Par Neus Ferrando (embryologiste).
Dernière actualisation: 28/08/2014

Une nouvelle technique de sélection spermatique est capable d’éliminer les spermatozoïdes ayant des marqueurs apoptotiques. Cela permettra une amélioration dans les taux de réussite des techniques de procréation assistée pour les couples où le facteur masculin est significatif.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Qualité spermatique

La qualité séminale conditionne majoritairement la réussite des techniques de procréation assistée car elle affecte directement le développement précoce et retardé de l’embryon. Ce fait a été mis en avant dans de nombreuses études mais curieusement il a été très controversé durant un certain temps.

L’apparition de l’Injection intra-cytoplasmique dans les années 90 (ICSI), a révolutionné les techniques de procréation assistée et fait perdre au facteur masculin sa validité. On considère que n’importe quel spermatozoïde ou presque est capable de féconder un ovocyte à travers l’ICSI (Palermo y col., 1995). Des études ultérieures en biologie moléculaire permettent une étude plus exhaustive des perturbations du gamète masculin et met en avant son importance et impact sur les techniques de procréation assistée (Chemes y Rawe, 2003-2006).

Qualité des spermatozoïdes

Jusqu’à présent, la sélection des spermatozoïdes avant la micro-injection était réalisée en se basant sur les paramètres classiques de mobilité et de morphologie. Les techniques comme les gradients de densité ou le Swim-up permettent de sélectionner les spermatozoïdes en fonction de leur mobilité.

Cependant, il existe d’autres paramètres intéressants à prendre en compte et qui ont vu le jour grâce aux progrès en biologie moléculaire. Par exemple, la présence de spermatozoïdes apoptotiques, peut être essentiellement responsable d’un faible taux de fécondation et d’implantation (Boe-Hansen y col. 2006, Avendaño y col. 2008).

Spermatozoïdes apoptotiques dans l’éjaculation

Depuis que ce fait a été mis en évidence, de nombreuses tentatives thérapeutiques ont été réalisées pour combattre la présence de spermatozoïdes apoptotiques dans les échantillons de sperme.

Parmi eux, par exemple, il y a les antioxidants oraux (selon les études réalisées, ils n’ont pas amélioré de manière significative les résultats pour l’ICSI) ou la récupération des spermatozoïdes de biopsie testiculaire (dans ce cas ils ont effectivement obtenu une amélioration significative mais il s’agit d’une méthode relativement invasive).

Spermatozoïdes avec marqueurs apoptotiques

Les Colonnes d’Annexine ou MACS utilisent certains marqueurs apoptotiques dans les membranes des spermatozoïdes dans le but de les sélectionner et de les éliminer à partir de l’échantillon de sperme. De cette manière, une fraction libre de ces spermatozoïdes est obtenue. Il s’agit d’une méthode relativement innovatrice qui a démontré son efficacité dans de nombreuses études ainsi que sa sécurité chez les êtres humains.

Comment fonctionne les colonnes d’annexine?

La présence ou absence de certains marqueurs moléculaires dans la membrane représente un excellent indicateur pour leur santé et leur qualité. La phosphatidylsérine (PS), par exemple, est associée à des états apoptotiques. Sa présence dans la membrane externe du spermatozoïde est en corrélation avec un taux élevé d’apoptose. Par conséquent, il existe une relation directe entre PS et viabilité.

La technique se base sur l’utilisation de quelques particules colloïdales magnétiques d’environ 50 mm de diamètre (Microbeads) unies à l’Annexine V se joignant aux anticorps spécifiques de la phosphatidylsérine. Ainsi, les spermatozoïdes altérés présentant cette translocation dans la membrane s’uniront à ces microsphères. À travers l’utilisation d’un intense champ magnétique, les spermatozoïdes marqués seront retenus par leur union avec les microsphères dans la matrice d’une colonne, réalisant de cette façon la séparation physique des spermatozoïdes.

Fonctionnement des colonnes d'annexine V

Toutes les études réalisées jusqu’à présent démontrent que la technique est efficace concernant la réduction de la quantité de spermatozoïdes pré-apoptotiques et fragmentés. Le nombre de spermatozoïdes récupérés après l’usage des colonnes d’Annexine montre des niveaux normaux de fragmentation de l’ADN. De plus, son emploi dans des échantillons normaux, augmente le nombre de spermatozoïdes.

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Auteurs et collaborateurs

 Neus Ferrando
Embryologiste
Diplômée en Biologie à l'Université de Valencia (UV). Diplôme en Biotechnologie de la Procréation Humaine Assistée par l'Université Miguel Hernández de Elche (UHM). Expérience comme responsable de laboratoire d'Embryologie et Andrologie. Plus d'informations