Par Andrea Rodrigo (embryologiste), Dr. Elena Izquierdo Trechera (gynécologue) et Dr. Elena Martín Hidalgo (gynécologue).
Dernière actualisation: 27/08/2018

Le protocole d’une FIV conventionnelle et de la FIV-ICSI est le même, à l’exception d’une des étapes: l’union de l’ovule et du spermatozoïde.

Dans le cas de l’ICSI, l’insémination des ovules est réalisée lors de l’injection d’un spermatozoïde à l’intérieur de l’ovule par une micro-aiguille, de manière directe et beaucoup plus élaborée que pour la FIV.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Quelle sont les étapes d’une fécondation in vitro?

La fécondation in vitro consiste à fusionner les gamètes (ovules et spermatozoïdes) en laboratoire.

Pour pouvoir réaliser cette union et ainsi obtenir une grossesse, voici la liste des étapes:

Stimulation ovarienne contrôlée

Des hormones spécifiques sont administrées à la femme avec deux objectifs principaux. D’une part, réussir à ce que tous les ovules qui commencent leur développement lors de ce cycle arrivent à maturité, et d’autre part, contrôler le cycle ovarien et savoir quand les ovules sont matures et par conséquent quand aura lieu l’ovulation. Ainsi, le taux de réussite est augmenté.

Il existe plusieurs protocoles médicaux pour stimuler l’ovaire, bien que l’on utilise généralement les gonadotrophines et analogues de la GnRH. Le médecin décidera du traitement le plus approprié pour chaque patiente.

Pendant les 6-10 jours suivant la stimulation, la patiente devra régulièrement consulter le médecin afin qu’il contrôle l’évolution de l’ovaire et puisse programmer la ponction.

En quoi consiste une stimulation ovarienne?

Selon le Dr. Elena Martín, il s’agit du traitement préalable à l’application de toute technique de reproduction, insémination artificielle ou fécondation in vitro. Elle consiste à injecter généralement sous forme subcutanée, et parfois intra-musculaire. des hormones qui participent dans le processus de la reproduction, pendant environ 9-14 jours avant la réalisation d’une fécondation in vitro ou d’une insémination.

Ponction folliculaire ou ovarienne

L’étape suivante consiste à extraire les ovules par ponction folliculaire ou ovarienne. Il s’agit d’une intervention chirurgicale réalisée sous anesthésie où le gynécologue pique les follicules de l’ovaire (« sacs » qui contiennent les ovules) et aspire leur contenu. Par la suite, le liquide folliculaire sera analysé en laboratoire à la recherche des ovules.

Ce procédé dure environ 30 minutes.

Recueil et préparation du sperme

L’échantillon de sperme est généralement recueilli par masturbation. Quelques minutes après l’éjaculation, le sperme passe par un procédé appelé capacitation spermatique qui consiste à éliminer les spermatozoïdes de mauvais qualité et le plasma séminal. Ainsi, l’échantillon est concentré en spermatozoïdes à mobilité progressive.

S’il est impossible d’obtenir les spermatozoïdes par masturbation, le médecin peut les prélever directement dans les testicules par biopsie testiculaire ou aspiration d’épididyme. Ce type d’échantillons exige de passer par une ICSI en raison de la faible quantité et mauvaise qualité des spermatozoïdes.

Fécondation ou fusion des gamètes

Elle correspond au moment où l’ovule et le spermatozoïde fusionnent pour combiner l’apport génétique des deux parents et donner vie à un nouvel être.

Lors d’une FIV conventionnelle, l’embryologiste place simplement sur une plaque de culture les ovules et les spermatozoïdes, dans l’attente qu’ils soient capables de pénétrer dans l’ovule.

En revanche, lorsqu’il s’agit d’une ICSI, il dépose directement le spermatozoïde à l’intérieur de l’ovule. Vous pourrez trouver plus d’informations sur ce lien: Quelles sont les différences entre FIV conventionnelle et ICSI?

Évaluer la fécondation

16-20 heures après la fécondation, l’embryologiste vérifie si l’ovule a été correctement fécondé ou si au contraire il y a eu une erreur qui aurait empêché la fusion. Pour cela, il analyse la présence de deux corpuscules polaires (CP) et des deux pro nucleus (PN), qui vont fusionner pour donner lieu au zygote (embryon d’une cellule). Nous pouvons l’observer sur cette image.

Culture des embryons

Les zygotes sont laissés en culture pour continuer leur évolution. De cette manière, ils évolueront du stade d’embryon au stade de blastocyste. Vous pouvez observer les différences entre chaque stade sur l’image antérieure.

Ils sont déposés dans un incubateur spécifique qui maintient les conditions de température et de gaz idéals pour la croissance embryonnaire jusqu’au moment du transfert. Pendant le temps où ils se trouvent dans l’incubateur, ils seront surveillés en permanence et leur qualité sera déterminée.

Vous souhaitez en savoir plus sur la qualité des embryons? Nous vous expliquons tout sur ce lien: La qualité embryonnaire pour une FIV.

Préparation de l’endomètre

La patiente reçoit un traitement hormonal différent de celui de la stimulation ovarienne pour faire en sorte que son endomètre soit réceptif, et qu’il soit ainsi capable d’interagir avec l’embryon pour qu’il s’implante et puisse commencer la grossesse.

L’endomètre doit présenter un aspect trilaminaire et une épaisseur d’entre 7 et 10 mm environ pour favoriser l’implantation embryonnaire.

Les œstrogènes et la progestérone sont les traitements les plus fréquents, soit par voie vaginale, soit par voie orale ou patchs. Si la FIV est réalisée à partir d’embryons frais, les médecins prescrivent souvent uniquement de la progestérone pour accompagner la phase lutéale naturelle.

Transfert d’embryons

En fonction de la qualité des embryons, on sélectionne celui qui présente le potentiel d’implantation le plus élevé. On le transfère dans l’utérus de la future mère grâce à une canule spécifique, en attente de son implantation dans l’endomètre utérin et donc, de la grossesse.

Le transfert est indolore et de courte durée. Il est réalisé par un gynécologue en consultation ou en bloc chirurgical si une anesthésie est nécessaire.

Vous trouverez plus d’informations sur ce lien: En quoi consiste le transfert embryonnaire?

Congélation ou vitrification des embryons

La loi française autorise le transfert de trois embryons maximum, bien qu’aujourd’hui les médecins préfèrent en transférer un ou deux afin d’éviter les grossesses multiples. Les embryons surnuméraires de bonne qualité qui ne sont pas transférés sont cryoconservés par un processus de vitrification embryonnaire.

Test de grossesse

Entre 10 et 15 jours après le transfert, la femme peut effectuer un test de grossesse qui détecte l’hormone bêta hCG afin de vérifier si la FIV a été réalisée avec succès et que l’objectif est atteint: la grossesse.

Le test de grossesse peut être réalisé en urine ou par prise de sang. Leur fonctionnement est similaire, ils détectent tous deux l’hormone bêta hCG, aussi appelée hormone de grossesse. La période entre le transfert et le test de grossesse est souvent difficile à vivre pour la patiente au niveau psychologique.

Remboursement

En France, les techniques de PMA sont prises en charge à 100 %.

Jusqu’à 4 tentatives de FIV avec ou sans micro-manipulations peuvent être remboursées par la sécurité sociale. La femme doit avoir moins de 43 ans.

Voici tous les examens couverts par la CPAM:

  • Les contrôles de la stimulation (bilans hormonaux, échographies, etc.)
  • Les traitements de stimulation (progestérone, etc)
  • L’anesthésie
  • La préparation du sperme
  • La ponction ovarienne
  • La fécondation dans le laboratoire
  • Les actes de laboratoire utiles à la croissance des embryons
  • Le transfert des embryons
  • La congélation des embryons sur-numéraires

Une FIV supplémentaire peut être prise en charge dans des cas exceptionnels à condition d’avoir une entente préalable. Il faut déposer une demande d’entente préalable globale avant le début du traitement et mentionner la technique utilisée.

Il est nécessaire d’obtenir l’accord de la caisse d’assurance maladie avant chaque tentative de fécondation in vitro.

Les FIV (ou ICSI) non suivies de transfert d’embryons n’entrent pas dans le calcul des FIV donnant lieu à une prise en charge. Les transferts ultérieurs d’embryons en surnombre congelés ayant été obtenus après ponction pour FIV (ou pour ICSI) n’entrent pas dans la comptabilisation des tentatives.

Une FIV (ou une ICSI) qui conduit à une grossesse se terminant par une fausse couche ou se terminant par une grossesse extra utérine compte comme une tentative.

Une FIV (ou une ICSI) qui conduit à une grossesse se terminant par la naissance d’un enfant ouvre doit à une prise en charge d’une FIV supplémentaire pour une grossesse ultérieure, dans les mêmes conditions.

Les critères d’une tentative de FIV sont la ponction de follicules et le transfert d’embryons, indépendamment du nombre de transferts effectués à partir d’une ponction.

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Protocole court et protocole long

Selon chaque patiente, le médecin devra décider quel protocole suivre et la dose de traitement à administrer, en fonction des résultats de son bilan hormonal, son âge, sa réponse ovarienne lors des cycles précédents, etc.

Protocole court
il débute normalement le troisième jour de la menstruation (troisième jour du cycle) avec des injections de gonadotrophines, soit FSH seule ou combinée avec de la LH, jusqu’à la maturation des follicules. À partir du jour 8, 5 jours après avoir commencé l’administration de gonadotrophines, l’antagoniste est administré pour éviter le pic de LH qui entraînerait l’ovulation. Lorsque les follicules sont matures, on administre l’hormone hCG pour provoquer l’ovulation 36 heures après.
Protocole long
lors du cycle menstruel antérieur, aux alentours du jour 21 du cycle, on commence l’administration d’un antagoniste de la GnRH jusqu’à l’arrivée des règles 10-14 jours plus tard. Ainsi, l’ovulation spontanée est évitée. On administre ensuite des gonadotrophines, soit seulement FSH ou combinée à la LH, jusqu’à observation d’une taille folliculaire et de niveaux d’oestradiol adéquats indicateurs de maturité. Une fois que les follicules sont matures, on administre l’hormone hCG pour provoquer la maturation finale et l’ovulation 36 heures après.

Dans les deux cas, la ponction folliculaire pour recueillir les ovocytes aura lieu avant l’ovulation.

Lors d’un protocole court de stimulation, la durée est d’environ 15-17 jours, tandis que lors d’un protocole long, il faut ajouter 10-15 jours de préparation préalable.

Vos questions fréquentes

Les foetus provenant de FIV ou ICSI se développent-ils à la même vitesse que ceux qui ont été conçus naturellement ?

Par Dr. Elena Izquierdo Trechera (gynécologue).

La vitesse de développement du fœtus est indépendante du fait que ce soit une grossesse réalisée naturellement ou une technique de reproduction assistée. Un autre concept différent serait la croissance fœtale par rapport aux semaines de gestation qui peut être influencée par de multiples facteurs et a observé une incidence plus élevée de retard de croissance intra-utérin pour les grossesses secondaires aux techniques de fertilité liées aux grossesses spontanées.

Comment faire une injection lors d’une FIV ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

La majorité des traitements utilisés en PMA pour stimuler les ovaires sont administrés par voie sous-cutanée dans la zone abdominale. La pratique est simple et le personnel de clinique vous montrera comment faire.

À partir du troisième jour du cycle menstruel, la femme commence son traitement et réaliser une injection par jour qui doit être pratiquée à la même heure tous les jours. Elles sont pratiquées jusqu’à ce que le médecin décide de les arrêter et peuvent durer entre 6 et 13 jours.

Que faire après un échec de FIV ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Après un échec de FIV, il est important que la patiente ne se décourage pas. La dimension psychologique est très importante. Si cette tentative n’a pas été fructueuse, cela ne veut pas dire que la prochaine ne fonctionnera pas.

Une fois les règles survenues, il est recommandé de consulter les meilleures options avec son spécialiste. Il décidera si la patiente doit se reposer pendant un ou plusieurs cycles, ou retenter tout de suite une autre FIV.

Comment faire pour qu’une FIV marche ?

Par Andrea Rodrigo (embryologiste).

Après une FIV, lorsqu’elle rentre chez elle, il n’est pas nécessaire que la patiente prenne des congés pour se reposer, tout comme il n’est pas nécessaire qu’elle limite ses activités quotidiennes. Il est toutefois recommandé d’éviter les efforts physiques intenses, mais on peut aller au gymnase, se promener, faire les courses, réaliser des activités quotidiennes.

Rester 20 jours au repos peut être compliqué, surtout pour les femmes les plus actives. C’est d’ailleurs contre-productif parce que cela augmente le stress et l’anxiété, de sorte qu’on est obsédé par le résultat de la FIV et par le test de grossesse.

Il n’existe aucun conseil particulier après une FIV si ce n’est de surveiller des symptômes anormaux comme un saignement abondant ou des douleurs intenses.

La rédaction vous recommande

La fécondation in vitro est une technique de procréation assistée qui consiste à extraire les ovules par ponction folliculaire, pour ensuite les féconder en laboratoire avec les spermatozoïdes de l’homme.

Vous trouverez toutes les informations sur ce lien: La fécondation in vitro.

La faible réponse à la stimulation ovarienne est un problème que rencontrent de 7 à 24 % des patientes qui se soumettent à des traitements de fécondation in vitro. nous vous expliquons en quoi elle consiste ici: Qu’est-ce que la faible réponse ovarienne?

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Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. Plus d'informations
Dr. Elena Izquierdo Trechera
Diplômée en médecine de l'Université Complutense de Madrid, spécialisée en obstétrique et gynécologie, et en reproduction humaine de l'Université Rey Juan Carlos et de l'IVI. Actuellement, elle est directrice médicale de la clinique de fertilité Velazquez. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 282866949
Dr. Elena Martín Hidalgo
Diplômée en Médecine et Chirurgie par l'Universidad de Salamanca, spécialisée en Gynécologie et Obstétrique à l'Hôpital Virgen de la Salud de Toledo. Spécialiste en Médecine Reproductive avec plus de 20 ans d'expérience. Elle est enseignante collaboratrice de la Société Espagnole de Fertilité (SEF) et s'occupe de la formation pratique des élèves du Master en Procréation Médicalement Assistée et directrice médicale de Reprofiv. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 28454504653
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3 commentaires

    1. Estelle

      Bonjour, j’ai 43 ans et j’ai commencé le traitement de FIV en juin, mais juste avant de faire le transfert, on me l’a annulé car j’ai eu un myome qui faisait une bosse sur mon endomètre. Ils me l’ont analysé et ont décidé que c’était trop compliqué de l’extraire. J’ai passé l’été et décidé de retarder le transfert pour septembre mais en deux mois j’ai eu un autre myome. On m’a donc prescrit un traitement pour réduire ces myomes mais je ne sais pas si ce sera pire avec le traitement… On m’a dit d’attendre trois mois et c’est très long… J’ai peur d’attendre pour rien. Je ne veux pas le raconter dans ma famille, mon seul allié c’est mon mari. Je perds du temps, et l’horloge tourne… je suis stressée. Qu’en pensez-vous?

      • Jessica Escudero

        Bonjour Estelle,

        Avant tout, ne vous culpabilisez pas pour quelque chose qui n’est pas de votre ressort. Vous ne pouvez pas contrôler l’apparition des myomes. En suivant le traitement qui vous a été prescrit, votre médecin pourra évaluer votre réponse et si le myome est réduit, voir s’il a disparu.

        L’avantage est que lorsque vous serez prête à commencer un autre cycle de FIV, vous n’aurez pas à passer par la stimulation ovarienne car vous avez déjà des embryons vitrifiés.

        Si vous avez besoin d’en parler à un professionnel, il existe des psychologues spécialisés dans la PMA et le soutien psychologique des patientes. Il ne vous reste qu’à attendre pour savoir comment vous réagissez au traitement.

        Bon courage,