Par Andrea Rodrigo (embryologiste).
Dernière actualisation: 13/01/2016

La fécondation in vitro avec donneur de sperme est pratiquée sur les femmes célibataires ou les couples hétérosexuels pour qui il est impossible d’utiliser leur propre sperme en raison de l’absence de spermatozoïdes ou du risque de transmission d’une maladie héréditaire.

Grâce à sa législation qui autorise la pratique de plusieurs techniques de procréation assistée, la Russie est devenue une destination fréquente du tourisme procréatif. De nombreux couples et femmes célibataires dont le pays d’origine restreint le don, se rendent en Russie pour pouvoir réaliser un traitement de fécondation in vitro avec don de sperme.

En Russie, le don de sperme est autorisé aux couples hétérosexuels ou aux femmes célibataires. Les couples lesbiens ne peuvent pas réaliser de traitement avec don de sperme pour concevoir des enfants.

Types de donneurs de sperme

En Russie, le don de sperme peut se faire de deux façons : le donneur peut être anonyme ou non anonyme.

En cas de don anonyme, les patients peuvent connaître quelques caractéristiques générales sur le donneur mais toutes les informations passeront par la clinique ou la banque de sperme. Certaines cliniques permettent aux patients de voir des photos du donneur de quand il était enfant ou d’écouter des messages vocaux du donneur, mais tous les renseignements sur le donneur restent confidentiels. De la même manière, le donneur ne pourra avoir aucune information concernant le couple ou la femme receveuse.

En cas de don non anonyme, il est essentiel que le donneur soit un proche ou ami des patients.

En Russie, les donneurs de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) peuvent percevoir une compensation financière en échange du don, ce que l’on appelle le don commercial. Le don altruiste (sans compensation) est également autorisé.

Pour pouvoir être donneur de sperme en Russie, il est nécessaire d’avoir une bonne qualité spermatique avec une grande concentration et mobilité des spermatozoïdes. Il faut également réaliser une série d’examens afin de garantir que le donneur est jeune et en bonne santé. Dans ces examens sont compris :

  • Spermogramme complet et culture bactériologique séminale.
  • Détermination du groupe sanguin.
  • Analyse biochimique générale.
  • Caryotype et test génétique.
  • Dépistage de maladies virales (VIH, hépatite B, cytomégalovirus…).
  • Entretien psychologique.

Déroulement de la FIV avec don de sperme

La première étape est la stimulation ovarienne de la femme de manière à obtenir un plus grand nombre d’ovocytes que lors d’un cycle naturel. Le traitement débute au moment de la menstruation et sera administré par injections sous-cutanées.

Après quelques jours, un premier contrôle échographique est réalisé afin de voir comment réagit l’ovaire et d’observer le développement des follicules. Si nécessaire et en fonction du résultat, la dose du traitement sera adaptée. Durant tout le processus de FIV, plusieurs contrôles seront faits, 3 ou 4 environ.

Lorsque les follicules atteignent une taille optimale (18 mm environ), la ponction folliculaire est programmée et on administre un dernier traitement à la patiente afin de déclencher l’ovulation. La durée de la stimulation varie en fonction du développement des follicules mais la ponction est réalisée entre le jour 9 et 16 du cycle ovarien.

Le prélèvement des ovocytes se fait par le biais de la ponction folliculaire, une intervention simple sous sédatif. Les ovocytes à l’intérieur de chaque follicule ovarien sont prélevés dans le bloc opératoire puis sont ensuite fécondés en laboratoire de FIV.

L’échantillon de sperme du donneur est utilisé le jour même de la ponction avec la technique que le centre aura décidé de réaliser, c’est-à-dire la FIV conventionnelle ou la ICSI, pour féconder les ovocytes et obtenir des embryons.

Une fois la ponction folliculaire terminée, la patiente reste quelques heures en observation puis peut ensuite quitter la clinique en veillant à se reposer ce jour-là en raison des gênes éventuelles après l’intervention. Si le transfert est réalisé frais (lors de ce même cycle), la patiente doit prendre un autre traitement pour grossir son endomètre afin qu’il soit prêt à recevoir les embryons.

Les embryons sont gardés en culture jusqu’au jour du transfert embryonnaire. À l’aide d’une canule de transfert, les embryons (ou l’embryon) sont introduits à l’intérieur de l’utérus de la femme. Aucune anesthésie n’est nécessaire pour cette étape puisqu’il s’agit d’un processus simple et indolore. Après le transfert, la femme doit garder le repos 15-30 minutes et peut ensuite reprendre une vie normale.

Les couples hétérosexuels et les femmes célibataires étrangères qui se rendent en Russie pour réaliser ce traitement peuvent s’adresser à la clinique afin d’organiser les jours puisque il est possible de faire l’étape de la stimulation ovarienne dans le pays d’origine de la femme et de n’aller en Russie que quelques jours avant la ponction folliculaire. Le retour au pays d’origine peut se faire directement après le transfert des embryons.

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Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. Plus d'informations
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Un commentaire

    1. Lulu

      Alors les couples lesbiens ne peuvent pas faire de FIV avec don de sperme en Russie ? C’est bizarre ça, ou alors je m’étais mal renseignée, c’est possible aussi.