Par Rebeca Reus (embryologiste), Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue), Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue) et Dr. Miguel Dolz Arroyo (gynécologue).
Dernière actualisation: 27/08/2018

L’un des doutes les plus fréquents en procréation assistée (PMA) est le nombre de traitements à réaliser, car il est rare de réussir un traitement à la première tentative. Il est recommandé de procéder au cas par cas, et d’adapter le nombre de tentatives à la technique de PMA utilisée (insémination artificielle, fécondation in vitro (FIV, don d’ovocytes…).

Afin de déterminer quand il est recommandé d’abandonner ou de changer de stratégie, il faut prendre en compte les probabilités de succès de la grossesse, le stress, le prix… En cas de prise en charge par l’Assurance Maladie, il existe un nombre limité de tentatives et de traitements disponibles pour chaque patient.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Pourquoi limiter le nombre de tentatives?

Lors d’un traitement de PMA, le nombre de tentatives dépend de chaque couple et des techniques qu’ils emploieront pour obtenir la grossesse.

Malgré le fait qu’il n’y ait pas de limite légale dans le nombre de tentatives qui peuvent se faire, il existe une série de recommandations au moment de décider si continuer ou non à suivre des traitements ou changer de stratégie reproductive.

Ces recommandations sont basées sur le pourcentage de réussite accumulé lors de traitements réalisés et sur les particularités cliniques de chaque cas concret. La décision être prise en fonction de la probabilité de grossesse prévue qui existe pour un traitement concret.

Il est impératif d’évaluer les résultats obtenus lors des cycles antérieurs avant de décider si on continue le traitement.

Limiter le nombre de tentatives évite de réaliser des traitements inutiles pour les cas d’infertilité totale, car chaque traitement représente un poids émotionnel pour les patientes et comporte une série de risques, ainsi qu’un investissement économique important dans la majorité des cas.

Insémination artificielle

L’insémination artificielle consiste à déposer dans l’utérus une petite quantité de sperme qui a été traité au préalable. La capacitation spermatique est un processus qui permet de sélectionner les spermatozoïdes les plus mobiles. Ces derniers seront introduits dans le corps de la femme au moment de l’ovulation.

L’insémination artificielle peut être réalisée avec le sperme du conjoint ou d’un donneur. Les candidats à cette option sont:

  • Couples de lesbiennes
  • Femmes célibataires
  • Lorsque le sperme du conjoint n’est pas apte à être utilisé lors du traitement.

Cette technique est habituellement la première option pour les cas d’infertilité inexpliquée, pour les patientes avec des problèmes d’ovulation et pour les femmes qui n’ont pas de conjoint masculin. L’indication de l’insémination artificielle influe sur le nombre de cycles réalisés grâce à cette technique: la raison pour laquelle la patiente a recours à l’insémination sera la priorité.

En général, on considère que si après 4 inséminations artificielles la grossesse n’a pas été obtenue, les probabilités de succès ne s’amélioreront pas lors des inséminations suivantes. Par conséquent, il est recommandé d’opter pour un traitement plus invasif, comme la fécondation in vitro (FIV).

En cas d’insémination artificielle avec sperme de donneur, on considère que les taux de grossesse s’améliorent jusqu’au sixième cycle. C’est après ce traitement que l’on recommande de changer de stratégie.

Cependant, comme nous l’avons déjà commenté, chaque cas est différent, car le recours à 4-6 inséminations n’est pas fréquent.

Fécondation in vitro (FIV)

La fécondation in vitro est une technique reproductive par laquelle la fécondation, comme son nom l’indique, a lieu en laboratoire et non pas dans le corps de la femme, comme c’est le cas lors d’une grossesse naturelle ou insémination artificielle. Voici deux types de FIV:

  • FIV conventionnelle
  • Microinjection intracytoplasmatique de spermatozoïdes (ICSI)

Dans les deux cas, il s’agit de stimuler hormonalement la femme afin d’obtenir un plus grand nombre d’ovocytes matures.

Ils sont extraits des ovaires par ponction folliculaire et sont ensuite fécondés pour l’obtention d’embryons, qui seront mis en culture ultérieurement pour évaluer leur développement et transférer les meilleurs dans l’utérus de la mère.

À combien de FIV peut avoir accès une patiente?

Le Dr. Miguel Dolz nous dit qu’une patiente peut avoir accès habituellement à 3-4 cycles maximum. À partir de 3 cycles, si le couple n’a pas obtenu de grossesse après 3 traitements de fécondation in vitro, il faut commencer à penser qu’il existe un autre problème. Quelque chose qui affecterait les gamètes, ou l’utérus, si après 3 cycles, la patiente n’est pas tombée enceinte, le problème pourrait venir de l’un des gamètes ou bien des deux.

Car parfois la qualité embryonnaire n’est pas bonne et cela ne permet pas forcément de recommencer de nouveaux cycles. Il faut fixer une limite car, bien qu’il s’agisse de traitements déjà contrôlés, 3-4 cycles selon mon opinion devraient être le nombre adéquat.

Dans le cas de la FIV, le nombre de cycles maximum recommandés n’est pas déterminé, mais certaines études le limitent à trois. D’autres recommandent de faire jusqu’à quatre tentatives.

Il est important de savoir que lors de ces traitements, les tentatives sont comptabilisées selon le nombre de stimulations ovariennes réalisées. Par conséquent, si lors d’un traitement hormonal on obtient plusieurs ovocytes, on pourra procéder à plusieurs transferts d’embryons vitrifiés, ce qui augmentera les probabilités de grossesse.

Si après ce nombre de tentatives, la grossesse n’est pas obtenue, il est probable que le spécialiste vous oriente vers le don de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes), bien que le plus courant soit le don d’ovocytes.

L’espoir dans les cas d’infertilité

La majorité des couples qui commencent un traitement reproductif le débutent chargés d’espoir et d’illusion, et attendent parfois un peu trop du traitement. Il est donc difficile pour eux de pouvoir admettre un échec, et provoque souvent la frustration.

Le taux d’abandon des traitements de procréation assistée est très élevé. Après un ou plusieurs échecs, les patients abandonnent généralement: pratiquement 50 % des couples qui ont recours à des centres de fertilité désistent après une première tentative.

Dans certains cas, la raison principale de l’abandon est économique, mais pour la majorité, ce sont des circonstances comme le stress ou l’anxiété qui poussent ces couples à abandonner. L’épuisement émotionnel est également très élevé et certains patients ne supportent pas la pression. Pour cette raison, il est important de bien réfléchir avant de commencer un traitement, de savoir combien de tentatives le couple est prêt à réaliser et jusqu’où il pense aller dans le traitement.

La gestation pour autrui est le traitement de procréation médicalement assistée qui implique le plus de questions et de doutes pour un patient. La transparence est l’un de nos rigoureux critères pour le choix des cliniques et agences que nous recommandons. Vous pouvez utiliser Le Calculateur afin d’obtenir un rapport détaillé pour répondre à vos questions et ainsi éviter les mauvaises surprises.

Facteur économique et remboursement de la PMA

En France, la PMA (insémination artificielle ou FIV) est totalement prise en charge par l’Assurance Maladie. Voici les conditions de remboursement:

  • La femme doit être âgée de moins de 43 ans.
  • Le nombre maximum d’inséminations remboursées est de 6.
  • Les tentatives de FIV sont remboursées au maximum de 4 (tout transfert d’embryons congelés n’est pas considéré comme une nouvelle tentative).

Le compteur étant remis à zéro en cas d’accouchement.

Si les patients ne remplissent pas ces conditions, par exemple si la patiente a plus de 43 ans, qu’elle a dépassé le seuil de 6 inséminations ou de 4 FIV, elle pourra recourir à des cliniques à l’étranger.

Dans ces cas-là, le traitement ne sera pas pris en charge et le facteur économique sera à prendre en compte.

Le prix d’une insémination artificielle oscille entre 500 et 1.700€, tandis qu’une fécondation in vitro suppose un investissement d’au moins 3.000€.

Si le couple a recours au don de gamètes, le prix augmente considérablement, pouvant arriver parfois jusqu’à 9.000€.

De plus, si le couple a recours à des techniques complémentaires comme le diagnostic pré-implantatoire (DPI), le prix augmentera considérablement.

Si vous devez faire un traitement de fécondation in vitro pour devenir maman, nous vous recommandons d'utiliser "Le Calculateur". En 3 étapes simples, qui vous permettra de connaître les cliniques à l’étranger qui répondent à nos critères de qualité rigoureux. En outre, vous recevrez un rapport contenant des conseils utiles avant de réaliser des visites dans les cliniques.

Vos questions fréquentes

À partir de combien de tentatives d’IA recommande-t-on de passer par une FIV ?

Par Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue).

Pour les couples avec un bon pronostic, c’est-à-dire ceux de moins de 37 ans, avec un sperme normal, il est recommandé de faire 4 tentatives d’insémination avant de passer à la FIV.

Chez les femmes sans partenaire ou lors de cycles d’IAD, on peut effectuer jusqu’à 6 tentatives.

Il est important de souligner que tout dépend des antécédents cliniques de chaque patient.

Le maximum de tentatives conseillées change-t-til entre une FIV traditionnelle et une ICSI ?

Par Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue).

À moins d’un échec de fécondation lors d’une FIV, il est conseillé de prendre en compte tous les cycles effectués avec les deux techniques pour décider de passer à un autre traitement, tel que le don d’ovocytes par exemple. Et bien que chaque patiente soit différente, le nombre maximal de cycles recommandés reste de 3 ou 4 dans notre clinique.

Quels sont les risques des nombreuses tentatives de procréation assistée ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Comme toutes les techniques médicales, la PMA présente des risques. Tout d’abord le risque de grossesse multiple. Pour vous offrir le plus de chances d’avoir une grossesse sans augmenter les risques pour la santé de la mère et de l’enfant les spécialistes transfèrent en principe un maximum de 2 embryons.

Ensuite, le risque de grossesse extra-utérine (GEU) ou grossesse ectopique. La grossesse extra-utérine (GEU) se produit lorsque la grossesse s’implante en dehors de l’utérus. Ce type de grossesse concerne 1% à 5% des grossesses obtenues après FIV. Bien que les embryons soient replacés à l’intérieur de la cavité utérine, ils peuvent migrer postérieurement dans une trompe endommagée par des contractions utérines normales.

Vous risquez également un syndrome d’hyperstimulation ovarienne (HSO) en raison du traitement préalable à une insémination ou FIV.

Le risque de fausse-couche est légèrement augmenté (en raison de l`âge biologique élevé des femmes qui font une FIV par rapport aux autres femmes et également en raison du diagnostic de grossesse très précoce), et est de 15% à 25%.

Combien de tentatives d’insémination artificielle peut-on réaliser en France ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

L’Assurance maladie prend en charge 6 tentatives d’insémination artificielle, bien que légalement, il n’y ait aucun nombre limite. Cependant, les spécialistes considèrent qu’après le quatrième essai d’insémination infructueux, les probabilités de tomber enceinte avec cette technique sont faibles.

Combien de tentatives de FIV sont-elles nécessaires pour tomber enceinte ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Chaque cas présente des caractéristiques particulières et rend donc difficile de déterminer le nombre de FIV possibles. Il se peut qu’une patiente obtienne une grossesse lors de la première tentative et qu’une autre ait besoin d’avoir recours au don d’ovocytes pour pouvoir le faire.

La rédaction vous recommande

La procréation médicalement assistée (PMA) ou assistance médicale à la procréation (AMP) est l’ensemble des techniques utilisées dans le but d’obtenir une grossesse lorsque celle-ci ne se produit pas de manière naturelle à causes de problèmes de fertilité. Nous vous expliquons ici les techniques de PMA: Méthodes de PMA.

Après de nombreux échecs de PMA, il se peut que le spécialiste vous oriente vers des techniques comme le don d’ovocytes. Nous vous le définissons ici: Le don d’ovocytes.

Malgré les progrès de la science, il est parfois impossible d’obtenir une grossesse en raison de problèmes physiques, aussi bien du côté de la femme que de l’homme. Dans ces cas de stérilité, nous vous recommandons de recourir à une mère porteuse. Pour plus d’informations, c’est par ici: Avoir recours à la GPA.

En partageant cet article, vous nous aidez

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Bibliographie

Reproducción Asistida ORG. Video: ¿A cuántas FIV puede someterse un paciente?, par Dr. Miguel Dolz Arroyo, 16/06/2014. [Voir vidéo originale en espagnol].

Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
Dr. Óscar  Oviedo Moreno
Diplômé en Médecine et Chirurgie de l'Universidad de Caldas (Colombia) et spécialiste en Médecine Interne à la Pontificia Universidad Javeriana de Bogotá. Titre homologué en Espagne en 2003. Spécialité en Gynécologie et Obstétrique à l'Universidad Complutense de Madrid, avec formation à l'Hôpital Clínico Universitario San Carlos de Madrid. Expert en Médecine Reproductive et diplôme d'Echographie Obstétrico-Gynécologique (niveaux I, II y III). Plus d'informations
Affiliation à l’Ordre des Médecins: 282858310
Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba
Diplômée en médecine de l'Universidad del Valle en Colombie, avec une spécialité en obstétrique et gynécologie, et une maîtrise en reproduction humaine de l'Université de Valence et de l'IVI. Actuellement, elle est directrice médicale de la clinique de fertilité de Tahe. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 303007571
Dr. Miguel Dolz Arroyo
Diplômé de Médecine et Chirurgie de l'Universidad de Valencia en 1988 et Doctorat en Médecine en 1995 avec la spécialisation en Gynécologie et Obstétrique. Il est Expert en Médecine Reproductive avec plus de 20 ans d'expérience dans le domaine. Il est actuellement le directeur et fondateur de FIV Valencia. Plus d'informations
Affiliation à l'Ordre des Médecins: 464614458
Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.

5 commentaires

    1. NINI

      bonjour,
      que veut dire concrètement 4 ICSI de remboursé par la cpam ?
      a ce jour, on est au 100% sterilité, donc tout pris par secu, et dépassement honoraire par la mutuelle,
      au bout de la 5e, on part par secu à un taux normal ou à un taux de 0 ? la mutuelle aura tout à prendre en charge ?

      merci

    2. Ludovica52

      Pourriez donc me dire aujourd’hui si la sécu limite toujours le nombre de tentatives de fivs à 4 ? ou bien est ce que le plafond a été revu à la hausse voire supprimé ?

      Merci par avance pour vos réponses et bonne chance à toutes 🙂

      • Jessica Escudero

        Bonjour Ludovica,

        En France, la PMA (insémination artificielle ou FIV) est totalement prise en charge par l’Assurance Maladie. Voici les conditions de remboursement:

        -La femme doit être âgée de moins de 43 ans.
        -Le nombre maximum d’inséminations remboursées est de 6.
        -Les tentatives de FIV sont remboursées au maximum de 4 (tout transfert d’embryons congelés n’est pas considéré comme une nouvelle tentative).

        Il n’est pas prévu pour le moment que le plafond soit revu à la hausse.

        Bonne journée,

    3. KICHENIN

      Je suis âgée de 54 ans. Moi, j’ai des enfants mais mon conjoint non, est-ce possible pour nous d’être suivis dans l’une de vos cliniques ?

      Vous en remerciant

      • Isabelle Gutton

        Bonjour,

        Nous ne sommes pas une clinique, mais un magazine en ligne. Chacune de nos cliniques partenaires établit ses propres conditions, en fonction de sa politique interne et de la législation du pays où elle est située.

        Dans votre cas, il peut être intéressant de réaliser un diagnostic de fertilité près de chez vous, puis de choisir le pays et la clinique en fonction de ses prestations concernant le traitement dont vous aurez besoin.

        À titre indicatif, sachez que l’Espagne est une destination souvent privilégiée par les patients français pour sa proximité et la qualité de ses établissements. La législation espagnole ne marque pas de limite d’âge pour avoir accès à l’assistance médicale à la procréation. Cependant, les centres de fertilité refusent souvent spontanément les patientes de plus de 50 ans. Vous devrez prendre contact avec chaque clinique pour savoir si vous pouvez bénéficier d’un suivi.

        Vous trouverez la liste de nos cliniques partenaires en cliquant sur le lien suivant : Liste de cliniques.

        Bonne journée