Guide à l’attention du donneur: Comment faire un don de sperme?

Faire un don de sperme signifie donner ses spermatozoïdes de façon volontaire et généreuse à une ou des personnes qui ne peuvent pas concevoir un enfant par leurs propres moyens.

Beaucoup de pays du monde imposent l’anonymat comme condition indispensable, mais d’autres permettent à donneurs et bénéficiaires de se connaître mutuellement. Le plus souvent, les donneurs de sperme reçoivent une compensation pour leur geste solidaire, bien que le prix de ce paiement soit variable.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Qu’est-ce que le don de sperme ?

Un donneur de sperme est un homme qui donne ses spermatozoïdes, c’est-à dire ses cellules reproductrices mâles.

Il existe plusieurs modalités de don : anonyme ou identifié, altruiste ou rémunéré. Quoi qu’il en soit, dans tous les cas, il s’agit d’un acte volontaire.

Les spermatozoïdes sont recueillis par masturbation. Ils sont destinés aux personnes qui veulent fonder une famille et qui ont besoin de l’aide de techniques de procréation médicalement assistée (PMA). Ces techniques sont principalement l’insémination artificielle (AI) et la fécondation in vitro (FIV).

Un donneur doit avoir une qualité et une quantité de sperme largement supérieures à celles habituellement nécessaires pour obtenir une grossesse.

Si un homme est refusé comme donneur, il n’a pas forcément de problème de fertilité. Simplement, il ne remplit pas les conditions exigées pour devenir donneur.

En effet, étant donné que le sperme donné est congelé pendant six mois, il doit absolument contenir assez de spermatozoïdes mobiles pour que le processus de congélation-décongélation n’affecte ni la qualité ni la quantité des échantillons et qu’il puisse être utilisé dans n’importe quelle technique de PMA.

Don de sperme : anonyme ou non ?

En fonction du pays où le don est réalisé, le donneur doit rester anonyme ou doit donner son identité aux bénéficiaires. Il a parfois le choix entre les deux modalités : c’est le principe dit du double guichet.

Chaque option présente des avantages et des inconvénients et choisir entre l’une ou l’autre dépend des préférences du candidat et de ses perspectives à long terme.

Les différences fondamentales entre un donneur anonyme et un donneur connu ou identifié sont les suivantes :

Donneur de sperme anonyme
son identité ne sera jamais révélée aux parents d’intention ou à l’enfant né du don. Les patients qui recevront le don devront donner leur consentement à ces conditions et ne pas tenter de retrouver et prendre contact avec le donneur.
Donneur de sperme connu ou identifié
son nom, son adresse et d’autres informations sur son identité seront remises au couple ou à la personne qui fait la demande de don de spermatozoïdes. En principe, son identité ne pourra être révélée à l’enfant qu’à sa majorité légale.

La majorité des pays européens comme la France, l’Espagne, la Grèce, la Croatie, la République tchèque et l’Ukraine exigent l’anonymat total du potentiel donneur de sperme et interdisent toute levée de l’anonymat dans le futur. Cependant, au Danemark, aux États-Unis et au Royaume-Uni, la divulgation de l’identité est autorisée et encadrée par la loi.

L’attribution du donneur de sperme

En cas de don anonyme géré par les centres de fertilité, ce sont eux qui attribuent le donneur.

Le critère du choix repose sur les caractéristiques, qui doivent s’approcher le plus possible du partenaire masculin du couple demandeur ou de la receveuse si celle-ci est célibataire ou membre d’un couple homosexuel féminin.

La clinique fournira alors quelques renseignements indispensables (groupe sanguin, taille, couleur des yeux, etc.) sans révéler l’identité.

Dans les banques de sperme, même les donneurs anonymes peuvent disposer de profils publics afin d’aider les demandeurs à faire leur choix. Ce profil peut inclure des renseignements tels que :

  • L’origine ethnique
  • La couleur des cheveux et des yeux
  • Le teint
  • Le groupe sanguin
  • La taille et le poids
  • L’éducation et la profession
  • Les intérêts personnels
  • La religion
  • Quelques photos du donneur lorsqu’il était bébé

Certains demandeurs optent pour un donneur qui leur ressemble, d’autres souhaitent au contraire des caractéristiques très différentes des leurs.

La question des préférences et du choix sur catalogue des gamètes donnés soulève des questions éthiques. Quoi qu’il en soit, pour beaucoup de spécialistes, la ressemblance contribue à renforcer les liens entre parents et enfants.

Donner ses spermatozoïdes à un proche

Lorsque la possibilité du don connu est possible, beaucoup de patients demandent la contribution d’un ami proche ou d’un membre de leur famille.

Utiliser les spermatozoïdes de son frère est souvent un moyen, pour le futur père, de partager une partie de son ADN avec son futur enfant.

Cependant, cette pratique implique une série d’inconvénients et de risques qui devront être considérés avant de se lancer dans l’aventure.

L’homme qui accepte de donner ses spermatozoïdes à un ami ou à un membre de sa famille devra considérer les points suivants :

  • Faire un don de manière responsable implique de partager des informations sur sa vie sexuelle intime, car il faut réaliser un dépistage de maladies sexuellement transmissibles (MST). Il est arrivé que des candidats au don mentent sur ce sujet, car il peut s’agir d’une question gênante vis-à-vis d’un proche.
  • Si aucun contrat n’est signé et que le donneur ne souhaite maintenir aucune relation future avec l’enfant, les choses pourraient changer au fil du temps, ce qui pourrait non seulement détériorer la relation mais aussi affecter le développement cognitif de l’enfant.

Il est fortement recommandé au donneur et aux futurs parents de signer un accord préalable. Le but de ce texte sera d´éliminer toute ambiguïté.

Même si le donneur est le père biologique, il renonce à tous ses droits et responsabilités légales sur l’enfant, ce qui inclut toute décision concernant la santé de l’enfant, les droits de visite, et exclut toute possibilité de lui réclamer une pension alimentaire.

Conditions requises pour le don de sperme

Dans le cas du don d’ovocytes, la donneuse d’ovocytes ne devrait pas avoir plus de 35 ans à cause de la réduction de la quantité et de la qualité des ovules avec l’âge, qui augmentent le risque d’anomalies chromosomiques et de complications de la grossesse.

Dans le cas des hommes, les conditions sont loin d’être aussi strictes car la qualité du sperme ne dépend pas autant de l’âge.

Les donneurs devront avoir atteint la majorité légale. La limite est généralement située aux alentours de 40 ans (45 ans en France).

Si ces conditions sont remplies, le donneur effectue alors un premier recueil qui permettra de réaliser des examens et des tests de dépistage.

Pour donner son sperme, l’homme doit se rendre dans un centre de fertilité. Un premier recueil est réalisé pour effectuer les examens préalables :

  • Un spermogramme (analyse séminale)
  • Un test de congélation
  • Une étude génétique
  • Une étude de maladies infectieuses
  • Un test psychologique

Si tout est conforme, d’autres recueils vont être effectués et les échantillons vont être congelés.

Après une période minimale de six mois de quarantaine, de nouveaux tests sérologiques sont réalisés afin de confirmer l’absence d’hépatites ou de VIH.

La quarantaine imposée aux paillettes de sperme congelées est indispensable à cause du temps d’incubation des virus.

Dans le cas de donneurs connus, le délai de six mois n’est pas obligatoire.

Don de spermatozoïdes rémunéré

Il est important de souligner le fait qu’on ne paye pas le sperme. En effet, il est interdit de faire commerce de parties du corps humain, y compris les gamètes.

Il s’agit d’une compensation que la clinique ou la banque de sperme offre au donneur pour les gênes occasionnées (frais de déplacement, temps consacré à la procédure). Elle est touchée en paiements fractionnés par semaine ou par mois en fonction du centre, au fur et à mesure des recueils.

La compensation financière touchée par le donneur de spermatozoïdes dépend de chaque banque de sperme et du pays concerné.

En France, le don ne fait l’objet d’absolument aucune rémunération ou compensation.

En Espagne, c’est la loi espagnole sur la procréation médicalement assistée qui a établi une somme de 30 à 50 euros par don. Elle est volontairement réduite, car la loi insiste sur le caractère altruiste du geste.

Aux États-Unis, la régulation est assez différente de celle qui s’établit en Europe. Certaines banques de sperme rétribuent le temps et les dépenses du donneur avec des sommes de plus de 1 500 dollars par mois et peuvent même offrir des motivations extra, sous forme de chèques-cadeaux par exemple.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Est-il intéressant de devenir donneur de sperme au Canada ?

Au Canada comme en France, il est absolument interdit de payer quelqu’un en échange de son sperme. D’un point du vue économique, le Canada n’est pas une destination intéressante.

En revanche, d’un point de vue solidaire, faire un don de sperme au Canada est positif car il existe une forte pénurie de donneurs, raison pour laquelle beaucoup de demandeurs se rendent à l’étranger.

Le respect de l’anonymat dépend de chaque province. En général, les bénéficiaires du don ne connaîtront pas l’identité du donneur, mais l’enfant né du don pourrait avoir accès à cette information s’il le désire.

Faire un don de spermatozoïdes est-il permis par l’Islam ?

Non, le don de gamètes en dehors du mariage est haram (interdit). L’Islam établit la parenté par les gamètes. Un donneur de sperme musulman donnerait lieu à une descendance illégitime qui ne porterait pas le nom de son père, ce qui est contraire aux lois musulmanes. De même, une femme ne pourrait pas recevoir le sperme d’un autre homme et faire porter à l’enfant le nom de son mari.

Un homme noir peut-il faire un don de spermatozoïdes ?

Bien entendu. Les gamètes de personnes noires (tant le sperme que les ovocytes) sont particulièrement recherchés. En effet, comme les centres de fertilité (ou les CECOS en France) attribuent aux demandeurs un donneur proche de leurs caractéristiques physiques, les patients noirs vont bénéficier du don d’une personne de couleur. Comme il y a une pénurie de donneurs noirs, les délais d’attente sont généralement plus longs.

Quels sont les risques potentiels du don de sperme ?

Il n’y a aucun risque associé au don de spermatozoïdes pour la santé du donneur.

Le seul problème surgit des donneurs qui répètent le don trop fréquemment, à cause des risques potentiels de consanguinité dans le futur, au cas où des enfants nés d’un même donneur décideraient de fonder une famille ensemble.

Quel est le prix pour faire un don de sperme ?

Le donneur est généralement défrayé, ce qui signifie qu’il n’a rien à payer de sa poche et qu’il est remboursé de ses frais.

Quant à la compensation qui lui est parfois offerte, son montant dépend de la législation du pays où se réalise le don, du centre de fertilité, de la qualité du sperme et de la quantité de recueils effectués. Par exemple, si le donneur fait 10 dons avec un compensation de 40 euros pour chacun, il touche au final 400 euros.

La rédaction vous recommande

Devenir donneur, c’est avant tout un geste solidaire. Si vous avez besoin d’en savoir plus sur les personnes qui attendent votre don avec reconnaissance, rendez-vous sur notre article : Avoir un enfant grâce au don de sperme.

Lorsqu’il ne s’agit pas de femmes seules ou de couples de lesbiennes, les couples qui ont recours au don souffrent de problèmes d’infertilité. Savez-vous ce qu’il en est réellement ? Cliquez ici: Infertilité et stérilité.

Vous avez besoin d’en savoir plus sur la régulation légale du don de gamètes ? Nous vous conseillons de lire : Conditions du don de gamètes en France.

Vos spermatozoïdes seront utilisés dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation (AMP ou PMA). Pour en savoir plus à ce sujet, suivez le lien : Procréation médicalement assistée (PMA).

2 comments

  1. usuario
    Jean-Paul

    Bonjour. J’habite à Bayonne, j’ai 32 ans. Le CECOS le plus proche de chez moi est à Bordeaux, alors je préfèrerais faire don en Espagne, le plus près possible de la frontière. C’est possible ?

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour Jean-Paul,

      Il n’y a pas besoin d’avoir la nationalité espagnole ou de résider en Espagne pour faire un don. Vous remplissez les conditions exigées a priori par la loi espagnole (donneur entre 18 et 35 ans).

      Vous devrez vous adresser à un centre de fertilité proche de la frontière. Par votre situation géographique, je vous suggérerais Saint Sébastien (San Sebastián en espagnol, Donostia en basque). Je vous propose de contacter les cliniques avec lesquelles nous travaillons : Cliniques à Saint Sébastien.

      Bonne journée et merci pour votre geste solidaire !