Par Zaira Salvador (embryologiste) et Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).
Dernière actualisation: 01/10/2018

La sélection du sexe du futur bébé est une question controversée dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA).

De manière scientifique, il est possible de choisir le genre de son futur enfant grâce à des méthodes avancées pour les traitements de fertilité. Cependant, cela n’est pas un réel avantage pour obtenir une grossesse et c’est la raison pour laquelle en France, cette pratique n’est pas autorisée.

En effet, en France, le choix du sexe du bébé est uniquement permis dans le cas de maladies héréditaires liées au sexe. En revanche, dans d’autres pays comme les États-Unis, cette technique est utilisée quotidiennement pour l’équilibre familial.

Qu’est-ce que le choix du sexe?

Le développement du genre masculin ou féminin dans un embryon après la fécondation est déterminé par le matériel génétique du spermatozoïde apporté par le père. Les spermatozoïdes peuvent être porteurs du chromosome X ou du chromosome Y. Dans ce contexte, on peut rencontrer deux cas:

  • Spermatozoïdes avec chromosome X: la descendance sera une fille.
  • Spermatozoïdes avec chromosome Y: la descendance sera un garçon.

La sélection du sexe consiste à manipuler l’une des étapes initiales de la fécondation ou développement embryonnaire pour avoir un enfant de sexe masculin ou féminin, selon le souhait des parents.

Les étapes lors desquelles la procréation assistée peut intervenir sont les suivantes:

  • Étape pré-conceptuelle ou pré-embryonnaire: le spermatozoïde est choisi avant la fécondation.
  • Étape post-embryonnaire: l’embryon est sélectionné après fécondation pour le transférer dans l’utérus.
  • Étape post-conceptuelle: interruption volontaire de la grossesse si le bébé n’est pas du sexe souhaité.

Pour des raisons éthiques, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est pas une technique recommandée pour le choix du sexe du futur bébé. Cependant, la femme est libre d’avorter si elle le souhaite.

Techniques préembryonnaires

Comme nous l’avons déjà évoqué antérieurement, ces méthodes consistent à sélectionner les spermatozoïdes qui portent le chromosome X ou Y en fonction du sexe souhaité.

L’avantage de cette technique est qu’il n’est pas nécessaire de créer des embryons, qui ne seront pas utilisés par la suite. Cependant, elles ne sont pas réellement efficaces et sont de moins en moins utilisées dans les cliniques de fertilité.

Voici certaines des techniques disponibles:

MicroSort

Il s’agit d’une technique de haute technologie fondée sur le contenu du matériel génétique dans le spermatozoïde.

Le chromosome Y est beaucoup plus petit que le chromosome Y. Par conséquent, le spermatozoïde masculin a 2,8 % d’ADN en moins dans son intérieur que le spermatozoïde féminin.

L’appareil créé pour identifier cette différence et classer les spermatozoïdes est appelé cytomètre en flux et la technique est connue comme MicroSort.

Une fois séparés les spermatozoïdes porteurs du chromosome X et ceux du chromosome Y, ces derniers peuvent être introduits dans l’appareil reproductif féminin par insémination artificielle (IA) pour obtenir la grossesse.

Le taux de réussite de MicroSort est de 70-80 %. Cependant, ce procédé est encore à l’essai et n’a pas encore été approuvé par la FDA, l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux. La raison est l’usage d’un colorant pour séparer les spermatozoïdes qui pourrait affecter leur viabilité postérieure.

Méthode Ericsson

La base de cette technique est la rapidité de mobilité des spermatozoïdes.

En raison du contenu d’ADN des spermatozoïdes, les porteurs du chromosome Y seront plus légers et plus rapides que les porteurs du chromosome X, qui seront plus lents.

Après une modification du protocole de capacitation spermatique en laboratoire, il ets possible d’enrichir l’échantillon avec les spermatozoïdes du sexe souhaité et de les introduire directement dans l’utérus lors de l’IA.

Le taux de réussite de la méthode Ericsson est aux alentours de 70 %.

Méthode de Shettles

Elle consiste à programmer les rapports sexuels selon les jours spécifiques du cycle menstruel de la femme.

Les défenseurs de la méthode Shettles soutiennent la théorie que les spermatozoïdes porteurs du chromosome Y sont plus rapides et vient moins longtemps que les porteurs du chromosome X.

Par conséquent, pendant les jours proches de l’ovulation, il est plus probable d’avoir un garçon. En revanche, 4 ou 5 jours avant l’ovulation, la possibilité d’avoir une fille augmente car les spermatozoïdes porteurs du chromosome X survivent plus longtemps.

Pour savoir quand a lieu l’ovulation, on peut utiliser la méthode de mesure de la température corporelle.

Les spécialistes partisans de cette théorie soutiennent que sa fiabilité est de 75 %, tandis que d’autres spécialistes la mettent en doute.

Méthode Whelan

Elle consiste également à programmer les rapports sexuels en fonction de l’ovulation. Cependant, cette théorie contredit la théorie antérieure.

La méthode Whelan affirme que les changements biochimiques qui favorisent les spermatozoïdes porteurs du chromosome Y arrivent en premier lieu lors du cycle féminin. Ainsi, si l’on souhaite avoir un garçon, le coït devra avoir lieu entre 4 et 6 jours avant l’ovulation, et si l’on souhaite au contraire une fille, 2 ou 3 jours avant l’ovulation.

L’efficacité de cette méthode est questionnée tout comme dans le cas précédent, bien que certains affirment qu’elle est de 60 %.

Technique postembryonnaire: le DPI

Les sigles DPI correspondent au diagnostic préimplantatoire, une fois les embryons obtenus en laboratoire pendant un traitement de fécondation in vitro (FIV).

Si vous devez faire un traitement de fécondation in vitro pour devenir maman, nous vous recommandons d'utiliser "Le Calculateur". En 3 étapes simples, qui vous permettra de connaître les cliniques à l’étranger qui répondent à nos critères de qualité rigoureux. En outre, vous recevrez un rapport contenant des conseils utiles avant de réaliser des visites dans les cliniques.

L’objectif principal du DPI est de sélectionner un embryon génétiquement sain afin d’éviter une malformation génétique. De plus, comme cette technique permet d’analyser tous les chromosomes de l’embryon, il est possible d’observer l’existence du chromosome X ou Y et de connaître le sexe de chacun.

Après analyse génétique, les embryons choisis sont transférés dans l’utérus de la mère pour obtenir la grossesse.

L’efficacité de cette méthode est de 100 %. Pour éviter des maladies ou malformations génétiques, elle est également très efficace. Cependant, il est conseillé à toutes les futures mères de plus de 35 ans de réaliser une amniocenthèse pendant la grossesse pour exclure les malformations génétiques.

Vos questions fréquentes

La sélection du sexe du bébé est-elle permise aux Etats-Unis ?

Par Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).

Sélectionner le sexe du bébé est un acte légal aux Etats-Unis. Il est très facile à effectuer, grâce à une biopsie embryonnaire qui est suivie d’une sorte de “screening” cromosomique complet, connu sous le nom de “PGT-A” (diagnostic génétique pré-implantatoire d’aneuploïdie). Pour ce faire, on extrait plusieurs cellules de la couche externe de l’embryon. On vitrifie (congèle) ensuite les embryons pendant l’analyse laboratoire des cellules précédemment extraites. A ce stade, on peut examiner tous les chromosomes des embryons, ce qui permet aussi de déterminer le sexe de ces derniers, pour que les patients puissent obtener un embryon chromosomiquement normal et du sexe désiré.

Que deviennent les embryons surnuméraires après le DPI ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Si le DPI montre des troubles génétiques chez l’embryon, celui-ci est exclu du processus car il entraînerait une grossesse inviable ou un nouveau-né malade.

Dans le cas de la sélection du sexe, les embryons du sexe qui n’est pas désiré peuvent être donnés à un autre couple qui a besoin de la technique d’accueil d’embryons pour devenir parents ou les donner à la recherche.

Pourquoi le choix du sexe du bébé est interdit en France ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Cette méthode est interdite en Europe lorsqu’il n’y a pas de visée thérapeutique. C’est le cas quand on sélectionne des embryons par pure convenance (choix du sexe de l’enfant). En France, le DPI est strictement encadré par la loi bioéthique de 2011.

Il est réservé aux parents risquant de transmettre une maladie génétique grave à leur enfant. En pratique, on recueille les ovocytes de la future maman qui a subi un traitement hormonal. Puis on effectue une fécondation in vitro. Après quelques jours de culture, une cellule de chaque embryon ainsi obtenu est examinée. On sait alors si l’embryon est de sexe féminin ou de sexe masculin et surtout, s’il est sain.

Quelles maladies peut-on éviter avec la sélection du sexe ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

On peut éviter des maladies récessives liées au chromosome X comme: la distrophie musculaire de Duchenne, l’hémophilie, le daltonisme, le syndrome des os de verre, etc.

Il est également possible d’éviter des maladies liées au chromosome Y comme par exemple les microdélections qui provoquent l’azoospermie.

La rédaction vous recommande

Pour pouvoir sélectionner le sexe du futur bébé, il est nécessaire de se soumettre à un traitement de procréation assistée. Pour savoir en quoi consistent ces techniques plus en détail, vous pouvez consulter le lien suivant: Techniques de procréation assistée.

Le fait de ne pas permettre la sélection du sexe dans de nombreux pays, y compris la France, a poussé au développement du tourisme reproductif. Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, vous trouverez des informations ici: Le tourisme reproductif.

Un don d’ovocytes est un traitement de fertilité auquel les femmes peuvent avoir recours pour tomber enceintes quand elles se voient dans l’impossibilité d’utiliser leurs propres ovules. Il s’agit d’une fécondation in vitro (FIV) par laquelle ce sont les ovocytes provenant d’une donneuse qui sont fécondés à la place de ceux de la patiente.

Les embryons obtenus en laboratoire sont ensuite transférés à l’utérus de la receveuse. Pour tout savoir sur le don d’ovocytes, vous pouvez lire notre article: Le don d’ovocytes.

En partageant cet article, vous nous aidez

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Dr. Mark P. Trolice
Docteur en Médecine, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School de New Jersey (USA.). Professeur associé au Département de Gynécologie et Obstétrique de l'University of Central Florida College of Medicine. Directeur de la clinique Fertility Care: The IVF Center. Titre de Top Doctor in America. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre de Floride: ME 78893
Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.

3 commentaires

    1. LaFeeMorgane

      Bonjour !
      Je réside en Belgique et souhaite réaliser un DPI de confort, (3 garçons et 1 seule fille)
      Dans quelle clinique serait-il possible de recevoir ce traitement ?
      Je vous remercie.

    2. Eliane

      Bonjour, voilà j’ai déjà deux garçons et j’aimerais bien être sûre d’avoir une fille pour ma prochaine grossesse. Comment concevoir une fille? Ya -t-il des trucs et astuces?

      merci beaucoup!

      • Jessica Escudero

        Bonjour Eliane,

        Selon les cas et les spécialistes, il existe différentes théories sur les méthodes pour concevoir une fille ou un garçon. Depuis le type d’alimentation, en passant par les positions sexuelles, jusqu’aux douches vaginales.

        Il n’existe malheureusement aucune recette « miracle » pour choisir le sexe du bébé, à moins d’utiliser les techniques de procréation assistée (PMA). En France, le recours au diagnostic préimplantatoire est réservé à éviter des maladies génétiques ou héréditaires chez le bébé, qui seraient transmises par le sexe de l’enfant. Il est donc impossible d’avoir recours au DPI dit « de confort ».

        Les défenseurs de la méthode Shettles soutiennent la théorie que les spermatozoïdes porteurs du chromosome Y sont plus rapides et vient moins longtemps que les porteurs du chromosome X.
        Par conséquent, pendant les jours proches de l’ovulation, il est plus probable d’avoir un garçon. En revanche, 4 ou 5 jours avant l’ovulation, la possibilité d’avoir une fille augmente car les spermatozoïdes porteurs du chromosome X survivent plus longtemps.

        En revanche, la méthode Whelan affirme que les changements biochimiques qui favorisent les spermatozoïdes porteurs du chromosome Y arrivent en premier lieu lors du cycle féminin. Ainsi, si l’on souhaite avoir un garçon, le coït devra avoir lieu entre 4 et 6 jours avant l’ovulation, et si l’on souhaite au contraire une fille, 2 ou 3 jours avant l’ovulation.

        Bon courage, et bonne journée,