Pour Rebeca Reus (embryologiste), Dr. Rafael Collazos Robles (gynécologue) et Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).
Dernière actualisation: 27/08/2018

La préparation de l’endomètre joue un rôle essentiel dans les traitements de fécondation in vitro avec don d’ovocytes (FIV-DO) et les transferts d’embryons congelés (TEC). Il consiste à administrer des traitements hormonaux pour faciliter la nidation de l’embryon et ainsi, la grossesse.

Le traitement de préparation de l’endomètre consiste principalement à administrer de la progestérone et des oestrogènes, et en fonction du traitement, le spécialiste recommandera plutôt des patchs transdermiques, des médicaments par voie orale et des ovules vaginaux.

Pourquoi préparer l’endomètre?

L’endomètre est la muqueuse qui recouvre l’intérieur de l’utérus. Il est l’acteur principal de la nidation et permet aux embryons de pouvoir s’implanter pour obtenir une grossesse. Il s’agit d’une zone particulièrement vascularisée, car elle nécessite une grande irrigation pour mener à bien la grossesse.

L’épaisseur de l’endomètre varie au cours du cycle menstruel. Elle consiste en deux étapes de croissance selon la fonction:

Phase proliférative
elle commence au début du cycle jusqu’au 14e jour, lorsque l’ovulation se produit. L’action des œstrogènes augmente l’épaisseur de l’endomètre et le divise en deux couches, l’une plus interne et l’autre plus superficielle. Lors de cette phase, l’endomètre peut atteindre jusqu’à 10 mm.
Phase sécrétoire
cette seconde phase se produit du 15e jour jusqu’à la fin du cycle et elle dépend de la progestérone. Cette hormone augmente le nombre et la taille des glandes endométriales, qui sont chargées de synthétiser une substance qui facilite la nidation en cas de présence d’embryon.

Si la nidation ne s’est pas produite, l’endomètre se désintègre, on parle de desquamation de l’endomètre, sous forme de règles et le cycle recommence.

Ces étapes sont très contrôlées et la nidation peut uniquement se produire pendant certains jours du cycle menstruel. La période de réceptivité endométriale, aussi appelée fenêtre d’implantation, et se produit entre le 19e et le 21e jour du cycle.

Étant donné que la phase de réceptivité endométriale dure aussi peu, il est important que les traitements de PMA s’adaptent à ces jours précis du cycle menstruel, et les spécialistes réalisent le transfert embryonnaire lorsque l’endomètre est prêt pour la nidation.

En quoi consiste la préparation endométriale?

Lors d’un traitement de PMA, les médecins cherchent à reproduire la situation naturelle tout en optimisant les chances de tomber enceinte. Pour cela, la patiente doit prendre un traitement, en général de la progestérone par voie vaginale, pour préparer l’endomètre.

Cette étape est conseillée pour tous les traitements de PMA. Cependant, selon le type de traitement, il est conseillé de prendre un médicament ou un autre:

Insémination artificielle et cycles de FIV avec des ovocytes frais provenant de la patiente
le traitement conseillé est la progestérone pendant la seconde phase du cycle, après la ponction folliculaire ou l’insémination.
Don d’ovocytes, cycles avec ovocytes/embryons congelés et méthode ROPA
la préparation endométriale est un facteur déterminant pour le succès de ces traitements. La patiente doit prendre des œstrogènes dès les premiers jours du cycle menstruel et de la progestérone le jour de la fécondation ou équivalent s’il s’agit de gamètes congelés.

Si la receveuse présente une fonction ovarienne normale, il peut être nécessaire de prescrire un moyen de contraception oral ou des analogues de la GnRH (comme le Décapeptyl) pour freiner l’activité hormonale endogène et qu’elle ne gêne pas l’efficacité du traitement. Dans certains cas, la préparation endométriale artificielle ne sera pas nécessaire car le traitement peut être réalisé sur un cycle naturel, avec les hormones du cycle menstruel.

Comme nous l’avons expliqué plus haut, il existe plusieurs protocoles. Selon chaque cas, le gynécologue recommande une durée de traitement et un type de médicament pour chaque patiente.

La croissance de l’endomètre est évaluée par échographie (IRM) afin qu’elle soit adéquate au moment du transfert d’embryons. La progestérone continue d’être administrée jusqu’à la semaine 12-20 de grossesse.

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Taille de l’endomètre et grossesse

L’endomètre joue un rôle déterminant dans un traitement de PMA. La qualité embryonnaire et l’épaisseur de l’endomètre sont les deux facteurs principaux qui garantissent le succès.

Il existe de nombreuses recherches sur l’épaisseur endométriale idéale pour obtenir la nidation. En général, on considère qu’elle doit être d’entre 7 et 10 mm afin que les embryons puissent s’implanter. Les taux inférieurs à 6 mm laissent présager des échecs d’implantation car ils sont souvent trop fins.

On analyse également la structure observée par échographie, car un aspect trilaminaire (trois couches sur l’échographie) est favorable à la grossesse.

Cependant, un endomètre trilaminaire de 8 mm ne garantit pas la nidation des embryons. D’autre part, certaines patientes tombent enceintes avec une épaisseur de 6 mm. Chaque cas est différent et doit être évalué par un spécialiste.

Autres facteurs déterminants de la nidation

De nombreux éléments déterminent si la nidation sera de qualité ou non. Voici d’autres facteurs importants mis à part l’épaisseur et l’aspect de l’endomètre:

Qualité embryonnaire
la nidation est plus probable si les embryons sont de bonne qualité. Vous trouverez plus d’information sur ce lien: Qu’est-ce que la qualité embryonnaire?
Réceptivité endométriale
l’endomètre est uniquement réceptif lors de certains jours du cycle, aussi connu comme fenêtre d’implantation. Cette fenêtre peut être anticipée ou retardée ou peut ne pas correspondre aux caractéristiques qui sont observées à l’échographie. Le transfert sera réalisé au moment où l’endomètre n’est pas réceptif et par conséquent, les taux de réussite sont plus faibles.
Interaction embryon-endomètre et synchronisation
en plus des deux facteurs antérieurs, il est important qu’il y ait une bonne communication entre l’embryon et l’endomètre, qu’ils soient synchronisés que le jour du développement embryonnaire corresponde à la réceptivité endométriale.

Si, par exemple, un blastocyste (embryon de 5-6 jours de développement) de bonne qualité est transféré dans l’utérus avec un endomètre non-réceptif, la nidation ne se produira probablement pas.

Par conséquent, l’épaisseur et l’aspect de l’endomètre sont des facteurs à prendre en compte pour prédire le succès d’un traitement de fertilité, mais il est difficile de savoir avec exactitude si la nidation va avoir lieu car il s’agit d’un processus complexe qui implique plusieurs facteurs. Chaque cas doit être individualisé et le traitement adapté à chaque patiente.

Vos questions fréquentes

Lors de la préparation de l’endomètre, est-il mieux de suivre le cycle naturel ou le cycle contrôlé ?

Pour Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).

Lors de cycles de FIV avec des embryons congelés, les taux de grossesse par transfert embryonnaire sont similaires, qu’ils s’agisse de cycles naturels ou contrôlés (médicalement). Il n’est pas nécessaire de suivre un traitement pour un cycle naturel, ce qui permet de réduire le coût de celui-ci. Il est toutefois plus compliqué dans ce cas de fixer une date de transfert précise, contrairement à un cycle contrôlé.

Le nombre d’embryons transféré influe-t-il sur le traitement de préparation de l’endomètre ?

Pour Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).

L’endomètre peut être stimulé naturellement (avec la production naturelle d’oestradiol) ou artificiellement (par l’usage d’oestradiol en cachets ou patches). Dans ce second cas, l’état de l’endomètre est analysé régulièrement par des échographies, jusqu’à obtenir l’épaisseur souhaitée. Dans le cas où l’ovulation ne se produit pas, on administre aussi de la progestérone par voie vaginale ou sous-cutannée jusqu’à ce que l’endomètre soit prêt pour l’implantation embryonnaire. Si l’ovulation a lieu de forme naturelle, les ovaires produiront de la progestérone à cet effet. Que ce soit en cycle naturel ou artificiel, le nombre d’embryons qui será transféré ne change pas la marche à suivre.

Quelle est la taille optimale de l’endomètre pour que la grossesse soit obtenue ?

Pour Dr. Rafael Collazos Robles (gynécologue).

La taille optimale de l’endomètre est évaluée en mesurant l’épaisseur de l’endomètre, qui reste le paramètre le plus évalué. La méthode de diagnostic est l’échographie transvaginale.

L’endomètre optimal avant le transfert d’embryon est ce que l’on appelle le trilaminaire, la triple ligne ou le «grain de café», caractéristique de la phase folliculaire avancée. Elle est formée de deux lignes externes hyperéchogènes qui représentent l’union entre l’endomètre basal et le myomètre; deux bandes hypoéchogènes qui constituent la couche fonctionnelle de l’endomètre; et enfin une ligne centrale hyperéchogène, la lumière de la cavité.

La littérature suggère que la gamme normale de l’épaisseur de l’endomètre serait une limite inférieure de 6 mm et la limite supérieure de 20 mm. L’implantation est improbable en dehors de ces plages. Une épaisseur d’entre 7 et 9 mm au moment périovulatoire est considérée comme idéale sur le papier; cependant, avec des endomètres de 6 mm, on obtient des taux de réussite raisonnables.

Quelle est la taille idéale de l’endomètre pour une FIV ?

Pour Rebeca Reus (embryologiste).

Différentes études ont été réalisées pour déterminer l’épaisseur optimale de l’endomètre pour la nidation. Leurs conclusions ont montré que l’endomètre doit mesurer 7-10 mm d’épaisseur pour que les embryons puissent s’implanter. Un endomètre de moins de 6 mm n’est habituellement pas suffisant.

Comment faire grossir l’endomètre ?

Pour Rebeca Reus (embryologiste).

L’épaisseur de l’endomètre est cruciale pour permettre à l’embryon de s’implanter, aussi bien lors d’un traitement de PMA que lors d’une grossesse naturelle.

En ce qui concerne les traitements de fertilité, ces derniers peuvent intervenir lors du processus de fécondation grâce à l’injection intracytoplasmatique de spermatozoïdes (ICSI). Cependant, l’implantation embryonnaire devrait avoir lieu naturellement.

L’administration d’hormones comme la progestérone aide à améliorer les conditions utérines pour l’implantation de l’embryon, chez les patientes de PMA ou chez les patientes présentant des endomètres peu développés.

Vous trouverez plus d’informations sur ce lien: Comment épaissir l’endomètre?

Qu’est-ce qu’un endomètre atrophique ?

Pour Rebeca Reus (embryologiste).

Un endomètre atrophique correspond à un amincissement de la couche interne qui recouvre la cavité utérine (l’endomètre).

L’atrophie de l’endomètre peut apparaître lors d’une contraception progestative, une aménorrhée secondaire avec insuffisance œstrogénique ou après un curetage.

Quels sont les symptômes du traitement de la préparation de l’endomètre ?

Pour Rebeca Reus (embryologiste).

Dans certains cas, le traitement administré pour la préparation endométriale peut avoir des effets secondaires, même s’ils sont modérés ou légers. Parmi les plus courants on retrouve:

  • Ballonnements
  • Fatigue
  • Augmentation des pertes vaginales

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La préparation endométriale est un facteur déterminant pour faciliter la nidation des embryons dans l’endomètre. Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, nous vous recommandons de suivre ce lien: La nidation de l’embryon.

Afin d’augmenter les possibilités de nidation, en plus de préparer correctement l’endomètre, il est recommandé de réaliser le transfert embryonnaire lors du jour optimal. Vous trouverez plus d’information ici: Qu’est-ce que le transfert embryonnaire?

Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
Dr. Rafael Collazos Robles
Diplômé en médecine et chirurgie de l'Université de San Martin de Porres (Lima, Pérou). Docteur en médecine et chirurgie de l'Université de Salamanque. Master en reproduction humaine par l'IVI et l'Université Rey Juan Carlos de Madrid. Médecin assistant du service d'obstétrique et de gynécologie de l'hôpital San Rafael et spécialiste en gynécologie en médecine de la reproduction en fertilité à Madrid. Vice-président de SEGECI. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 282863485
Dr. Mark P. Trolice
Docteur en Médecine, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School de New Jersey (USA.). Professeur associé au Département de Gynécologie et Obstétrique de l'University of Central Florida College of Medicine. Directeur de la clinique Fertility Care: The IVF Center. Titre de Top Doctor in America. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre de Floride: ME 78893