Par Zaira Salvador (embryologiste), Dr. Mark P. Trolice (gynécologue) et Dr. Silvia Macías Arce (gynécologue).
Dernière actualisation: 01/10/2018

Si les techniques de procréation assistée (PMA) étaient une pyramide, le don d’ovocytes (ou ovodonation) serait en dernière position. En effet, c’est la dernière technique à laquelle on a recours pour obtenir une grossesse, lorsqu’on a déjà exclu les gamètes du couple. Après de nombreux échecs de traitement de fécondation in vitro (FIV) avec ses propres ovocytes, la femme se tourne vers cette technique.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Quand recourir au don d’ovocytes?

Parmi les raisons qui incitent une femme à réaliser un traitement de don d’ovocytes, voici les principales:

  • Ovocytes qui présentent une malformation génétique suceptible d’être transmise au bébé.
  • Échecs à répétition de traitements de fertilité avec ses propres ovocytes.
  • Mauvaise qualité ovocytaire.
  • Perte de la fonction ovarienne due à un traitement oncologique.
  • Défaillance ovarienne précoce.
  • Absence d’ovaires.

Certaines de ces situations ont une cause commune, et c’est la raison pour laquelle tant de femmes ont aujourd’hui recours au don d’ovocytes: l’âge.

Le retard de la maternité au cours de ces dernières années a augmenté les traitements de procréation assistée et le don d’ovocytes. À partir de 38 ans, la probabilité de recourir à des ovules de donneuse augmente.

Quand est-il nécessaire d’avoir recours au don d’ovocytes?

Selon le Dr. Silvia Macías, plusieurs situations poussent une patiente à y avoir recours. L’ovocyte, la cellule responsable de la fécondation avec le spermatozoïde, est produit par les ovaires. Ces derniers peuvent parfois présenter des défaillances.

Chez les femmes avec ménopause précoce par exemple, dont les ovaires ne fonctionennt plus et par conséquent ne produisent plus d’ovocytes; lors de chirurgies agressives où le tissu ovarien est endommagé; chez les femmes qui ont des antécédents de cancer du sein, le plus fréquent chez les femmes jeunes. Ainsi, on peu trouver des femmes de 35 ans ou moins qui ont subi un traitement agressif comme une chimiothérapie, et dont les ovaires ne fonctionnent plus correctement.

D’autres femmes naissent sans ovaires. Ces situations-là impliquent que ces femmes aient besoin d’avoir recours à un don d’ovocytes. La majorité des cas sont des femmes d’une quarantaine d’années ou plus qui sont jeunes, qui ont des cycles réguliers, avec des règles normales et aucun antécédent gynécologique, mais leur qualité ovocytaire est réduite car los ovocytes sont créés au cours de la vie intra-utérine de la femme, contrairement à d’autres cellules et autres tissus du corps.

Si la femme a 40-41 ans, ses ovocytes vont avoir le même âge. Cela signifie qu’elle peut parfois tomber enceinte mais qu’il est difficile qu’elle mène à bien la grossesse. Par conséquent, si l’on a recours à un ovocyte plus jeune, le taux de réussite sera plus élevé car il s’agit d’une femme de moins de 30 ans. Notre clinique dispose d’une banque d’ovocytes de CEIFER qui rend beaucoup plus facile ce type de techniques.

Affronter le don d’ovocytes

Assumer l’idée que l’enfant d’un couple soit biologiquement différent n’est pas une chose simple. Cependant, le don d’ovocytes est souvent la solution définitive pour de nombreux couples pour devenir parents.

La décision du couple de se soumettre à cette technique doit être ferme et sûre. Il est déconseillé de prendre une décision au cours de la consultation gynécologique ou sans y avoir bien réfléchi, parce que les deux membres du couple doivent avoir accepté et être d’accord d’entreprendre un processus de don d’ovules.

La FIV avec don d’ovocytes est le traitement qui génère le plus de déceptions et de doutes. La transparence est l'un de nos critères rigoureux lors de la recommandation de cliniques. Vous pouvez utiliser "Le Calculateur" pour filtrer les cliniques qui répondent à nos critères de sélection et obtenir également un rapport avec tous les détails pour résoudre vos doutes et éviter les mauvaises surprises.

Enfin, vous serez informé de l'existence de promotions ou de prix spéciaux des cliniques pour ce type de traitement.

Pour faciliter la décision, de nombreux couples sollicitent l’aide psychologique d’un professionnel qui les conseille et les aide à mesurer les conséquences et le chemin à prendre pour devenir parents par don d’ovocytes, afin d’éviter des regrets ou des conséquences émotionnelles à long terme. Ils doivent envisager le concept de mère et de père comme les personnes qui élèvent un enfant et non pas comme la personne qui apporte le matériel génétique.

La grossesse par don d’ovocytes

Obtenir une grossesse à partir des ovules d’une autre femme procure en général du bonheur. Après une longue période de visites au centre de procréation assistée et, très probablement, après avoir essayé plusieurs techniques comme les inséminations (IA), les fécondations in vitro (FIV) et/ou les micro-injections de spermatozoïde (ICSI), se soumettre à un don d’ovules et constater un test de grossesse positif ne peut que rendre le couple heureux.

Taux de réussite

Les taux de grossesse après avoir utilisé des ovocytes de donneuse sont plus élevés que les taux lors d’un traitement de fécondation in vitro (FIV) classique. La raison est principalement l’âge avancé des femmes qui ont recours à la procréation assistée, tandis que les donneuses d’ovocytes sont jeunes et leurs ovules de bonne qualité.

Le pourcentage de grossesse par don d’ovocytes atteint 60% après un premier transfert d’embryons. Il peut augmenter jusqu’à 90% lors des tentatives suivantes.

Le taux d’accouchement après chaque transfert est d’environ 40%.

Si le don provient d’ovocytes congelés, les taux de réussite se réduisent en raison de la qualité ovocytaire après le processus de congélation. Cependant, la technique utilisée aujourd’hui est connue comme la vitrification d’ovocytes et permet des taux de survie de 99%.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur notre article: La vitrification d’ovocytes.

Symptômes de grossesse

Dès le moment où la mère commence à ressentir les premiers symptômes de grossesse, elle ressent son enfant comme le sien et l’importance de la génétique passe au second plan.

Malgré le fait que les donneuses d’ovocytes soient des femmes jeunes et saines soumises à une grande quantité d’examens médicaux et psychologiques, la grossesse par don d’ovocytes n’élimine pas d’éventuels risques ou complications comme lors d’une grossesse classique. Il est important de réaliser les examens habituels établis par le système de santé.

Vos questions fréquentes

Combien de fois dois-je avoir recours à la FIV avant d’opter pour le don d’ovocytes ?

Par Dr. Mark P. Trolice (gynécologue).

Il est difficile de donner une réponse à cette question, car le thème de la fertilité induit un investissement physique, émotionnel et économique. Sauf en cas de ménopause, on ne peut jamais affirmer que les chances de réussite sont nulles avec ses propres ovules. Néanmoins, les chances de réussite d’une FIV s’amoindrissent avec l’âge, et plus particulièrement si la femme a plus de 39 ans et que les résultats du test de réserve ovarienne sont peu satisfaisants (valeur basses d’AMH et/ou FSH élevée).

Il est donc impossible de recommander un nombre mínimum de cycles de FIV avant d’opter pour le don d’ovocytes. Dans tous les cas, il faudra choisir le don d’ovocytes si le cycle précédent de FIV a dû être annulé pour cause de faible réceptivité ou parce que le nombre d’ovocytes obtenus est trop bas et le développement embryonnaire inadéquat, malgré une médication à haute dose.

Y a-t-il un risque de transmission de maladies entre le bébé et la donneuse ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Étant donné que la donneuse a passé de nombreux examens médicaux, la peur de la transmission de maladie héréditaire au bébé est quasi nulle. Il n’est pas non plus nécessaire de se soumettre à une amniosynthèse pour détecter d’éventuelles malformations, car il s’agit d’un examen invasif qui peut supposer un risque dans le développement du bébé. Afin que la mère soit tranquille, on peut opter pour des techniques non-invasives comme le « triple screening ».

Le bébé me ressemblera-t-il ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Les responsables du choix de la donneuse prennent en compte la compatibilité du groupe sanguin avec celui de la réceptrice. Ensuite, ils comparent les caractéristiques phénotypiques comme la race, le poids, la taille, la couleur de cheveux et des yeux. Par conséquent, la ressemblance physique entre la mère et son enfant est évidente.

De plus, même si la génétique est importante dans le développement du bébé, l’éducation et l’entourage jouent un rôle particulier lors de la formation de la personnalité et du caractère.

La donneuse peut-elle demander à connaître mon enfant ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Le don d’ovocytes en France est anonyme, le contact entre le bébé et la donneuse nest donc pas autorisé, et la donneuse peut également s’assurer que le bébé ne la recherchera pas dans le futur.

Dois-je en parler du don d’ovocytes à mon enfant ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

La décision d’en parler ou non au futur bébé appartient aux parents. De nombreux couples préfèrent ne pas évoquer le sujet, tandis que d’autres ne se cachent pas d’avoir eu recours à la technique du don d’ovocytes pour avoir la joie de le concevoir.

Vous trouverez plus d’informations dans notre article: En parler à mon enfant.

À partir de quel jour puis-je compter la grossesse par don d’ovocytes ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Une grossesse par don d’ovocytes est exactement comme une grossesse classique. Les semaines de grossesse se comptent depuis les dernières règles et selon les échographies et examens médicaux, mais il est évident que le moment exact où se produit la grossesse est lorsque le transfert d’embryons a lieu dans l’utérus de la mère.

Puis-je observer un saignement après une grossesse par don d’ovocytes ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Les symptômes et risques d’une grossesse par don d’ovocytes sont les mêmes qu’une grossesse naturelle. Un léger saignement après le transfert embryonnaire est normal, car il correspond au saignement de l’implantation. Tout est normal si la grossesse évolue bien.

Le don d’ovocytes favorise-t-il les grossesses multiples ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Si pendant le traitement de don d’ovocytes, deux embryons sont transférés dans l’utérus de la mère, il existe una forte probabilité de grossesse gémellaire. C’est l’option que de nombreux couples choisissent pour passer une seule fois par le processus de PMA.

La rédaction recommande

Un don d’ovocytes est un traitement de fertilité auquel les femmes peuvent avoir recours pour tomber enceintes quand elles se voient dans l’impossibilité d’utiliser leurs propres ovules. Il s’agit d’une fécondation in vitro (FIV) par laquelle ce sont les ovocytes provenant d’une donneuse qui sont fécondés à la place de ceux de la patiente. Les embryons obtenus en laboratoire sont ensuite transférés à l’utérus de la receveuse. Vous trouverez plus d’informations ici: Le don d’ovocytes.

Le déroulement d’une grossesse après un traitement de fécondation in vitro avec don d’ovocytes (FIV-DO) est le même que lorsque l’on tombe naturellement enceinte, à quelques différences près. Il est possible qu’en cas de réussite de la FIV-DO, les symptômes post transfert changent légèrement en raison du traitement hormonal reçu. Si vous cherchez plus d’informations: Symptômes de grossesse après un don d’ovocytes.

En France, le don d’ovocytes et le don de sperme sont régulés par les lois de bioéthique. Les gamètes ou cellules reproductrices ne peuvent être utilisés que dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP) et le couple receveur doit donner son consentement devant un tribunal. Donner des gamètes n’est légal que si le don est volontaire, gratuit et anonyme, c’est pourquoi le don d’ovocytes connu est interdit dans l’hexagone. Pour connaître la législation en détail, cliquez ici: Législation française sur le don de gamètes.

En partageant cet article, vous nous aidez

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.

Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Dr. Mark P. Trolice
Docteur en Médecine, spécialisé en Gynécologie et Obstétrique par la Rutgers Robert Wood Johnson Medical School de New Jersey (USA.). Professeur associé au Département de Gynécologie et Obstétrique de l'University of Central Florida College of Medicine. Directeur de la clinique Fertility Care: The IVF Center. Titre de Top Doctor in America. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre de Floride: ME 78893
Dr. Silvia Macías Arce
Diplômée de Médecine de l'Universidad de Cádiz, avec une spécialité en Gynécologie et Obstétrique et une sous-spécialité en chirurgie endoscopique. Master en Procréation Médicalement Assistée à l'Universidad de Sevilla. Elle a les titres d'Expert en Exploration Gynécologique et Pathologies Mammaires et Vulvaires et d'Expert en Pathologies Utérines, Ménopause et Reproduction de l'Universidad de Barcelona. Plus d'informations
Affiliation au conseil de l'ordre: 411109763