Spermogramme et normes de l’OMS

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    Mathieu123

    Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer comment le seuil de normalité déterminé par l’OMS, en ce qui concerne le nombre de spermatozoïdes normaux détectés lors d’un spermogramme, ait pu passer de 30% à 4%? Difficile d’y voir clair dans la littérature. Je ne veux pas seulement me faire répondre que c’est l’OMS qui a raison, je veux également savoir comment on peut être considéré fertile tout en ayant 7 fois moins de spermatozoïdes normaux qu’un homme qui était jadis considéré infertile alors qu’il en avait 7 fois plus.

    05/12/2017 à 0:35
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    Isabelle Gutton
    Conseillère en fertilité

    Bonjour Mathieu123,

    Les valeurs de référence sont régulièrement actualisées. De manière générale, les seuils de normalité se sont abaissés avec le temps, comme vous avez pu l’observer. C’est d’ailleurs un sujet de débat.

    La raison principale est probablement que, en 2010, pour la première fois, l’OMS a analysé les spermogrammes d’hommes ayant été pères dans l’année précédant l’analyse. Les résultats se sont avérés plus bas que les valeurs de référence considérées auparavant. Le seuil de normalité a donc été considérablement abaissé.

    Par ailleurs, il faut prendre en compte que les résultats du spermogramme peuvent varier énormément d’un laboratoire à l’autre et même, pour un même homme, d’une période à l’autre, d’où le besoin de ne pas établir un diagnostic définitif en présence de valeurs susceptibles de remonter.

    Enfin, le spermogramme ne peut pas analyser certaines qualités de la capacité fécondante du sperme, comme par exemple la qualité du noyau. Cela incite à se montrer plus tolérant avec les valeurs de concentration, morphologie et mobilité qui ne sont pas forcément les plus décisives.

    Le diagnostic d’infertilité masculine est à établir au cas par cas et le spermogramme est donc un indicateur (plus qu’une sentence définitive) qui aide le spécialiste à déterminer la nature du problème.

    J’espère vous avoir répondu.

    05/12/2017 à 13:43
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      Mathieu123

      Merci pour votre réponse. Je demeure toutefois perplexe lorsqu’on parle simplement de « seuils de normalité ». Soit on est infertile, soit on ne l’est pas. C’est noir ou c’est blanc. Impossible d’obtenir une réponse claire du médecin à savoir si le résultat de notre spermogramme est meilleur ou moins bon que celui d’un autre. Demander des précisions au médecin à ce sujet semble l’énerver et il persiste alors à répéter que les résultats sont « dans les paramètres de la normalité » sans répondre à notre désir d’obtenir une analyse plus approfondie et surtout plus personnalisée de notre spermogramme.

      06/12/2017 à 4:41
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      Isabelle Gutton
      Conseillère en fertilité

      Bonjour Mathieu123,

      Sachez que je comprends tout à fait votre sentiment d’incompréhension, tel que vous le manifestez ici et dans quelques autres sujets de ce forum. Je ne peux que vous répondre que le spermogramme reste un élément diagnostic indicatif, que les normes sont par définition arbitraires et que l’actualisation des valeurs du référence du spermogramme a précisément été objet de débat dans la communauté scientifique, ce qui est probablement à l’origine du malaise des spécialistes pour vous répondre de façon claire.

      Je regrette de ne pas pouvoir vous en dire plus.

      Cordialement

      07/12/2017 à 9:38
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      romelie

      Bonjour Mathieu,
      Avez vous pu avoir depuis décembre dernier plus d informations precises quant à ce seuil baissé aussi franchement. Depuis 3 ans en pma on nous dit que 4% de typiques est ok car dans la norme oms 2010. Mais après avoir demandé un avis ailleurs le gyneco nous indique un soucis important par rapport a ce taux. Je n y comprend plus rien et il semble que cette norme soit appréciée et appréhendée de manière différente selon le gynécologue.

      04/06/2018 à 23:15
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      Mathieu123

      Oui, j’ai investigué la question mais non sans peine. Je me rends compte que les médecins sont peu équipés pour faire une interprétation juste d’un spermogramme, gynécologue inclus. J’ai donc consulté des professionnels dans des cliniques de fertilité et je crois avoir obtenu des réponses justes. En fait, l’erreur que fait votre gynéco est de ne considérer qu’une seule variable isolément. Il est vrai que statistiquement, si on compare 4% et 30% de spermatozoïdes normaux, 4% a plus de chances d’être infertile que 30%. Or il est tout à fait possible que celui qui a moins de 4% de spermatozoïdes normaux soit beaucoup plus fertile que celui qui en a 90%! C’est d’ailleurs pour cette raison que l’OMS a changé ses normes puisque la plupart des hommes qui étaient soi disant infertiles ne l’étaient finalement pas (ils finissaient par concevoir sans problème). Cela dit, sur le spermogramme, regardez également la mobilité totale des spermatos et leur vitalité. Si ces paramètres sont normaux, il n’y aura pas de problème. Il y aura amplement de spermatos pour atteindre l’ovule, même avec un taux de 4% de normaux (et même moins parfois). Vous savez, il est beaucoup mieux d’avoir 4% de spermatos normaux mobiles et vivants que 100% de normaux mais qui sont immobiles ou morts. Et ce ne sont là que quelques variables à considérer, il y en a d’autres également. Bref, le 4% ne veut absolument rien dire pris isolément. Avoir 4% de spermatos en bonne forme, c’est amplement pour concevoir. Enfin, je vais vous dire pourquoi j’en suis convaincu: Malgré mon 3%, je serai père dans 2 mois.

      02/08/2018 à 13:10
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