Docteur / spécialiste: Andrea Rodrigo.
Dernière actualisation: 16/02/2017

La ponction ovarienne, également connue sous le nom de ponction folliculaire, fait partie des étapes essentielles de la fécondation in vitro (FIV). Il s’agit d’une intervention chirurgicale dont l’objectif est d’obtenir les ovocytes situés à l’intérieur des follicules de l’ovaire. Bien que simple et de courte durée, la procédure se réalise sous anesthésie afin d’éviter la douleur.

Étapes de la ponction folliculaire

Chaque mois, au cours du cycle menstruel naturel, un ovule sort de l’ovaire. C’est l’ovulation.

Au cours d’une FIV, la patiente reçoit un traitement hormonal de stimulation ovarienne pour favoriser la maturation du plus grand nombre d’ovules possible.

Pour pouvoir les féconder en laboratoire, il est indispensable de les prélever avant leur sortie spontanée de l’ovaire, ce qui les rendrait impossibles à localiser.

Par conséquent, la ponction folliculaire doit être pratiquée juste avant l’ovulation naturelle. Étant donné que l’objectif est de prélever les ovules en état d’instabilité méiotique (métaphase II), il est essentiel de programmer la ponction au moment adéquat.

C’est pour cela qu’au cours du traitement de stimulation hormonale, la croissance du follicule est contrôlée par échographie transvaginale (pour mesurer leur taille) et par des prises de sang (concentration de l’hormone œstradiol). La patiente devra se rendre à ces contrôles environ tous les deux jours.

On dit d’un follicule qu’il est mûr ou mature lorsqu’il renferme un ovocyte mûr. Son diamètre est alors supérieur à 16-18 mm. Lorsque les follicules ont atteint cette taille, la femme s’administre l’hormone hCG qui favorise la maturation finale des ovocytes et provoque l’ovulation dans les 36-48 heures après son administration.

Ainsi, la ponction est programmée quelques heures avant l’ovulation, c’est-à-dire entre 30 et 34 heures après que la patiente se soit injectée la hCG. C’est la manière de s’assurer que les ovocytes seront encore à l’intérieur des follicules au moment de l’intervention.

Dans l’ensemble, malgré les variations entre chaque centre de fertilité sur le protocole à suivre, les étapes de l’intervention les suivantes :

Hospitalisation de la patiente

La patiente entre en clinique le jour même, environ une heure avant l’intervention. Elle doit apporter les analyses préopératoires et le rapport de consultation pré-anesthésique que les spécialistes ont réalisé au préalable.

Il est important que la patiente vienne sereine et à jeun. Elle ne devra rien avoir mangé ou bu pendant au moins 6 heures avant l’opération. Elle pourra rentrer chez elle dans la journée car il s’agit d’une intervention simple et de courte durée (environ 30 minutes).

Anesthésie locale ou générale

La patiente entre au bloc opératoire par ses propres moyens et se place en position gynécologique. Cela fait, l’anesthésiste lui administre la sédation.

L’anesthésie peut être locale ou générale, selon le cas et les préférences personnelles. Elle sert à calmer la douleur et à faciliter le travail du gynécologue.

Déroulement de la ponction des ovocytes

Le gynécologue procède à la ponction écho-guidée (contrôlée par échographie) des follicules ovariens. Il ouvre le col de l’utérus à l’aide d’un spéculum et introduit la sonde endovaginale incorporée à l’aiguille d’aspiration à travers le vagin, en direction des ovaires. Le contenu des follicules est alors aspiré dans la seringue, permettant ainsi le prélèvement des ovocytes et de liquide folliculaire.

Ce liquide, dans lequel flottent les ovocytes, passe directement aux éprouvettes qui se maintiennent à une température de 37°C. Une fois au laboratoire, les embryologistes les analysent à la recherche d’ovocytes matures.

Les ovules viables seront fécondés afin d’obtenir des embryons susceptibles d’être transférés dans l’utérus maternel.

Repos après la ponction

Quand le gynécologue a terminé de ponctionner tous les follicules qu’il considère matures, on cesse d’administrer l’anesthésie et la patiente est dirigée vers une chambre ou en salle de réveil. Elle y restera quelques heures au repos, afin de se remettre des effets de l’anesthésie.

Après ce délai et la confirmation que tout est en ordre, la patiente peut rentrer chez elle. Elle sentira probablement une sensation de gêne liée à l’intervention, mais cela ne l’empêchera pas de reprendre sa routine dès le lendemain.

Possibles risques et effets secondaires

L’aspiration folliculaire est une chirurgie simple à réaliser sous anesthésie douce ou sédation intraveineuse. Par conséquent, les risques qui peuvent en découler sont faibles.

Il se peut que l’anesthésie soit à l’origine de malaises, étourdissements, baisses de tension artérielle ou vomissements. Cependant, ces effets secondaires restent exceptionnels.

Quant à l’intervention elle-même, le risque principal qui y est associé est la lésion des organes pelviens, qui peut à son tour être cause d’hémorragie et d’infection pelvienne.

Pour éviter de possibles complications, il est primordial que le gynécologue réalise une inspection échographique du pelvis afin d’exclure une accumulation de sang dans le cul-de-sac de Douglas.

Recommandations pour la ponction

Comme nous le mentionnions ci-dessus, il est indispensable d’être à jeun pour que l’intervention se déroule normalement, sans effets secondaires ni imprévus. Il ne faut ni manger ni boire dans les 6 heures précédant la ponction.

Il est déconseillé de se rendre seule à la clinique. En effet, en raison de la sédation, la femme peut souffrir d’une désorientation passagère.

La patiente peut quitter le centre peu de temps après avoir réalisé la ponction, en attendant un délai raisonnable d’une ou de quelques heures pour laisser passer les effets de l’anesthésie locale.

Des gênes ou de petits saignements vaginaux peuvent se produire suite à l’intervention. Il sera opportun de garder le repos le jour de l’intervention et de ne pas faire de gros efforts afin de donner à l’organisme le temps de récupérer tout à fait.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Quand pratique-t-on une ponction ovarienne ?

La ponction ovarienne vise à prélever les ovocytes des ovaires dans le cadre d’une FIV ou d’un don d’ovocytes. On peut aussi la pratiquer lorsqu’une femme souhaite préserver sa fertilité en congelant ses ovules pour leur future utilisation.

La ponction ovarienne est-elle douloureuse ?

Non, la ponction ovarienne est réalisée sous anesthésie, ce qui évite à la patiente de ressentir la douleur. Il est néanmoins possible qu’elle éprouve une gêne liée à l’augmentation de la taille des ovaires suite à la stimulation hormonale.

Est-ce normal de ressentir une douleur abdominale suite à une ponction des ovocytes ?

Oui, beaucoup de femmes ont mal au ventre et au niveau de la zone vaginale suite à l’intervention. En principe, la douleur est présente le jour même de la ponction, parfois le jours suivant, puis elle disparaît progressivement à mesure que les jours passent.

Est-il possible de réaliser une ponction folliculaire sans anesthésie ?

C’est techniquement possible, mais expose la patiente à une douleur inutile. De plus, en raison des souffrances de la patiente, le gynécologue serait probablement gêné pour réaliser le prélèvement : les résultats en seraient moins bons, les complications multipliées et le temps de l’intervention augmenté.

Faut-il mieux une anesthésie locale ou une anesthésie générale ?

Pour la grande majorité des femmes, une anesthésie locale suffit. Elle n’empêche pas d’éprouver une certaine douleur (une sensation de piqûre dans le bas-ventre au moment où l’aiguille traverse la paroi du vagin et ponctionne l’ovaire).

Pour les femmes qui ne supportent pas ce type de douleur, l’anesthésie générale est alors recommandée, mais la récupération est plus longue.

Le type d’anesthésie se décide au cours de la consultation pré-anesthésique.

Puis-je bénéficier d’un arrêt de travail en cas de ponction pour une FIV ?

Effectivement, la FIV étant un traitement de PMA, vous pouvez bénéficier d’un arrêt de travail pour le jour de l’intervention et le suivi. La durée va dépendre de la nature de l’intervention (anesthésie locale ou générale, présence de complications, suivi pratiqué par le centre).

Cela n’est cependant pas obligatoire. Si la ponction est réalisé le samedi, il est tout à fait possible de retourner travailler le lundi.

La ponction ovarienne se réalise-t-elle de la même façon pour une FIV que pour une ICSI ?

Oui. La fécondation in vitro conventionnelle et la FIV ICSI sont différentes uniquement en ce qui concerne la fécondation proprement dite, c’est-à-dire, la fusion entre l’ovule et le spermatozoïde. Le reste de la procédure est totalement identique.

La rédaction vous recommande

La ponction ovarienne est une étape indispensable de tout processus de FIV, qu’il s’agisse d’une FIV conventionnelle ou d’une ICSI. Vous ne connaissez pas la différence entre les deux ? Lisez nos articles Fécondation in vitro (FIV) et Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI).

Parfois, la fécondation in vitro est réalisée à partir des ovules d’une donneuse et non à partir des ovules de la patiente. Vous pouvez connaître les spécificités de la FIV-DO en vous rendant sur le lien suivant : FIV avec don d’ovocytes.

Dans ce cas, c’est la donneuse qui se soumet à la stimulation hormonale et à la ponction folliculaire. Vous voulez aider une femme à avoir un enfant en donnant vos propres ovules ? Lisez notre guide : Comment donner ses ovocytes ?

Auteurs et collaborateurs

Embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale.
Embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive. Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale.

2 commentaires

  1. usuario
    poupéespeed

    Salut, c’est la première fois que je commente sur le site.

    J’ai 32 ans, je passe par un traitement de stimulation pour la deuxième fois. La première, ma réponse a été très faible et je ne suis même pas arrivée à la ponction mais cette fois, ma gygy m’a augmenté les doses. Du coup, je fais la ponction demain. Je suis super stressée (anesthésie locale, j’ai peur d’avoir mal quand même…) mais j’ai vraiment envie de devenir maman.

    Bon courage à toutes celles qui passent par la même expérience. Bizzz

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour,

      La douleur sous anesthésie locale est en principe très supportable, et ne devrait pas dépasser une simple sensation de piqûre. Essayez d’arriver le plus sereine possible à la ponction.

      Bonne chance pour tout, et n’hésitez pas à nous raconter.