Pour Zaira Salvador (embryologiste), Sara Salgado (embryologiste) et Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue).
Dernière actualisation: 27/08/2018

La femme peut passer une série d’examens afin d’évaluer sa fertilité. Parmi les examens féminins habituels, on retrouve les analyses hormonales, l’hystérosalpingographie et les examens gynécologiques. Ces examens sont réalisés en général lorsqu’une femme présente des problèmes pour tomber enceinte, afin de s’assurer de sa fertilité.

Quand consulter un spécialiste?

La fertilité concerne les deux membres d’un couple, après un an d’essais infructueux pour obtenir une grossesse, il est recommandé que les deux membres du couple se soumettent à une série d’examens médicaux pour vérifier l’état de leur fertilité. Dans le cas où la femme a plus de 36 ans, il est conseillé de passer ces examens après 6 mois de tentatives infructueuses.

Afin de diagnostiquer l’infertilité féminine, il est nécessaire qu’après avoir eu un entretien approfondi avec le médecin spécialiste en fertilité, la femme passe une série d’examens basiques:

Une analyse hormonale
examen des hormones sexuelles et autres hormones qui influent sur le cycle menstruel.
Examens gynécologiques
pour déterminer l’anatomie utérine et l’état des ovaires.
Hystérosalpingographie
pour vérifier que les trompes de Fallope sont perméables.
Étude du caryotype
pour voir s’il existe un trouble chromosomique.

Si le résultat d’une de ces analyses est altéré, le médecin peut solliciter une série d’examens complémentaires, comme une biopsie endométriale ou une hystéroscopie.

Analyse hormonale

L’analyse hormonale consiste à quantifier les principales hormones sexuelles féminines pour vérifier qu’il n’existe aucun problème endocrinien affectant le cycle menstruel et causant des problèmes pour la conception:

FSH
aussi appelée hormone folliculo-stimulante, elle est sécrétée par l’hypophyse. Cette hormone stimule les ovaires afin que la maturation des follicules se produise (les structures où se trouvent les ovocytes).
oestradiol
il est produit par les cellules qui entourent l’ovocyte au fur et à mesure de sa maturation à l’intérieur du follicule.
LH
aussi appelée hormone lutéinisante ou lutropine, elle est sécrétée par l’hypophyse. Elle contrôle le cycle menstruel associée à la FSH et augmente considérablement à mi-cycle menstruel (pic de LH) pour induire l’ovulation.
Progestérone
elle est produite par le reste de follicule qui reste dans l’ovaire après l’ovulation (corps lutéal ou corps jaune) pour que l’endomètre se prépare pour permettre l’implantation de l’embryon après la fécondation de l’ovocyte. Si l’implantation a lieu, cette hormone est sécrétée par le placenta pour préserver la grossesse.
Hormone antimüllérienne (AMH)
elle est produite par les follicules de l’ovaire. Elle est proportionnelle à la quantité d’ovocytes disponibles dans l’ovaire, c’est pourquoi elle est utilisée pour mesurer la réserve ovarienne.

Ces hormones sont mesurées afin d’évaluer la fonctionnalité des ovaires et l’hypophyse de la femme. Les analyses de FSH, oestradiol, prolactine et LH doivent être réalisées entre les 3e et 5e jour du cycle menstruel, c’est-à-dire, entre le troisième et cinquième jour de menstruation. Il s’agit d’une étude initiale de ces hormones, lors des premiers jours du cycle.

En revanche, la progestérone doit se mesurer entre les jours 21 et 23 pour vérifier s’il y a eu ovulation. L’hormone antimüllérienne est mesurée généralement du jour 3 au jour 5, bien qu’elle puisse être mesurée à n’importe quel moment du cycle, puisque ses niveaux restent invariables.

Si cela s’avère nécessaire, une analyse initiale des hormones TSH (hormone stimulante de la thyroïde), thyroxine libre (T4), tri-iodothyronine libre (T3), prolactine et testostérone totale. Ce ne sont pas des hormones sexuelles, mais si leurs niveaux sont anormaux, elles peuvent agir directement sur les hormones qui contrôlent le cycle menstruel et l’ovulation.

Par conséquent, pour mesurer les niveaux de toutes ces hormones, la femme devra effectuer deux prises de sang: une au début de son cycle menstruel et une à la fin.

Par ailleurs, l’examen médical peut inclure des tests de détection de maladies sexuellement transmissibles (MST) et d’infections bactériennes ou virales qui peuvent affecter la fertilité.

Examens gynécologiques pour évaluer la fertilité

Par le biais d’une échographie intra-vaginale le médecin observe l’utérus et les ovaires de la femme. Cet examen est utile pour détecter des troubles utérins ou une complication anatomique, ainsi que pour le comptage de follicules antraux durant les premiers jours du cycle.

Pour ce faire, le gynécologue introduit une sonde, recouverte d’un préservatif, qui s’insère facilement dans le vagin grâce à un gel lubrifiant. Cette sonde envoie des ondes sonores qui provoquent une résonnance contre les organes et permettent de visualiser sur un écran la structure utérine et ovarienne. La femme peut ressentir un léger désagrément mais l’examen est indolore.

La femme doit également réaliser une cythologie vaginale, aussi appelé frottis. L’objectif de cet examen est d’analyser une petite quantité de cellules du col de l’utérus, obtenus après un léger grattage, afin d’évaluer la présence d’infections ou de troubles des cellules qui peuvent avoir une incidence sur la fertilité de la femme.

Examens gynécologiques d’infertilité primaire et secondaire

L’infertilité peut être primaire ou secondaire. On parle d’infertilité primaire lorsqu’aucune grossesse dans le couple n’a été obtenue avec naissance d’un enfant.

L’infertilité est dite secondaire lorsque le couple a déjà au moins un enfant, c’est à dire quand une grossesse a déjà permis la naissance d’un enfant vivant ou viable.

Les examens gynécologiques sont les mêmes en cas d’infertilité primaire ou secondaire: cythologie et échographie intra-vaginale.

Hystérosalpingographie(HSG)

L’hystérosalpingographie ou utérosalpingographie est un examen diagnostic qui est utilisé pour observer la structure de l’utérus et la structure et fonctionnalité des trompes de Fallope par rayons X (radiographie) et un milieu de contraste.

Il est très important car si les trompes ne sont pas perméables, les spermatozoïdes ne peuvent pas passer et donc empêchent la fécondation. De la même manière, s’il y a une anomalie dans la structure utérine ou les trompes, il est difficile d’obtenir une grossesse.

Afin de pratiquer l’hystérosalpingographie, la femme s’allonge en position gynécologique et on lui introduit un cathéter dans le col de l’utérus. Par le biais de ce cathéter, on introduit un produit de contraste radio-opaque qui circule par le col de l’utérus, l’utérus et les trompes. Finalement, le contraste s’évacue par la cavité pelvienne s’il n’y a aucune obstruction.

Ce procédé permet de diagnostiquer:

  • Des malformations utérines structurelles
  • Des formations anormales dans l’utérus tels que des myomes, polypes ou adhérences (synéchies)
  • Des pathologies inflammatoires des trompes, comme la salpingite
  • Des pathologies qui obstruent les trompes, comme l’hydrosalpinx

Par ailleurs, l’hystérosalpingographie permet d’ouvrir les trompes de Fallope grâce au passage du produit de contraste. De ce fait, certaines femmes réussissent à tomber enceintes naturellement après cet examen.

Autres études de fertilité

Afin de compléter le bilan de fertilité, des examens complémentaires sont utilisés. Nous vous les détaillons à continuation.

Analyse du caryotype

Le caryotype est l’ensemble de chromosomes que possède chaque cellule.

L’être humain possède 46 chromosomes, parmi lesquels 22 paires de chromosomes non sexuels (autosomes) et 2 chromosomes sexuels (XX pour la femme et XY pour l’homme).

L’étude du caryotype est d’autant plus importante qu’il s’agit d’une étude chromosomique pour détecter les troubles relatifs à la fertilité. Ces troubles peuvent être numériques (nombre de chromosomes incorrect) ou structurels (troubles de la structure).

Comme toutes les cellules qui possèdent un noyau disposent de chromosomes, une simple prise de sang suffit à les analyser. Les cellules analysées sont les globules blancs et les lymphocites.

Hystéroscopie

Elle permet d’observer directement l’utérus pour diagnostiquer des anomalies utérines tels que des polypes, des myomes ou des lésions de l’endomètre qui sont difficiles à détecter par échographie ou hystérosalpingographie.

Cette exploration gynécologique est réalisée dans le cabinet du médecin directement. Elle consiste à introduire un hystéroscope (tube avec une petite caméra) pour observer la cavité utérine.

Elle permet d’observer les orifices d’entrée des trompes de Fallope, mais l’hystéroscope ne peut pas rentrer à l’intérieur en raison de leur diamètre très réduit.

Biopsie endométriale

Il s’agit d’un test de diagnostic par lequel on extrait un échantillon de tissu interne de l’utérus (endomètre) afin de l’examiner au microscope pour observer d’éventuelles anomalies des cellules.

Il est nécessaire d’insérer un petit tube jusqu’à l’intérieur de l’utérus pour aspirer une faible quantité d’endomètre. Le procédé peut être réalisé avec ou sans anesthésie locale au cabinet gynécologique.

Vos questions fréquentes

En quoi consiste l’hystérosalpingographie ?

Pour Dr. Óscar Oviedo Moreno (gynécologue).

C’est un examen radiologique lors duquel on étudie l’existence d’une pathologie dans la cavité utérine, ainsi que la perméabilité des trompes de Fallope. Il est recommandé d’effectuer des examens pour déterminer les causes de la stérilité primaire.

Il consiste à introduire une petite canule jusqu’à l’entrée de l’utérus, à travers laquelle est injecté le liquide de contraste qui remplira la cavité et les trompes. Ensuite, plusieurs radiographies sont prises pour détecter des irrégularités ou une obstruction des structures.

C’est un examen simple, idéalement effectué dans les 10 premiers jours du cycle. Au cours de l’examen, vous pouvez remarquer des symptômes similaires aux règles. Il ne nécessite pas d’hospitalisation et sa durée varie entre 15 et 30 minutes.

Comment savoir si je suis une femme stérile ou fertile ?

Pour Zaira Salvador (embryologiste).

Il est nécessaire de consulter un médecin qui prescrira des examens de fertilité. Si le couple commence à tenter une grossesse, il n’est nécessaire de faire des examens complets si tôt, une simple révision gynécologique avec échographie pour connaître le moment exact du cycle. En revanche, si cela fait plus d’un an et la grossesse n’est pas obtenue, il est recommandé que le couple réalisent une étude de fertilité.

Le gynécologue peut résoudre tous les doutes au sujet de la fertilité féminine, n’hésitez pas à le consulter.

Y a-t-il un examen de fertilité féminine maison ?

Pour Zaira Salvador (embryologiste).

Non, les examens de fertilité doivent être réalisés uniquement dans un cabinet gynécologique. Le seul examen qui peut se réaliser chez soi c’est le test d’ovulation de pharmacie. Ce test mesure le pic de LH qui est produit pour induire l’ovulation, mais sans consultation d’un spécialiste, il est difficile de dire si l’ovulation s’est produite dans des conditions adéquates.

Où puis-je me faire un examen de fertilité ?

Pour Zaira Salvador (embryologiste).

Les examens de fertilité peuvent être réalisés dans les cabinets gynécologiques et de fertilité. Si le couple consulte une clinique de procréation assistée, le gynécologue du cabinet prescrira les analyses de fertilité nécessaires.

Le bilan d’infertilité féminine est-il pris en charge par la Sécu ?

Pour Zaira Salvador (embryologiste).

Pour bénéficier d’une prise en charge à 100% (sur la base du tarif conventionnel) des bilans et des soins pour infertilité par la Sécurité sociale, il est important de respecter le parcours de soins coordonnés en consultant au préalable le médecin traitant. Le praticien doit en effet remplir un protocole de soin que le couple devra alors remettre à la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM). Ce protocole peut correspondre à une demande ou un renouvellement prise en charge.

Il est fortement conseillé de faire une demande de prise en charge à la Sécurité sociale avant de réaliser les examens ou les soins les plus onéreux pour s’assurer de bénéficier d’une prise en charge à 100% de ces dépenses.

La rédaction vous recommande

Dans le cadre de l’étude de la fertilité féminine, il est important de savoir interpréter les taux d’hormones que l’on nous donne en laboratoire afin de savoir si nous pouvons avoir des enfants de façon naturelle. Nous vous expliquons dans cet article comment les interpréter: Le bilan hormonal de la femme.

De nombreux facteurs sont à l’origine de l’existence ou absence de fertilité chez la femme. L’un d’entre eux est la réserve ovarienne. Elle indique la quantité d’ovules dont dispose une femme à un moment précis de sa vie. Une bonne réserve ovarienne augmente le taux de réussite de grossesse. Pour en savoir plus, nous vous recommandons de lire notre article: La réserve ovarienne.

Pour connaître tous les facteurs qui entrent en jeu dans la fécondité, et qui permettent la grossesse, voici plus d’informations sur : La stérilité féminine.

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Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. Fertility: assessment and treatment for people with fertility problems. NICE Clinical Guideline. February 2013.

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Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
 Sara Salgado
Embryologiste
Diplômée en Biochimie et Biologie Moléculaire de l'Universidad del País Vasco (UPV/EHU), avec un Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad Complutense de Madrid (UCM). Titre d'expert universitaire en Techniques de Diagnostic Génétique de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
Dr. Óscar  Oviedo Moreno
Diplômé en Médecine et Chirurgie de l'Universidad de Caldas (Colombia) et spécialiste en Médecine Interne à la Pontificia Universidad Javeriana de Bogotá. Titre homologué en Espagne en 2003. Spécialité en Gynécologie et Obstétrique à l'Universidad Complutense de Madrid, avec formation à l'Hôpital Clínico Universitario San Carlos de Madrid. Expert en Médecine Reproductive et diplôme d'Echographie Obstétrico-Gynécologique (niveaux I, II y III). Plus d'informations
Affiliation à l’Ordre des Médecins: 282858310

2 commentaires

    1. lindsay

      Bonjour, je voudrais savoir quand s’inquiéter quand on ne peut pas concevoir. Ça fait près de 6 mois que j’essaye de tomber enceinte, et rien. Quand faire une étude de fertilité pour tomber enceinte?

      • Jessica Escudero

        Bonjour Lindsay,

        Après un an d’essais infructueux pour obtenir une grossesse, il est recommandé que les deux membres du couple se soumettent à une série d’examens médicaux pour vérifier l’état de leur fertilité.

        Dans le cas où la femme a plus de 36 ans, et j’ignore si c’est votre cas, il est conseillé de passer ces examens après 6 mois de tentatives infructueuses.

        Les examens médicaux de fertilité féminine consistent à passer des examens gynécologiques, ainsi que des examens sanguins et complémentaires: cythologie, échographie intra-vaginale, hystérosalpingographie, etc.

        Vous pouvez donc demander à votre gynécologue de passer ces examens.

        J’espère vous avoir aidée,