Par Zaira Salvador (embryologiste), Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue) et Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue).
Dernière actualisation: 01/10/2018

L’échec de nidation embryonnaire est un problème qui se produit chez la femme qui souhaite tomber enceinte sans succès, malgré des rapports sexuels non protégés fréquents.

Les couples qui rencontrent ce problème ne savent pas réellement s’il s’agit d’échecs de nidation à répétition ou si, au contraire, il s’agit de leurs gamètes (ovule et spermatozoïdes) qui sont incapables de féconder et de donner lieu à un embryon qui s’accroche dans l’utérus.

La fécondation in vitro permet de détecter les échecs de nidation en observant le développement embryonnaire en laboratoire et ainsi savoir s’il s’agit d’un problème de gamètes ou de nidation.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

La nidation de l’embryon

La nidation est l’adhésion de l’embryon à la paroi utérine pendant la période de la fenêtre implantatoire, qui a lieu de 6 à 7 jours après la fécondation, ce qui produit la grossesse.

La fenêtre implantatoire est une période d’entre 2 et 6 jours où l’emdomètre est réceptif, et où il présente les conditions nécessaires pour l’accueil des embryons et leur implantation.

Le processus de nidation est divisé en deux périodes:

Période pré-implantatoire
elle est constituée de la préparation de l’endomètre, la division précoce de l’embryon et l’apposition.
Période implantatoire
l’embryon au stade de blastocyste est fixé à l’endomètre.

Ce processus n’est ni facile ni simple, et requiert un embryon sain et un endomètre réceptif, ainsi qu’un dialogue et une synchronisation des deux.

Qu’est-ce qu’un échec d’implantation?

On parle d’échec d’implantation lorsqu’une patiente n’arrive pas à tomber enceinte après 3 cycles de FIV avec ses propres ovules, ou après 2 cycles avec don d’ovules si:

  • La qualité des embryons est suffisante.
  • Aucun problème technique ne survient pendant le transfert.
  • Aucun problème évident d’utérus n’apparaît.

La patiente devra donc envisager d’entreprendre un traitement plus spécialisé afin d’augmenter ses chances de réussite.

Les causes

Il existe différents problèmes en rapport avec l’échec d’implantation, soit de l’embryon, soit de l’utérus maternel soit d’autres maladies.

Causes embryonnaires

Elles sont principalement dues à des malformations génétiques de l’embryon ou des gamètes, à savoir l’ovule ou le spermatozoïde.

Certains embryons présentent des anomalies de la zone pellucide, ce qui les empêche de réaliser l’éclosion pour s’en libérer lors de la nidation.

La zone pellucide (ZP) est une membrane composée de glycoprotéines (assemblage de protéines et de corps glucidiques) qui entoure l’ovocyte et l’embryon après la fécondation.

Causes utérines

Certains facteurs réduisent la réceptivité endométriale, comme les facteurs suivants:

  • Infections chroniques asymptomatiques de l’endomètre.
  • Anomalies endocavitaires comme des polypes, ou des adhérences.
  • Anomalies de la fenêtre implantatoire, comme un déplacement avant ou après 6 jours après la fécondation.

Certaines anomalies peuvent être traitées avec des médicaments ou des techniques comme l’hystéroscopie.

Causes systémiques

Parfois les problèmes proviennent de troubles du fonctionnement de systèmes qui ne sont pas en rapport avec l’appareil reproducteur, comme par exemple:

Thrombophilies
Troubles du processus de coagulation
Anomalies du système immunologique
rejet de l’embryon en l’identifiant comme un corps étranger.

On ignore pourquoi ces causes affectent l’implantation embryonnaire, mais les chercheurs tentent de trouver de nouveaux examens qui débouchent sur un traitement.

Solutions et alternatives

Il existe plusieurs solutions à disposition des scientifiques pour éviter les échecs d’implantation.

Culture séquentielle jusqu’au blastocyste

On applique une culture séquentielle aux embryons des patientes sujettes aux échecs d’implantation après la FIV pour observer leur développement jusqu’au blastocyste.

Par conséquent, le transfert embryonnaire sera réalisé le 5e jour et l’embryologiste sera capable de détecter s’il existe une anomalie pendant la croissance en laboratoire.

Le diagnostic préimplantatoire (DPI)

Les cas d’échec de nidation augmentent considérablement chez les femmes d’âge avancé en raison de l’augmentation des troubles chromosomiques de l’ovule. Aujourd’hui, il est possible de sélectionner les embryons sains en laboratoire grâce à la technique du DPI.

Ce dernier consiste à réaliser une analyse génétique d’une cellule extraite d’un embryon sans affecter son développement.

Vous pourrez trouver plus d’informations sur cet article: Qu’est-ce que le diagnostic préimplantatoire?

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Traitement par héparine

L’héparine est utilisée pour agir sur les thromboses (agrégation de sang obturant un vaisseau sanguin). En injection, elle sert à éviter les accidents thrombotiques, les troubles liés à une coagulation excessive (ou en prévention d’une coagulation trop importante).

Elle évite aussi les embolies artérielles pulmonaires (dues à la migration d’un caillot de sang qui va boucher une artère) ou cérébrales (AVC).

Elle est également utilisée dans la prise en charge des phlébites. Le traitement doit être pris avant la grossesse et continuer après la naissance du bébé.

Test de réceptivité endométriale ou test ERA

Le test ERA (Endometrial Receptivity Array) est une méthode de diagnostic moléculaire qui permet d’étudier l’expression d’un ensemble de gènes en étroite relation avec l’état de l’endomètre. Par conséquent, il informe de la réceptivité de ce dernier lors de la biopsie endométriale.

De plus, cette technique permet de localiser un éventuel déplacement de la fenêtre implantatoire. Si les résultats ne sont pas concluants, il est recommandé de vitrifier les embryons et de les transférer lorsque l’endomètre sera plus réceptif.

Éclosion assistée

L’éclosion assistée ou assisted hatching consiste à réaliser un petit orifice dans la zone pellucide de l’embryon pour faciliter son expulsion lorsqu’il s’est élargi.

Ce résultat est efficace pour permettre l’implantation des embryons dans une zone pellucide trop épaisse ou allongée (la ZP s’allonge provoquant l’aplatissement de l’ovule).

Don d’ovocytes

Le don d’ovocytes reste la meilleure option face à des échecs d’implantation répétés lorsque les embryons sont transférés dans un utérus et un endomètre normaux.

On a observé une augmentation du taux d’implantation chez le type de patientes qui ont recours au don d’ovocytes pour obtenir des embryons de meilleure qualité.

La gestation pour autrui (GPA)

Après plusieurs échecs de FIV sans aucune raison apparente, la dernière option est d’avoir recours à la gestation pour autrui. La patiente peut employer ses propres ovules, si les embryons lors des FIV antérieures étaient de bonne qualité.

La gestation pour autrui est le traitement de procréation médicalement assistée qui implique le plus de questions et de doutes pour un patient. La transparence est l’un de nos rigoureux critères pour le choix des cliniques et agences que nous recommandons. Vous pouvez utiliser Le Calculateur afin d’obtenir un rapport détaillé pour répondre à vos questions et ainsi éviter les mauvaises surprises.

Vos questions fréquentes

Que dois-je faire pour obtenir une grossesse si j’ai déjà réalisé 3 FIV auparavant ?

Par Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).

Arrêter. Étudier la cause possible et évaluer quel traitement de reproduction est indiqué en fonction des résultats obtenus.

Combien d’échecs d’implantation sont indicatifs pour réaliser un don d’ovocytes ?

Par Dr. Carmen Ochoa Marieta (gynécologue).

Un échec répété de l’implantation est considéré comme tel lorsque la grossesse n’a pas eu lieu après avoir transféré 10 embryons ou plus de bonne qualité au cours de traitements de procréation assistée effectués par la patiente ou à partir de 3 transferts embryonnaires ou plus, sachant que les embryons sont de bonne qualité.

L’implantation se fait en deux étapes, du côté de l’embryon et de l’endomètre, aussi, il conviendrait d’évaluer les deux variables.

Le transfert de blastocystes avec un DPI peut-il éviter les échecs d’implantation ?

Par Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba (gynécologue).

On parle d’échec d’implantation lorsqu’une patiente n’a pas obtenu la grossesse après 3 cycles de FIV/ICSI avec ses propres ovocytes, ou après 2 cycles de don d’ovocytes, à condition que des embryons de bonne qualité aient été transférés et qu’il n’y ait eu aucun problème technique pendant le transfert embryonnaire, sans aucun problème évident dans l’utérus.

L’un des traitements pour les couples présentant des échecs d’implantation est le diagnostic génétique préimplantatoire (DPI) ou le preimplantation genetic screening (PGS), afin d’éliminer les anomalies chromosomiques. Dans ces cas-là, les embryons transférés dans l’utérus ne présentent aucune anomalie chromosomique pouvant être à l’origine des échecs d’implantation, c’est-à-dire que ce diagnostic permet de réduire les transferts d’embryons présentant des altérations et le nombre de transferts, rendant ainsi le traitement plus supportable sans autant de résultats négatifs, en plus de réduire les taux d’avortement.

Comment surmonter un échec de FIV ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Beaucoup de patientes ressentent une tentative ratée de transfert comme une fausse couche, et ressentent une perte et du chagrin. Il est important que vous preniez du temps pour vous, et pour assimiler cet échec.

L’expérience que vous venez de vivre n’a été en aucun cas une perte de temps car elle sert à faire des ajustements pour le prochain cycle de FIV et à comprendre pourquoi elle a échoué.

N’hésitez pas à prendre quelques congés, et à vous changer les idées le plus possible avant de savoir si vous recommencez un nouveau cycle de FIV.

Il est conseillé de consulter un psychologue spécialiste qui pourra vous aider à surmonter cette épreuve.

Pourquoi un embryon ne s’accroche pas ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

La qualité de l’embryon et celle de l’utérus où il doit s’implanter sont les deux grands facteurs qui vont influer sur le taux de nidation, car il doit y avoir une synchronisation parfaite entre le développement embryonnaire et l’état de l’endomètre.

L’embryon ne peut s’implanter qu’au stade de blastocyste, au 7e jour et, l’endomètre doit, à ce moment précis, être prêt à accueillir l’embryon.

Il arrive aussi que la nidation ne se fasse pas correctement et que l’œuf s’implante en dehors de l’utérus, au niveau des trompes de Fallope par exemple. On parle alors de Grossesse Extra-Utérine (GEU).

Je n’ai toujours pas mes règles après un échec de FIV, est-ce normal ?

Par Zaira Salvador (embryologiste).

Le retard de règles est souvent dû au traitement que vous preniez avant le transfert et que vous continuez sans doute à prendre. La progestérone empêche l’endomètre de se détruire, ce qui provoque l’absence de règles.

Si l’absence perdure, il est recommandé de consulter son gynécologue afin qu’il vous conseille sur votre traitement.

La rédaction vous recommande

Les échecs répétés d’implantation embryonnaire se produisent après un cycle de FIV. Pour en savoir plus, suivez le lien: Qu’est-ce qu’une fécondation in vitro?

Comment reconnaître les symptômes d’une implantation embryonnaire réussie? Nous vous expliquons tout sur ce lien: Symptômes de la nidation.

La culture embryonnaire est l’une des étapes les plus importantes lors d’un traitement de fécondation in vitro (FIV). Vous trouverez plus d’informations ici: En quoi consiste la culture embryonnaire?

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Auteurs et collaborateurs

 Zaira Salvador
Embryologiste
Diplômée en Biotechnologie par l'Universidad Politécnica de Valencia (UPV) et embryologiste spécialiste en Médecine Reproductive, Master en Biotechnologie de la Procréation Assistée par l'Universidad de Valencia en collaboration avec l'Instituto Valenciano de Infertilidad (IVI). Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 3185-CV
Dr. Carmen Ochoa Marieta
Diplômée en médecine de l'Université du Pays basque, avec un doctorat en médecine et chirurgie de l'Université de Murcie. Il dirige actuellement l'Unité de reproduction assistée du Centre d'études sur la reproduction (CER SANTANDER) à Santander et l'Unité de diagnostic de la médecine de reproduction à Bilbao. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 484805626
Dr. Ana Mª Villaquirán Villalba
Diplômée en médecine de l'Universidad del Valle en Colombie, avec une spécialité en obstétrique et gynécologie, et une maîtrise en reproduction humaine de l'Université de Valence et de l'IVI. Actuellement, elle est directrice médicale de la clinique de fertilité de Tahe. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 303007571
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