir un taux de succès élevé sont aussi des motifs récurrents.

La proximité géographique des Pays-Bas avec la Belgique fait que de nombreux patients néerlandais prennent la décision de visiter ce pays voisin pour obtenir de meilleurs résultats dans les traitements de fertilité. Ce désir est encouragé par l’existence de nombreuses restrictions légales aux Pays-Bas en matière de procréation assistée.

La raison principale pour laquelle les touristes néerlandais choisissent la Belgique pour subir un traitement de procréation est que la Belgique est un pays pionnier dans l’application de la technique appelée ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde). Entre 2005 et 2007, on calcule que plus de 1 700 patients néerlandais se sont déplacés jusqu’en Belgique pour y trouver des traitements de meilleure qualité.

La Turquie est un pays européen du Moyen-Orient qui a imposé depuis mars 2010 d’importantes restrictions légales en matière de médecine de la reproduction. Cette circonstance, ainsi que la présence d’une majorité de musulmans sunnites, qui sont contraires à la procréation médicalement assistée, a fait que les destinations les plus populaires pour les patients turcs depuis cette date soient Chypre, les États-Unis et la Grèce.

Le cas de la Turquie montre l’influence de la religion sur les décisions prises en matière de procréation assistée et famille. À l’occasion d’une recherche réalisée en 2010, on a comparé les points de vue de l’Italie, de l’Égypte et du Liban. Bien que le premier de ces pays soit catholique et que les deux autres soient musulmans, l’approche adoptée pour traiter la question de la procréation assistée reste très similaire.

Un commentaire

  1. usuario
    Evelyne

    J’imagine qu’il doit aussi y avoir beaucoup de français et françaises qui vont un Belgique pour la PMA, non ?

Les cookies nous permettent de vous offrir des publicités personnalisées et de recueillir des données statistiques. Si vous continuez à naviguer, nous considérons que vous acceptez notre politique de cookies.   Accepter