Docteur / spécialiste: Dra. Silvia Jiménez Bravo et Sara Salgado.
Dernière actualisation: 27/08/2018

L’implantation embryonnaire est un processus par lequel l’embryon s’accroche à l’endomètre indispensable pour qu’une grossesse se produise. Commence alors la formation du placenta pour permettre la nutrition et la protection du futur bébé pendant la gestation.

Taux de réussite après un transfert

Comprendre pourquoi certains embryons s’implantent et d’autres non constitue un des défis à vaincre dans le milieu de la médecine reproductive. La connaissance intime des aspects physiologiques de ce processus est importante pour concevoir les stratégies qui permettent d’augmenter les possibilités de grossesse.

Seul un tiers des cycles considérés fertiles finissent en grossesse. La cause de ce faible taux de réussite est dû aux divers facteurs comme un milieu utérin inapproprié, puisqu’il doit y avoir un milieu hormonal propice (œstradiol et progestérone), une mauvaise qualité embryonnaire, une faible réceptivité de l’endomètre maternel et un dialogue défectueux entre les deux (embryon-endomètre).

Le taux de gestation clinique par cycle menstruel en couples considérés fertiles qui entretiennent des rapports régulièrement et sans protection est de 25-30%.

Ce taux est relativement faible en comparaison à d’autres espèces animales, bien qu’il soit cumulatif, c’est-à-dire qu’il augmente mois par mois atteignant 80 % après 10 mois. Cependant, il diminue avec l’augmentation de l’âge de la femme.

Il y a des années, le traitement de l’implantation était limité à l’utilisation de protocoles de support de la phase lutéale moyennant l’administration de progestérone et hCG (gonadotrophine chorionique humaine).

Actuellement, diverses études basiques et cliniques sur ce sujet ont permis de connaître le rôle que jouent dans l’implantation les différentes populations cellulaires de l’utérus et le rôle de quelques molécules comme les cytokines, les intégrines, les molécules d’adhésion et les facteurs de croissance.

Les étapes de la nidation de l’embryon

Il est évident que les cytokines et les facteurs de croissance jouent un rôle important comme médiateurs locaux des actions des hormones stéroïdes sur l’endomètre, avec pour objectif de le préparer pour l’implantation.

On croit que les signes originaires de l’embryon préimplantatoire pourraient induire la production de cytokines par l’endomètre qui, à son tour et en se liant à des récepteurs spécifiques de membrane, activeront l’expression de molécules d’adhésion comme les intégrines, chargées d’intervenir dans l’adhésion du blastocyste à l’endomètre.

Biologiquement, il s’agit d’un processus complexe où un embryon au stade de blastocyste se fixe à l’endomètre réceptif de la mère. Il doit exister une synchronisation totale entre l’embryon et l’endomètre. Par conséquent, pour que la nidation se produise les étapes suivantes sont nécessaires:

  • La fécondation de l’ovule par le spermatozoïde
  • Le développement correct de l’embryon au blastocyste
  • Le parcours de l’embryon jusqu’à l’utérus
  • La réceptivité de l’endomètre
  • L’interaction des molécules produites par l’embryon et l’endomètre

Quand a lieu la nidation après le transfert?

L’implantation a lieu au tiers central de la surface postérieure de l’utérus et se passe pendant une période de temps où ce dialogue entre l’embryon et la mère est possible.

Ce moment s’appelle fenêtre d’implantation et va du 20e jour du cycle au 24e (autour du jour 6-7 après la fécondation).

La fenêtre d’implantation est le moment où l’endomètre réceptif permet l’adhésion du blastocyste.

Ce changement d’endomètre non réceptif à réceptif arrive seulement s’il y a un milieu hormonal adéquat et si le blastocyste exprime les molécules correctes pour induire ce changement (sélectines, cytokines, etc.)

Comment s’implante un embryon?

La période nidation compte trois phases:

Phase de pré contact
les jours 5-8 du développement embryonnaire, le blastocyste se positionne sur le tissu endométrial. Il reste immobile et s’oriente vers le pôle embryonnaire jusqu’à l’endomètre pour permettre la formation du futur placenta.
Phase d’apposition
le blastocyste cherche un lieu d’implantation, un lieu pour s’accrocher en orientant sa masse cellulaire interne sur le pôle dans lequel le trophectoderme va s’adhérer à l’épithélium de l’endomètre. Ici les pinopodes (projections cytoplasmiques des cellules épithéliales de l’endomètre) jouent un rôle important, puisqu’elles aident le blastocyste à entrer en contact avec l’épithélium de l’endomètre. Il est vérifié que ces pinopodes sont des marqueurs morphologiques clairs de la réceptivité endométriale et ils apparaissent seulement pendant la fenêtre d’implantation, disparaissant autour du 24ème jour du cycle.
Phase d’adhésion
le blastocyste s’adhère à l’épithélium de l’endomètre, il y reste collé. Ceci ce passe de 6 à 7 jours après la fécondation, la blastocyste ayant déjà un diamètre de 300 – 400 µm.
Phase d’invasion
le blastocyste (plus précisément le trophoblaste embryonnaire) envahit le stroma de l’endomètre, rompt la membrane basale et pénètre dans les vaisseaux sanguins maternels. Les cellules trophoblastes se déplacent, se dissocient et se substituent aux cellules épithéliales, continuant à envahir la membrane basale et le stroma sous-jacent.

Au cours de ce processus, les cytokynes jouent un rôle plus important, et plus concrètement les chimokines ou chémokines. Les facteurs de croissance et les molécules d’adhésion comme les intégrines permettent également d’établir un contact entre embryon et endomètre et enfin, l’invasion du tissu endométrial.

Bien que d’un coup d’oeil, il puisse paraître simple qu’un blastocyste s’implante dans l’endomètre maternel, ce processus requiert une connaissance complexe encore incomplète.

Lors de la fécondation in vitro, l’implantation est un des moments les plus délicats et décisifs pour obtenir la grossesse et du fait que l’on ne peut le contrôler à l’extérieur, il dépend des circonstances qui entourent la patiente comme la qualité embryonnaire, la réceptivité de l’endomètre, le moment du transfert et une synchronisation entre tous ces facteurs.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Quelle est la différence entre fécondation et implantation?

La fécondation est l’union entre l’ovule et le spermatozoïde pour créer un nouvel être vivant: l’embryon, qui va se développer au cours de la grossesse. En revanche, l’implantation est le processus par lequel l’embryon entre dans l’endomètre (couche qui tapisse l’utérus) pour pouvoir former le placenta et ainsi pouvoir se nourrir et grandir pendant la grossesse.

L’implantation est-elle douloureuse?

La nidation peut produire de légères douleurs comme celles des règles mais elle n’est pas intense. En général, la femme ne ressent aucun symptôme particulier et ne se rend pas compte que l’implantation s’est produite jusqu’à ce qu’elle réalise un test de grossesse.

L’embryon peut-il mal s’implanter?

Oui, il est possible que l’embryon s’implante hors de l’utérus. C’est ce qu’on appelle une grossesse ectopique ou grossesse extra-utérine et elle se produit souvent dans les trompes de Fallope.

Il arrive parfois que l’embryon s’implante correctement dans l’endomètre mais ne peut pas continuer son développement, c’est ce qu’on appelle une grossesse non-évolutive.

La grossesse biochimique, par exemple, où se forme le sac gestationnel, ne contient pas de foetus. Lors de ce type de grossesse, la femme enceinte fait souvent une fausse couche naturelle, en général très tôt.

Comment savoir si l’embryon s’est implanté?

Pour savoir si la nidation s’est produite, il est nécessaire de réaliser un test de grossesse. Vous devrez attendre 15 jours après l’ovulation ou bien attendre d’avoir un retard de règles pour que le résultat soit fiable.

La femme peut également présenter des symptômes de grossesse comme un saignement lors de nidation.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur ce lien: Symptômes d’implantation.

Peut-on favoriser la nidation naturellement?

Il existe une série de recommandations qui peuvent aider à améliorer les possibilités de nidation. Rester positive, réduire le stress, avoir une alimentation équilibrée, réaliser une activité physique modérée et éviter les substances nocives tels que l’alcool, le tabac et la caféine peuvent ainsi favoriser la nidation.

L’aspect psychologique est très important lors d’un transfert embryonnaire.

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Auteurs et collaborateurs

Embryologiste et Directrice de laboratoire de Procréation Médicalement Assistée à Reprofiv
Diplôme et Doctorat en Biologie de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Certification en Embryologie Clinique par l'Association pour l'Etude de la Biologie de la Reproduction (ASEBIR). Directrice de laboratoire d'embryologie à Reprofiv.
Embryologiste et Directrice de laboratoire de Procréation Médicalement Assistée à Reprofiv. Diplôme et Doctorat en Biologie de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Certification en Embryologie Clinique par l'Association pour l'Etude de la Biologie de la Reproduction (ASEBIR). Directrice de laboratoire d'embryologie à Reprofiv.
Embryologiste spécialisée en Médecine de la Reproduction
Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV).
Embryologiste spécialisée en Médecine de la Reproduction. Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV).

2 commentaires

  1. usuario
    Rébeca

    bonjour, j’ai réalisé une première FIV avec mes propres ovocytes et spermatozoïdes de mon mari, j’ai déjà deux filles de 20 et 17 ans et nous cherchons à être de nouveau parents. Le lendemain de mon transfert, j’ai commencé à saigner marron foncé, j’ai eu un peu mal et mon test est négatif. Est-ce normal de saigner? merci

    • avatar
      Almudena Larranaga Gomez-AceboConseillère en fertilité

      Bonjour Rébeca,

      Effectivement, un saignement est l’un des symptômes éventuels que la patiente peut observer après un transfert embryonnaire. Il n’est pas nécessairement mauvais signe, mais je vous recommande tout de même d’attendre votre prise de sang en laboratoire pour vérifier si vous êtes enceinte. Elle est toujours plus fiable qu’un test à la maison.

      Bon courage,