Par Rebeca Reus (embryologiste).
Dernière actualisation: 27/08/2018

L’adénomyose, aussi appelée endométriose interne ou utérus volumineux, est une affection gynécologique qui se caractérise par le développement de muqueuse utérine (endomètre) à l’intérieur du muscle de l’utérus (myomètre). Il s’agit d’une endométriose interne qui touche près de la moitié des femmes entre 40 et 50 ans.

Elle peut augmenter le risque d’infertilité et son traitement dépend des symptômes que présente la femme et si elle cherche à tomber enceinte ou non.

Qu’est-ce que l’endomètre et le myomètre?

Pour comprendre en quoi consiste l’adénomyose, il est essentiel de savoir que l’utérus présente deux couches.

L’endomètre est la muqueuse interne qui recouvre la surface de la cavité utérine. Il est hypervascularisé (il a de nombreux vaisseaux sanguins) car il s’agit d’une partie qui se prépare lors de chaque cycle menstruel à recevoir la nidation de l’embryon et à former le placenta en cas de grossesse. Si la femme n’est pas enceinte, cette couche se détache et se désintègre donnant lieu aux règles.

Vous trouverez plus d’informations sur cette couche utérine sur le lien suivant: Qu’est-ce que l’endomètre?

D’autre part, le myomètre est la couche musculaire de l’utérus qui est responsable des contractions utérines pendant l’accouchement. Cette couche est étroitement liée à l’endomètre, mais elles doivent être délimitées car dans le cas contraire, elles peuvent poser des problèmes.

En fait, l’adénomyose est une anomalie de la zone de jonction entre l’endomètre (muqueuse qui tapisse l’utérus) et le myomètre (muscle de la paroi utérine) qui va laisser les cellules de l’endomètre infiltrer le myomètre.

Qu’est-ce que l’endométriose utérine interne?

L’endométriose interne ou adénomyose est la présence de tissu endométrial dans le myomètre. Parfois, ce tissu peut provoquer la formation d’une masse ou d’une tumeur dans l’utérus, appelée adénomyome ou endométriome utérin.

Voici les deux types d’endométriose:

Adénomyose focale ou localisée
caractérisée par la présence d’adénomyomes, elle est aussi appelée adénomyose de cullen.
Adénomyose diffuse
répartie en grande partie sur le myomètre, elle fait en sorte que l’utérus augmente sa taille. Il s’agit de l’adénomyose la plus fréquente.

Selon la position du tissu endométrial dans le myomètre, on distingue également deux autres types d’adénomyose, la superficielle et la profonde.

Cette pathologie est fréquente chez les femmes d’entre 40 et 50 ans qui sont devenues mères, bien qu’elle puisse aussi se présenter chez des patientes plus jeunes qui n’ont pas d’enfants.

Endométriose interne et externe

Les deux pathologies se définissent par la présence de tissu endométrial ectopique, à savoir hors de sa localisation physiologique: l’endomètre.

Cependant, il faut différencier l’endométriose interne de l’adénomyose et de l’endométriose externe. La première est caractérisée par la présence de tissu endométrial dans le myomètre. Quant à la seconde, elle peut apparaitre sur tous les organes du corps.

En général, lorsqu’on parle d’endométriose, on fait référence à l’endométriose externe.

D’autre part, il est important de préciser même s’il s’agit de la même pathologie, certaines femmes présentent les deux en même temps.

Causes et symptômes

Les scientifiques ne connaissent pas encore les causes exactes de cette pathologie. On sait qu’elle dépend du taux d’œstrogènes et que les femmes ayant eu au moins une grossesse ou des chirurgies utérines (césariennes, curetages, hystéroscopies…) sont plus susceptibles de la développer.

Le point commun de toutes les causes est la rupture de la barrière entre l’endomètre et le myomètre. Ces théories soutiennent que l’adénomyose est due à des altérations du développement embryonnaire dans l’appareil reproducteur de la femme.

Environ deux tiers des femmes atteintes d’adénomyose présentent des symptômes. Les autres patientes n’observent aucun symptôme, c’est ce qu’on appelle l’adénomyose asymptomatique. Voici les symptômes les plus fréquents:

  • Douleur menstruelle (dysménorrhée)
  • Règles trop longues ou abondantes (ménorragie)
  • Douleur pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Anémie provoquée par les saignements abondants
  • Douleur dans le bas du dos

Ces symptômes dépendent des niveaux d’œstrogènes, et s’amélioreront avec la ménopause.

Diagnostic

Il est difficile de diagnostiquer cette pathologie, car ses symptômes ne sont pas spécifiques et il est fréquent qu’elle coexiste avec d’autres maladies pelviennes. Elle passe souvent inaperçue si elle est combinée à d’autres maladies.

Aujourd’hui, grâce aux techniques des appareils d’échographie et à une meilleure connaissance de la maladie par les spécialistes, elle est plus facile à détecter.

Voici comment la diagnostiquer:

Exploration gynécologique
Elle permet de détecter si l’utérus a augmenté sa taille.
Échographie (ultrason) endovaginale
c’est la méthode la plus économique, simple et indolore. Elle permet de diagnostiquer l’adénomyose avec efficacité.
Résonance magnétique (IRM)
elle peut être utile si l’échographie ne révèle pas suffisamment d’informations, en particulier chez les patientes qui présentent des myomes.
Autres méthodes
moins fréquentes mais efficaces, l’hystéroscopie, l’hystérosalpingographie et la biopsie endométriale.

La dernière technique pour détecter l’adénomyose est l’étude histopathologique de l’utérus après une hystérectomie (extraction partielle ou totale de l’utérus). Il s’agit d’une étude au microscope des tissus vivants.

Traitement et risques

Le traitement de l’adénomyose doit être personnalisé et est appliqué en fonction de la gravité des symptômes (légers, modérés, sévères), du souhait de devenir mère et de l’âge du patient.

On recherche initialement le soulagement symptomatique par des traitements médicamenteux. Voici une liste de traitements:

  • Analgésiques (anti-inflammatoires non stéroïdiens aussi appelés AINS)
  • Contraceptifs hormonaux
  • Danazol (anti oestrogènes)
  • Analogues de l’hormone qui libère les gonadotrophines (GnRH)

Chez la majorité des patientes, ces traitements sont suffisants pour combattre les symptômes de la maladie. Cependant, de nombreux traitements sont incompatibles avec une grossesse.

Si ce type de traitements n’est pas efficace, ou la patiente cherche à tomber enceinte, en fonction de la taille et de l’extension des lésions, le spécialiste peut recommanfder une intervention chirurgicale. Cette dernière consiste à éliminer le tissu adénomyotique et reconstruire la paroi utérine.

Si les symptômes ne disparaissent pas malgré ces méthodes, le seul traitement efficace à 100 % pour guérir l’adénomyose profonde est de réaliser une ablation de l’utérus par voie chirurgicale (hystérectomie). Avant de prendre cette décision, il est recommandé de déterminer si la patiente souhaite être enceinte et si elle est encore loin de la ménopause, car les symptômes comme nous l’avons vu, disparaissent avec l’âge.

Conséquences sur la fertilité et la grossesse

L’adénomyose peut avoir un effet négatif sur la fertilité, car certaines études ont démontré qu’elle réduit les probabilités de grossesse et augmente celles de fausse couche. Elle est également propice aux échecs de nidation.

  • Altération de la régulation génétique
  • Altération des mouvements de l’utérus (péristaltisme)
  • Altération de la réceptivité endométriale et nidation

L’adénomyose rend plus difficile le transport des gamètes, nécessaire pour qu’ils puissent se rencontrer et que la fécondation se produise. De plus, elle peut affecter le transport de l’embryon jusqu’à son lieu de nidation et compliquer l’arrivée des nutriments et de l’oxygène.

Les traitements de fécondation in vitro (FIV) peuvent solutionner quelques-unes de ces limitations et aider les patientes atteintes d’adénomyose à tomber enceintes.

Si la patiente a subi à une hystérectomie et décide de devenir mère, elle peut avoir recours à l’adoption ou à la gestation pour autrui (GPA).

Vos questions fréquentes

L’adémonyose produit-elle le cancer ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Il n’est pas prouvé que l’adémonyose provoque le cancer. Cependant, certains symptômes de cette pathologie peuvent s’ajouter à ceux du cancer, comme des hémorragies utérines.

Quand opérer l’adénomyose ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Habituellement, un utérus volumineux va revenir à la normale après qu’une femme soit passée par la ménopause, parce que les oestrogènes jouent un rôle clé dans l’apparition de la maladie. Selon la gravité de ses symptômes, une femme peut avoir besoin de prendre des médicaments, tels que des comprimés anti- inflammatoires ou des médicaments contre la douleur, pour faire face à la maladie.

Parfois, en dernier recours, une hystérectomie par chirurgie peut être nécessaire, surtout si la femme souffre énormément, et n’a pas l’intention d’avoir d’autres d’enfants, car son utérus sera totalement extrait.

L’adénomyose est-elle prise en charge par la Sécu ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

En France, les patientes atteintes d’endométriose ont un accès difficile à l’ALD (Affection Longue Durée) qui permettrait le remboursement de l’intégralité de leurs frais médicaux. La maladie est pourtant incurable et beaucoup de femmes atteintes vont subir des interventions et des traitements à répétition.

Ces patientes ont beaucoup de soins non remboursés pour la prise en charge des douleurs chroniques, comme certains traitements hormonaux, comme le visanne qui reste à leur charge.

Certaines patientes peuvent faire une demande spécifique pour être inscrite comme atteinte d’une ALD hors liste. Mais comme l’explique l’association Ensemble Contre l’Endométriose, «suivant les régions, voire même selon les caisses de sécurité sociale, les demandes d’ALD ne sont pas acceptées de la même manière. »

Peut-on soigner l’adénomyose naturellement ?

Par Rebeca Reus (embryologiste).

Il est difficile de démontrer l’efficacité des traitements naturels sur l’adénomyose car elle est reste une maladie. Cependant, certains nutritionnistes affirment que la consommation régulière des légumes de la famille des crucifères comme le chou, le brocoli, le chou-fleur, le chou de Bruxelles et le chou frisé peuvent aider à équilibrer les taux d’hormones féminines et à réduire les conséquences de l’endométriose sur la santé.

L’acide docosahexaénoïque (DHA) et l’acide eicosapentaénoïque (EPA) sont des acides gras polyinsaturés oméga-3 à longue chaîne qui se trouvent principalement dans les huiles de poissons gras comme le saumon, le maquereau, les sardines. La progestérone naturelle transdermique (sous forme d’une crème) est également capable de réduire l’inflammation dans l’endométriose et de limiter la croissance du tissu utérin.

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L’adénomyose est une pathologie utérine qui peut affecter la fertilité. Dans cet article, vous trouverez plus d’information sur ce type de pathologies: Stérilité féminine due à un facteur utérin.

L’adénomyose est une forme d’endométriose. Saviez-vous que l’endométriose est la croissance de tissu endométrial hors de la cavité utérine? Elle présente différents symptômes selon son degré de gravité et de l’endroit où apparaît le tissu. Nous vous expliquons tout ici: Qu’est-ce que l’endométriose?

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Auteurs et collaborateurs

 Rebeca Reus
Embryologiste
Diplômée en Biologie humaine (Biomédecine) de l'Universitat Pompeu Fabra (UPF), Master en Laboratoire d'Analyses Cliniques de l'UPF et Master sur la Base Théorique et Procédures de Laboratoire en Procréation Assistée de l'Universidad de Valencia (UV). Plus d'informations
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2 commentaires

    1. Lucie

      Bonjour,

      Je suis aussi atteinte d’adénomyose. Envoyez moi votre témoignage. merci

    2. Jessica75

      Bonjour, peut-on soigner l’adénomyose? Est-elle réversible? Je m’inquiète car on me l’a diagnostiquée il y a une semaine. merci pour votre aide