Par Andrea Rodrigo (embryologiste).
Dernière actualisation: 15/12/2015

L’insémination artificielle (IA) et la fécondation in vitro avec don de sperme sont les deux principales techniques reproductives pour les femmes célibataires, les couples lesbiens et les couples hétérosexuels dont le sperme n’est pas viable.

S’agissant d’un processus de basse complexité, l’insémination artificielle est le premier choix. Toutefois, certaines situations exigent l’application de la FIV quand le succès n’est pas garanti par l’insémination artificielle :

  • Âge maternel avancé
  • Absence de perméabilité tubaire (obstruction des trompes)
  • Réserve ovarienne basse
  • Problèmes d’ovulation ou ovulation irrégulière

Recourir au don de sperme

Les raisons pour lesquelles une personne ou un couple doit faire appel à un don de sperme sont les suivantes :

  • Sperme de mauvaise qualité : lorsqu’un homme présente une mauvaise qualité séminale ou lorsqu’il est atteint d’une anomalie génétique susceptible d’être transmise à la descendance, il est nécessaire d’avoir recours au don de sperme. L’azoospermie, l’oligospermie ou l’asthénozoospermie sont quelques unes des affections les plus courantes qui peuvent provoquer chez l’homme des difficultés à concevoir. Néanmoins, grâce aux nouvelles techniques de fécondation in vitro, telles que l’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) qui permet d’obtenir une grossesse malgré une mauvaise qualité séminale, les altérations génétiques sont la raison principale qui poussent le couple à faire appel au don de sperme.
  • Maladie génétique : si un homme est porteur d’une maladie génétique, un don de sperme est nécessaire pour réaliser le processus de fécondation in vitro et ainsi éviter que son enfant n’hérite de cette maladie.
  • Absence de partenaire masculin : en cas d’absence de partenaire masculin, que ce soit pour une femme célibataire ou un couple homosexuel féminin, il est nécessaire de faire appel à un donneur de sperme. En effet, dans ce cas-là il s’agit de la seule solution possible pour obtenir une grossesse.

Les couples homosexuels féminins peuvent décider qu’une des deux femmes agisse en tant que « donneuse d’ovocytes » et que l’autre soit la receveuse des embryons crées avec le sperme d’un donneur et les ovocytes de sa partenaire.

Qualité séminale

L’échantillon séminal d’un donneur doit présenter une qualité supérieure aux limites établies par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le donneur doit non seulement passer des examens psychologiques mais également des examens médicaux et une analyse séminale complète afin d’assurer l’utilisation de l’échantillon de sperme.

Par ailleurs, la Société Américaine de la Médecine Reproductive (ASRM) recommande aux spécialistes de n’utiliser que du sperme congelé et d’attendre 180 jours après sa congélation pour s’en servir, et cela en raison de la période fenêtre des virus tels que le VIH. Le donneur de sperme doit faire une analyse de sang au début du processus de don et une autre 180 jours après. Si les deux analyses écartent toute infection virale, son sperme pourra être utilisé pour un traitement de procréation.

D’autres infections pouvant être transmises sont également analysées telles que la syphilis, l’hépatite B, le cytomégalovirus, la gonorrhée, la chlamydia, le trichomonas et autres types de streptocoques. Ces infections peuvent non seulement affecter la femme qui reçoit le sperme, mais également le futur nouveau né.

Afin d’être admis en tant que donneur et en plus de réussir ces examens médicaux, ni le donneur ni sa conjointe, s’il en a une, ne doivent avoir été dans l’une de ces situations :

  • Transfusion sanguine durant l’année
  • Antécédents de relation homosexuelle
  • Relations sexuelles avec multiples partenaires
  • Prise habituelle de médicaments de classe IV (stimulants, antidépresseurs, narcotiques, etc.)
  • Antécédent d’herpes génital

Choisir le donneur de sperme

Les personnes seules ou les couples peuvent choisir la banque de sperme et quel donneur ils veulent. Apporter votre propre donneur de sperme, généralement un ami ou un proche, est autorisé aux États-Unis. C’est ce que l’on appelle le « donneur choisi ou connu ».

En revanche, si les parents préfèrent le don anonyme, certaines banques fournissent sur papier les profils des donneurs disponibles avec des informations telles que leurs caractéristiques physiques, race, antécédents familiaux, formation scolaire et les données générales sur leur santé. C’est-à-dire que les parents ne connaissent pas personnellement le donneur, n’ont pas de moyen de l’identifier mais ont des informations générales le concernant. Toutefois, il est possible dans certaines cliniques d’obtenir une photo du donneur de quand il était enfant. C’est ce que l’on appelle le « don semi-connu ».

Il est également possible que le don soit totalement anonyme, dans ce cas c’est la clinique qui attribue aux parents un donneur compatible avec leurs préférences.

Réglementation du don

Aux États-Unis, une loi régie qui peut et qui ne peut pas être admis en tant que donneur de sperme. Toutefois, la ASRM et d’autres groupes d’experts dans le domaine fournissent des recommandations à ce sujet.

Les recommandations de l’ASRM limitent à 25 le nombre de nouveaux nés vivants par donneur et par zone de 850 000 habitants. Néanmoins, aucune loi ne l’oblige. De plus, aucun registre de donneurs n’existe; il est estimé que seules 40% des naissances sont enregistrées. Il est probable que certains donneurs aient près de 100 enfants biologiques.

Par ailleurs, certaines banques de sperme ont une limite beaucoup plus basse. En Californie par exemple, une banque de sperme limite à 10 le nombre de familles à qui un même donneur peut céder son sperme, et une autre estime qu’il n’est pas possible de donner son sperme si des enfants sont déjà nés de six femmes différentes.

« Open donor » : réveler l’identité du donneur

Certaines banques de sperme proposent le programme « Open Donor » dont le donneur peut bénéficier s’il le souhaite. Il s’agit d’une modalité incluse dans le don anonyme et semi-anonyme grâce à laquelle une personne née à partir d’un don de sperme peut demander des informations personnelles sur son donneur afin de se mettre en contact avec lui. Cela est possible si les conditions suivantes sont remplies :

  • L’enfant né par don de sperme est majeur
  • L’information personnelle du donneur ne pourra être révélée à cette personne qu’à partir du sperme dudit donneur
  • La personne doit demander l’information du donneur à la banque par lettre écrite et conforme à cet effet
  • Le donneur doit donner son consentement explicite afin que le centre puisse révéler ses informations personnelles

L’objectif n’est pas déterminer les liens de filiation mais seulement de permettre à la personne née par application de techniques de procréation assistée avec don de sperme de connaître ses origines biologiques.

En partageant cet article, vous nous aidez

Notre équipe réalise un effort éditorial important, en partageant cet article, vous nous aidez et nous motivez à continuer notre travail.

Auteurs et collaborateurs

 Andrea Rodrigo
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) d'un Master Universitario en Biotechnologie de la Procréation Médicalement Assistée, par l'Université de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Diplômée comme Expert en Génétique Médicale. Plus d'informations
Suivez-nous sur les réseaux sociaux

Toutes les nouveautés sur la procréation médicalement assistée sur nos réseaux.

Un commentaire

    1. Jules

      Je pense qu’une loi devrait limiter le nombre de don par donneur, quand on voit qu’un homme peut être le père biologique de 100 enfants ! Ça augmente considérablement le risque de consanguinité…