Par Neus Ferrando (embryologiste) et José Muñoz Ramírez (embryologiste clinique sénior).
Dernière actualisation: 27/08/2018

Aux couples qui optent pour la procréation assistée qui posent continuellement des questions généralement simples, on a tendance à leur donner des réponses longues et parfois confuses.

Au moment où est réalisée la fécondation in vitro et que nous avons des embryons au laboratoire en attente de transfert, est le moment où l’un d’eux se demande : comment sont-ils ? Quelle est leur qualité ?

Ce texte rapide souhaite donner une réponse la plus concise possible à ces questions. Premièrement, il est nécessaire de savoir quels sont les étapes que suit un embryon jour par jour.

Qualité des embryons

Dans chacune des étapes ou études, nous pouvons voir quelques caractéristiques que nous révèle le potentiel de l’embryon pour s’implanter et donner lieu à une grossesse, ceci est sa qualité.

Développement embryonnaire

Un zygote est l’embryon « nouvellement fécondé », il est observé entre 16 et 22 heures après son insémination et nous devons être capables de distinguer 2 corpuscules polaires (CP) et ses deux pronucléus (PN), le féminin et le masculin. L’existence des 2 PN confirme qu’il y a bien eu la fécondation et quelque soit la déviation dans son nombre, 1, 3 ou plus, indique une fécondation anormale et un embryon non viable.

Après les deux premières divisions, l’embryon génère 4 cellules appelées blastomères, et son aspect va être décisif dans la classification, de même que le nombre qui devra être adéquat. L’observation s’effectue entre 44 et 47 heures après l’insémination et nous devons observer que les 4 cellules soient approximativement de même taille, qu’il n’y ait pas plus d’un noyau et estimer le pourcentage de fragmentation qui s’observe entre elles.

En réponse à ces paramètres, avec l’examen de la membrane externe, nous pouvons distinguer 4 types d’embryons, de A à D, de la meilleure qualité aux embryons avec moins de potentiel.

Pour les embryons du jour 3, nous utilisons toujours la même classification, en les observant entre 67 et 71 heures après l’insémination. De plus, il est possible d’observer dans ces embryons si le regroupement de ses cellules commence, préparant ainsi le passage au stade suivant.

Une morula est un embryon en jour 4, entre 94 et 98 heures après insémination, et apporte peu d’information puisqu’en ayant regroupé toutes les cellules, nous ne pouvons pas observer de traits distincts dans ces embryons. Toutefois, nous pouvons observer si le regroupement a été fait complètement ou si certaines cellules ont été laissées de côté.

Entre 112 et 120 heures après l’insémination, nous devons trouver un dernier stade, le blastocyste. L’embryon à ce moment a déjà complétement activé sa génétique et bien que tous les embryons n’atteignent pas ce stade « in vitro », ceux qui y parviennent sont les embryons avec un potentiel d’implantation supérieur.

Ces embryons se classent en fonction de leur degré d’expansion (de 1 à 6), du stade de leur masse cellulaire (A, B, C, D) et de leur trophectoderme ou couche cellulaire externe (A, B, C, D). Ainsi un blastocyste optimal de jour 5 doit répondre à la formule « 3AA ».

Bien que toute cette classification soit très visuelle et quelque peu subjective, on réalise actuellement tout type d’études pour reconnaître les tendances d’activité métabolique des embryons les plus aptes et trouver ainsi quels sont les plus convenables pour le transfert.

Vos questions fréquentes

Puis-je tomber enceinte avec des embryons C et D ?

Par José Muñoz Ramírez (embryologiste clinique sénior).

Oui, bien que les possibilités soient faibles.
Lorsque nous évaluons les embryons en laboratoire, nous essayons de les classer en fonction de leur potentiel de nidation, c’est-à-dire de savoir lesquels sont les plus susceptibles d’implanter et ceux qui le sont moins. Les embryons C et D sont des embryons de qualité moyenne ou faible (classification ASEBIR: A-optimal, B-bon, C-media et D-faible). Cela signifie qu’un embryon C ou D a moins de possibilités qu’un B ou un A, mais chaque fois que nous proposons de transférer un embryon, c’est parce qu’il a la capacité de s’implanter.

Auteurs et collaborateurs

 Neus Ferrando
Embryologiste
Diplômée en Biologie à l'Université de Valencia (UV). Diplôme en Biotechnologie de la Procréation Humaine Assistée par l'Université Miguel Hernández de Elche (UHM). Expérience comme responsable de laboratoire d'Embryologie et Andrologie. Plus d'informations
 José Muñoz Ramírez
Embryologiste Clinique Sénior
Diplômé en Biologie de l'Universidad de Málaga. Master en Génétique de l'Universidad de Alcalá et Master en Procréation Médicalement Assistée de l'Universidad de Valencia. Il exerce comme embryologiste clinique à la clínica Tambre, en plus de son poste de professeur associé à l'Universidad de Murcia. Plus d'informations
Affiliation au Conseil de l'Ordre: 18454-M