Don de sperme: bénéficier d’une IAD ou d’une FIV avec donneur

Le don de sperme est un acte volontaire, anonyme ou identifié par lequel un homme cède ses spermatozoïdes à un couple ou à une femme pour leur usage dans un traitement de procréation médicalement assistée (PMA). Ainsi, ses gamètes peuvent servir dans le cadre d’une insémination artificielle ou d’une FIV avec sperme de donneur.

Toute la procédure s’effectue directement dans la clinique de fertilité ou dans une banque de sperme. Les gamètes ne peuvent pas faire l’objet d’un commerce, c’est pourquoi dans la plupart des pays, le don ne peut être rémunéré. Dans d’autres, bien que gratuit, il peut être l’objet d’une compensation financière à titre de dédommagement.

Vous trouverez ci-dessous un index avec tous les points que nous allons traiter dans cet article.

Quand un don de sperme est-il nécessaire ?

Lorsqu’un couple tente d’avoir un bébé et n’arrive pas à concevoir, il doit passer par différents examens médicaux dans le but de déterminer la cause de la stérilité. Si des altérations de la fonction reproductive sont observées chez l’homme, le don de sperme pourrait être la solution à l’infertilité du couple.

Les raisons principales qui conduisent à recourir à des spermatozoïdes de donneur sont :

  • Incapacité à concevoir avec le sperme du partenaire, à cause d’une mauvaise qualité séminale
  • Maladie héréditaire du futur père qui pourrait être transmise à sa descendance
  • Absence de partenaire masculin : couples lesbiens et mères seules

Si les tests de fertilité montrent une absence de pathologie chez la femme, c’est-à-dire s’il n’y a pas de problèmes du côté féminin, l’option la plus simple sera l’insémination artificielle avec sperme de donneur (IAD). Pour cela, les trompes de Fallope doivent être fonctionnelles et les cycles menstruels normaux.

Au contraire, si la femme présente elle aussi des problèmes de fertilité, on pratiquera une fécondation in vitro (FIV) avec les spermatozoïdes d’un donneur et, de préférence, les ovules de la femme. C’est seulement en cas de problèmes liés à la qualité et/ou la quantité des ovules que l’on réalisera une FIV double don, c’est-à-dire une FIV avec don de sperme et d’ovocytes.

Selon la législation du pays, les femmes célibataires et les lesbiennes en couple n’ont pas toujours légalement accès aux techniques de PMA. Dans ce cas, elles peuvent se rendre à l’étranger pour en bénéficier.

Modalités du don

Chaque pays établit ses propres conditions pour faire un don de spermatozoïdes.

Il est toujours volontaire. En général, le donneur doit signer un formulaire de consentement au don, ainsi que son conjoint s’il en a, qui garantit qu’il a été suffisamment informé et qu’il décide de donner de façon consciente et volontaire.

Selon les cas, un don de sperme peut s’effectuer suivant différentes modalités :

Anonyme ou identifié
En cas de préservation de l’anonymat, les futurs parents ne connaîtront pas l’identité du donneur, ni celui-ci la leur. L’enfant né du don ne pourra pas prendre connaissance d’informations personnelles sur le donneur. Il ne pourra pas prendre contact avec lui, même une fois majeur.
Altruiste ou rémunéré
La vente de sperme est internationalement interdite. Cependant, dans certains pays, le donneur reçoit une compensation financière pour les gênes et les frais occasionnés. En Espagne, par exemple, cette compensation est de l’ordre de 30 à 50 euros par recueil.

La loi établit souvent des limites au don de gamètes. En France comme au Royaume-Uni, le maximum de nouveau-nés vivants par donneur est limité à 10. En Espagne, la limite est de 6, alors qu’aux États-Unis, il ne doit pas se produire plus de 25 naissances d’une même personne pour 80 000 habitants.

Dans certains pays, l’anonymat n’est pas forcément obligatoire. Parfois, le principe du double guichet est admis, qui donne au volontaire le choix de faire un don anonyme ou identifié. C’est le cas de la Belgique et de l’Islande, par exemple. D’autres pays, comme la Finlande et la Norvège, ont levé l’anonymat afin de permettre aux enfants de connaître l’identité de leur donneur à leur majorité, s’ils le souhaitent.

Infertilité masculine et maladies héréditaires

En général, les taux de réussite des traitements de PMA lorsque l’on utilise du sperme en provenance d’un donneur sont supérieurs par rapport aux traitements réalisés avec le sperme du patient ou futur père. Cela est dû à la bonne qualité des échantillons de sperme, car les volontaires sélectionnés sont des hommes jeunes et en bonne santé.

L’augmentation des chances de grossesse si on utilise du sperme donné n’est pas aussi marquée que dans le cas du don d’ovocytes. En effet, la qualité séminale ne se détériore pas particulièrement avec le temps. Au contraire, la qualité et la quantité des ovules diminuent substantiellement à mesure que la femme prend de l’âge.

Lorsque l’échantillon de spermatozoïdes fourni par le futur père ne présente pas la qualité suffisante pour que la grossesse se produise, les couples hétérosexuels peuvent recourir à des spermatozoïdes de donneur.

Les principales pathologies qui affectent la viabilité du sperme sont :

Azoospermie
Absence de spermatozoïdes dans l’éjaculat
Oligospermie
Faible concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat
Cryptospermie ou cryptozoospermie
Très faible quantité de spermatozoïdes dans l’éjaculat
Asthénospermie ou asthénozoospermie
Problèmes de mobilité séminale
Tératospermie ou tératozoospermie
Altération de la morphologie spermatique

Certains de ces problèmes séminaux se peuvent résoudre en appliquant des techniques de PMA sans recourir au don de sperme. Cependant, quand ces pathologies se présentent à des degrés sévères ou qu’elles se combinent entre elles, le recours au don peut être la seule solution.

Comme nous le commentions plus haut, la présence d’altérations génétiques est un autre motif qui peut amener un homme à renoncer à son propre patrimoine génétique. En effet, sa priorité sera d’éviter de transmettre la maladie à sa descendance.

Femmes sans partenaire masculin

La procréation assistée et le don de sperme permettent à n’importe quelle femme de devenir mère, sans avoir besoin d’un partenaire masculin. C’est ainsi que les lesbiennes en couple et les femmes célibataires disposent désormais de l’option de l’insémination artificielle ou de la FIV avec donneur, sauf si des restrictions légales les en empêchent.

Si la femme ne souffre pas de problèmes fonctionnels des trompes, si elle dispose d’une bonne réserve ovarienne et si elle ovule de façon adéquate, l’insémination artificielle, qui est la moins complexe des techniques de PMA, sera suffisante.

Si, au contraire, elle ne remplit pas les conditions requises pour l’IAD ou qu’elle subit des échecs répétés, on préférera la FIV avec sperme de donneur et ovules de la patiente (ou même, parfois, ovules de donneuse).

Dans le cas des couples lesbiens, il existe une option supplémentaire connue comme la méthode ROPA (réception d’ovules de la partenaire). On la désigne aussi comme double maternité ou partage de la conception au sein d’un couple lesbien.

Il s’agit en fait d’une FIV dans laquelle on utilise du sperme de donneur et les ovocytes de l’une des deux femmes. Après fécondation, les embryons sont transférés à l’autre femme, qui va porter l’enfant pendant toute la grossesse.

De cette manière, toutes deux participent activement à la conception, la gestation et la naissance de leur futur enfant.

Vos questions fréquentes (FAQ)

Puis-je bénéficier d’un don de sperme pour une insémination artisanale ?

L’insémination artisanale, ou insémination artificielle non médicalisée, est réalisée à la maison en dehors de tout contrôle médical. Elle n’est donc pas considérée comme une technique de PMA et ne peut pas faire l’objet d’un don géré par les CECOS (Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains).

Il est possible d’acheter des paillettes de sperme à une banque de spermatozoïdes, mais il faut savoir qu’importer des gamètes à titre personnel et en dehors de tout contrôle médical n’est pas autorisé en France. De plus, si l’échantillon ne provient pas d’un organisme certifié, le sperme n’a peut-être pas été vérifié et les risques d’être contaminée par une maladie sexuellement transmissible (MST) ne sont pas à exclure.

Pourquoi aller en Espagne pour un don de spermatozoïdes ?

La loi espagnole 14/2006 sur les techniques de procréation assistée humaine est beaucoup plus permissive que la loi de bioéthique française. Cela signifie que la PMA avec don de sperme est ouverte aux femmes seules et aux couples lesbiens. Ces derniers peuvent même recourir à la méthode ROPA, dite de double maternité.

De plus, les délais d’attente sont beaucoup moins longs, car, contrairement à ce qui se passe en France, il n’y a pas de pénurie de donneurs.

Le don de sperme est-il toujours anonyme en France ?

Oui, il n’est pas possible de faire un don identifié, même à une personne de connaissance.

Un homme peut-il recevoir une rémunération pour un don de sperme en Belgique ?

En Belgique, le don est gratuit et volontaire. Cependant, une compensation pour les frais de déplacement et la perte de revenus est prévue après chaque don.

Il faut savoir qu’en Belgique, à différence de la France ou de l’Espagne, le don peut être identifié (non anonyme) mais, dans ce cas, il doit être l’objet d’un accord direct entre le donneur et le couple receveur.

Le don de sperme est-il rémunéré à Montréal, au Canada ?

Jusqu’en 2004, le don de sperme était rémunéré au Canada. Mais la loi fédérale C-6 sur la procréation assistée a changé cela, en interdisant de payer les donneurs de gamètes. Les donneurs reçoivent tout de même un dédommagement pour leurs déplacements. Malgré tout, depuis l’adoption de cette loi, le nombre de donneurs a baissé au Canada.

L’islam permet-il le don de spermatozoïdes ?

Le don de sperme à des fins de recherche scientifique n’est pas proscrit. Cependant, à partir du moment où il est destiné à être utilisé dans le cadre de traitements de PMA, le don de sperme est haram (interdit).

En effet, la loi islamique sur la protection de la descendance établit que l’enfant qui va porter le nom de son père doit être son fils ou sa fille biologique. Il doit être conçu des gamètes de ses parents, au sein du mariage.

Un homme ne doit pas faire bénéficier de son sperme une autre personne que sa femme. Le don de sperme n’est donc pas possible, car il établirait une filiation illégitime et non protégée.

La rédaction vous recommande

Pour en savoir plus sur les techniques de PMA qui requièrent l’apport d’un donneur, nous vous invitons à consulter nos articles Insémination artificielle avec donneur (IAD) et FIV avec sperme de donneur.

Être maman toute seule est parfois un choix assumé. Pour connaître en détail les options permettant de devenir maman sans homme à la maison, cliquez sur : Techniques de PMA pour femmes seules.

Vous êtes décidé à faire don de vos spermatozoïdes ? Savez-vous si vous entrez dans les critères de sélection ? Suivez le lien : Sélection du donneur.

4 comments

  1. usuario
    Tonin54

    Bonjour, ma femme et moi essayons d’avoir un enfant mais n’y arrivons pas. En fait, elle a fait plusieurs fausses couches et quand nous sommes allés consulter on m’a découvert une tératozoospermie. Est-ce que cela peut être la cause de ses fausses couches ? Sachant que de son côté il n’y a aucun problème de fertilité…

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour,

      La tératozoospermie, en plus de la forme anormale des spermatozoïdes, peut impliquer des anomalies chromosomiques. En l’absence d’autres causes apparentes liées à l’âge ou mises en évidence par les tests, cela pourrait être la raison des fausses couches.

      J’espère vous avoir aidé.

  2. usuario
    ghislaine

    Il me semble qu’en France les femmes seules ne peuvent pas demander un don de sperme ? Pourquoi ?

    • avatar
      Isabelle GuttonConseillère en fertilité

      Bonjour Ghislaine,

      En France, la PMA n’est accessible qu’aux couples hétérosexuels en âge fertile, présentant une incapacité à procréer médicalement démontrée ou une maladie héréditaire susceptible d’être transmise à la descendance. Cela est dû au fait que la loi considère l’assistance médicale à la procréation comme une aide destinée à suppléer des déficiences d’ordre médical. En France, contrairement à ce qui se passe dans d’autres pays, l’absence de partenaire masculin ne se considère pas comme un problème médical et n’appartient donc pas au domaine de la PMA.

      J’espère avoir répondu à vos doutes,
      Bonne journée